OBSERVATION VII
V... Etienne, âgé d2 54 ans, né à Panissière (Loire), entre le 3 mai 1882, dans le service de M, le professeur Poncet, à l'h6pital de la Croix-Rousse, où il occupe le lit n° 16 de la salle Saint-Eucher.
Ce malade entre pour une tumeur de la bourse droite. Il y a deux ans et demi environ, le malade vit se former, sans cause appréciable, une hydrocèle du côté droit. Pendant deux ans, il ne fit aucun traitement. IL y a cinq mois, une ponction faite dans le service du professeur Létiévant, à l'Hôtel-Dieu, donna un liquide citrin. Une injection iodée n’amena aucune réaction inflammatoire au dire du malade.
Deux mois environ après l'opération et en une huitaine de jours, il vit se reformer une tumeur identique à la première. — Pas de traumatisme.
Actuellement, la tumeur a à peu près le volume des deux poings; elle a une forme cônique à base supérieure; au-dessus, le cordon est libre. Les veines superficielles sont assez développées. La palpation indique de la résistance et de la fluctuation. La tumeur est lourde; la sensibilité testiculaire est mise en éveil par la pression au niveau du sommet de la tumeur.
Pas de transparence.
Le 4 mai, la ponction exploratrice fournit un liquide hématique. Immédiatement; sans anesthésie (le malade s'y refusant absolument, parce que, dit-il,endormi une fois pour section d’hémorrhoïdes, il a failli mourir?) M. Poncet ouvre largement la vaginale sous la pulvérisation phéniquée. Il sort environ 400 gr. de liquide hématique. La vaginale est très épaissie (3 à 4 millim.); le testicule se trouve à la place indiquée par la sensation percue précédemment.
La face interne de la vaginale est tapissée par des fausses membranes, qui sont enlevées par le râclage]à la curette dans les points où elles sont le plus adhérentes. :
Ouverture de deux petits kystes, contenant eux aussi du liquide hématique et siégeant sur l’albuginée.
Lavage à l'acide phénique. On remplit de camphre la cavité vaginale; on met un drain et on fait un point de suture.
Pansement avec gaze phéniquée et mac-Intosh.
Le soir, hémorrhagie assez abondante. On enlève le pansement et, après avoir fait sauter le point de suture, on lie deux petites artères. La température axillaire est de 37°.
Le 5 mai, le malade a passé une bonne nuit, la température rectale prise le matin est de 38°6. Les lèvres de la plaie ont un bon aspect. Pas de nouvelle hémorrhagie, pas de douleur. Point de pus. On fait le même pansement avec le camphre. La température rectale du soir est de 38°9.
Le 6, le malade est dans le même état. Température rectale du matin 38°6. Température rectale du soir 398.
Le 7 au matin, température rectale 38°6, le soir 39°2.
Le 8 au matin, température rectale 38°6, Le soir 39°.
Les jours suivants, la température va en décroissant. Le malade va bien. È
Le 17 au matin, la température est de 37°, le soir de 37°4.
Le 20, le malade soit en très bon état. Il n’y a jamais eu de suppuration. La cavité vaginale présente depuis 10 jours des bourgeons de bon aspect qui peu à peu l'ont comblée.
Le 7 juin, le malade revient : il reste à la partie supérieure de l’incision un petit pertuis par lequel s'écoule, à la pression, un liquide citrin d'odeur fétide.
M. Poncet agrandit l'ouverture et retire 15 grammes environ de ce liquide; sur la vaginale se trouvent des membranes grisâtres qui sont enlevées par le râclage.
Etat général très bon. |
Le malade retourne chez lui à pied.
Nore : Nous avions donné rendez-vous à ce malade, il n'y est point venuet, depuis sa sortie de l'hôpital, il a changé d’adresse ; il nous a été impossible de le rencontrer.
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