‹ Étude sur l'harmonie moderneChapitre 7 sur 33 · ACCORDS DE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

ACCORDS DE NEUVIÈME

Les accords de neuvième ont, comme les accords de septième leurs résolutions naturelles, et celles dites exceptionnelles. Les unes et les autres se trouvent dans tous les traités d'harmonie, et ont été explorées par tous les compositeurs. Nous nous occuperons donc, uniquement, des résolutions qui appartiennent à l'école moderne : l'enchaînement de deux accords de neuvième par degrés conjoints etmouvement semblable dans toutes les parties (**). Nous y joindrons quelques résolutions peu usitées dans la technique classique.

La neuvième qui se résout sur une autre neuvième, par degrés conjoints, blesse le sentiment de beaucoup de musiciens ; il est certain que deux neuvièmes de suite et « à vide » sont déplaisantes; mais, elles n'ont rien de désagréable, et l'oreille les accepte facilement, si on emploie l'accord de neuvième complet, tel qu'il est donné par l'échelle des harmoniques :

Dans tous les enchaînements qui vont suivre, la disposition des parties joue un rôle très important.

(*) Les traités français de Reber-Daooiç et de Durand ne reconnaissent qu'un •eal accord de neuvième (majeure oi^ mineure). M. Gevaert dans son Traité ^harmonie (Lemoine, ëditear), en admst quatre espèces :

Accords de 9* de i'^ espèce

avec 9* majeure

avec 9' mineure

Accords de 9^ de a* espèce

avec 9" majeure

avec 9° mineare

Eli — t^^m

Accords

de 9«

de

3® espèce

Accords

de 9®

de

4® espèce

(**) Voif Chap. ir, Accords de septième, nQtes sur l'échelle des harmoniques.

Observations

G. FAURÉ. Prison. Cj. Hamelle Edit.1891) guasi adacfio.

Enchaînement de dexix accords de 9?

majeure, de i'".'^ espèce, par seconde

majeure descendante .

G. FAURÉ. La bonne Chanson. O. Hamelle, Edit.) Allegretto con moto

ia),rtf

ù'-\:\yi d

(a) Enchaînement de deux accords de 9. mineure de irr espèce, par tierce mineure inférieure et par le seul dé placement de la fondamentale .

CLAUDE DEBUSSY. Childrcn's Corner. ("Durand, Edit.)

■> il , ^T tf ., J

Accords deSîl'enchaînés pai-tierces mineures supérieures.

CLAUDE DEBUSSY. Chansons de Bilitis. CPromont, Edit.)

^ Li ff Lent

Enchaînement^^ d'accords de 9^'de l' e et de 21"^

CLAUDE DEBUSSY. Chansons de Bilitis. C Froment, Edit.)

Accords de 91-'^ enchaînés par î^ tons chromati-

CLAUDE DEBUSSY. Chansons de Bllitis. (Fromont, Edit/i Très lent

Accords parfaits avec appogiatur'es,ou accords de 9tîlli' avec note? de passage. Quelle que soit l'interprétation adoptée, on a une suite d'accordsde 9 me s'enchaînant par tierces supérieures.

CLAUDE DEBUSSY. PcHéas rtM'lisandr. (Durand, Edit.) Animé,., O; page 233

Accords de StE^ (^) z^.-x^ espèce

et de "l^I^. alter- (h) StUil' espèce

nés, par mouve- Ce) tj.'^T^ espèce ment conjoint.

riiilno

^g^^gg

Animé pa£e.232

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®lf'i

-n^ï itJ

^a) Accords dn 9'lZ2i' s'enchaînant

par 3*^- inférieure.

(fc' Accords de yiiEl' s'enchaînant

par 3*^!" supérieure.

(c) .4ccords'de 9'.12i' s'enchaîîiant

par degrés conjoints.

^ page SO

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tjTT; f \,±

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Accords de 9^S^ par secondes majeures descendantes.

V^y prnolto cresc.

Accords de d^JEî pai' degrés chromatiques.

FLORENT SCHMITT. La Tragédir de 5rt/o/7itf'. (Jacques Durand, Ed

*^rélude. Lent i i

nÀ^\ jH j i

T^^Wf

Neuvièmes renversées (tons de Si mineur et de La mineur) sur le VII™J* degré non zdtéré, avec pédale de dominante.

TS

i^jï-

FLORENT SCHMITT. La Tr^^eV/V ofe 5rt/owe'. (Jacques Durand, Edit)

Dcmse de l'Effroi

t' if ^ I t Jf to

4e ine renversement de l'accord de 9^211' de dominante (ton de Sol majeur,)

FLORENT SCHMITT. Psaume XLVI. (Mathot, Edit.)

?nP

9'^£il' avec 71Ei5 majeure (C'est l'accord de 9i:£r de 4*;S? espèce)

FLORENT SCHMITT. Tro/s rapsodics. (Durand, Edit.)

(a)^fellvième avec double altéi-ation et anticipation à la partie supérieure.

(a) et (i) Accords de 9^.5idont la fondamentale et la 9ïï!i: sont en rapport de 7>:iL^

FLORENT SCHMITT. Çmufcife pour p/auo cf cordes (U&ihot, Edit.) Modéré , ^-- -^^

4^^ ~»s f fe) (.) I I

fe

(a) Neuvième de dominante complète, avec, ajoutées, altérations de la 5^1' et de la T'^'?*;

Lent

Résolution de 9<^^'«

CH. KŒCHLIN. Le sommeil de Canapé ( Rouart et Lerolle)

■L Adagio ^ . . L II I ■ . "^

Sfri MJ^jihiMvjginr p^PF^

se poser Et, tout à coup son cœur semble enlui se briser

®(hj dolciss.

poco cresc. molto espressivo

pas trop cresc.

(a) Réi^ et Soljji appogiatures.

(b) Iî; jenversement de l'accord de 9-'?'^ de dominante, la fondamentale à la partie supérieure et Mi appogiature.

(c) Ré^ appogiature non résolue dans +6.

&■) Accord de "^1 avec Mi appogiature non résolue.

(e) Accord de 4-6 avec Fa appogiature.

(f) 2"! renversement de l'accord de 9'-7«'.

('^Srrenyersement de l'acr cord de 9^'?'' mineure de dominante avec 52 tj appogiature.

Ot I Second renversement de l'accord de 7*^'?'^ diminuée avec Sol appogiature.

(t) Accord de 9'''I''- mineurede dominante Z<zt| est appogiature et Si t^ pédale passagère de tonique.

CH. KŒCHLIN. Chant de KaîaNag. ( Rouart et Lerolle)

Animé ,^^ ^

li'j ^Pl

Accords de 9*^?*' enchaînés par degrés conjoints eu (a) et par quarte diminuée en (h) avec lUie note commune Fa^r So!\>

^ Allegrro

(Ï9) leg'g-.

■» ^ ^ il»— I.»

(n) 3''21|® renversements de l'accord de OlfETimgeBre^enchaînés par degrés conjoints (\ ton)

(b) Z''—^ renversements de l'accord de 9^® naajeiirjB. et mineure enchaînés par degrés conjoints (|^ton)

Enchaînement par ig ton descendamt de S'iSll'Yenversements de i^ccord de 9121? mmeure.

CH. KŒCHLIN. Prélude.

Enchaînements de i^JHL renversements d'accords de 9^.Ei? par degrés conjoùits E. CHABRIER. Le roi malgré lui. (f 887) (Enoch, Edit.)

pag-e 330

E. CHABRIER. Le roi malgré Itii . (Enoch, Edit.> pag-e 229

M. RAVEL. Sur l'herbe. (Durand, Edit.)

'.^ri,r 11

:Çj Jt-!L 5 7 hH'i 1

it^s.^

Quoique la précédente explication soit la meilleure, or pourrait aussi crn^idérer que cesc le-Sb/qui forme pédale.

(a) La Ôèjne contre la fondamentafe dans les parties supérieures.

La fondamentale prend un caractère de pédale intérieure.

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M. RAVEL. L''/ieure espag-?iole. {Bursini,Edit.) Le petit coq ^ >:>>

(a) Pédale inférieure sur Fa jf.

(b) Accords de 9^2? mmeure avec 5^5 altérée, s'enchaînant par ift tous.

fc) Pédale médiaire isur /'a |j, prise et quittée régulièrement sur une note in- •tégrante. Cela fait une double pédale Fa'(,-Fa'^.

(d) D est dans la pensée de l'auteur de considérer la notation du chant des oiseaux comme un effet pittoresque extra-musical. Surtout en cequiconserne le pr;&mier passage (Petit Coq) dont la notation est approximative.Cette sonorité, qtii peut être assimilée à celle des instruments à percussion, est produite par l'anche du contre-basson séparée de l'instrument.

M. RAVEL. Miroirs (NocineUe) {Hem&is, Edit.) Très lé/R-er

Accords de 9'lEl^ par mouvement conjoint en (a) et par tierce supérieure en ih) avec appog-iature et no'tes de passage.

G. FAURÉ. Thème- et Variations A3. Hamelle, Edit.) Quasi adag^io

Résolutionsdaccords de l'^JM et de 9iiH par 5*^^ inférieure. Etude sur l'harmonie moderne.

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(Voir les déductions N? 4)

Combinaison des accords de 9'i21ï majesureet mineure dans les enchaînements par degrés conjoints.

Résolutions et enchaînements

d'accords de 9î!iS fjivec ou sans altération delà quinte.)

LaV FatV RéjfV

Accord de l*lEî. diminuée pris dans quatre acceptiens différentes, en changeant la fondamentale. Cette combinaison appartient à la techniqueclassiq\ie,aussi bien qu'à l'harmonie modwme.

Déductions

Plus que jamais, nous rappelons que les généralités qui vont suivre, sont des déductions établies d'après les auteurs modernes.

i) A. Deux accords de neuvième majeure de première espèce, à l'état fondamental, peuvent s'enchaîner par degrés conjoints (ton ou 1/2 ton) en montant, en descendant, par mouvement semblable dans toutes les parties (*).

En montant : [4], [5], [22], [23].

En descendant : [i], [8], [9], [18], [26].

Là meilleure disposition des parties sera celle des harmoniques :

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ou encore:

B Deux premiers renversements d'accords de neuvième majeure de première espèce s'enchaînent moins facilement dans les mêmes conditions. On peut cependant les essayer [21], en tenant compte de la disposition des parties.

''^Rappelons ce passage du final de la symphonie de Franck

Les seconds renversements donnant lieu à des dispositions très douces, s'enchaînent facilement.

Les enchaînements de troisièmes renversements, dans les mêmes conditions de mouvement semblable et conjoint, sont praticables, quoiqu'un peu durs [19].

a) A Deux accords de neuvième mineure de première espèce, à l'état fondamental, s'enchaînant par degrés conjoints et mouvement semblable dans toutes les parties, sont peu agréables, en procédant par tons entiers. Cependant on pourra les essayer par i/a ton [25], surtout en descendant.

B Les premiers renversements employés dans les mêmes conditions sont désagréables.

Les enchaînements des deuxièmes et troisièmes renversements ne sont pas impraticables par i/a tons [20].

La possibilité de tous ces enchaînements dépend, comme nous l'avons dit de la disposition des parties.

3) En combinant les accords de neuvième majeure de première espèce avec ceux de neuvième mineure de même espèce, on trouvera des enchaînements intéressants, aussi bien à l'état fondamental que renversé [19 bis], [38], [29].

4) Les accords de neuvième majeure et mineure de première espèce s'enchainent facilement par tierce majeure eu mineure, supérieure ou inférieure [3], [6], [8], ["31]. En dehors des enchaînements que nous signalons, on pourra en pratiquer facilement beaucoup d'autres, en raison de la présence de notes communes* aux deux accords.

Le même accord de septième diminuée peut être pris dans quatre acceptions différentes, en changeant la fondamentale [32]. Cette combinaison appartient à la technique classique, mais l'école moderne en tire des effets nouveaux.

5) Le quatrième renversement qui amène la neuvième à la basse (défendu dans la technique classique) se pratique facilement [10], [11], Chap. XI [19].

Dans les renversements, la fondamentale peut se placer audessus de la neuvième, à distance de septième [14], [17] (disposition enseignée par Sabbatini à la fm du xvm* siècle).

La neuvième peut se rapprocher de la fondamentale à distance de seconde (*) [24].

6) Avec les résolutions nouvelles que leur donne l'école moderne, les accords de neuvième pouvant recevoir les altérations [13], [15], [35], [31], les appogiatures [17], les anticipations [13], etc., etc., deviennent dès accords précieux pour les recherches harmoniques. Nous ne saurions trop répéter que la sonorité plus ou moins agréable des enchaînements, dépend de la disposition des parties, et aussi, de la combinaison des timbres, si on écrit pour l'orchestre.

On pourra chercher des résolutions sur tous les accords [7], [16], [30].

7) Les accords de neuvième de deuxième, de troisième et de quatrième espèce, ne sont pas, actuellement, d'un emploi très fréquent [7], [la]; on les emploiera sans doute comme ceux de première espèce.

^*'Dans les œuvres de Bach, lorsque 1' 8^.* est retardée par la 9^™*, on trouve souvent celle-ci rapprochée à distance de seconde.

FERDINAND KUFFERATH. Etole pratique du Choral.

Schott frères, Bruxelles

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