DÈS THÉORIES ANCIENNES SUR LES CAUSES DES MONSTRUOSITÉS
Avant de donner les théories les plus récentes sur la pathogénie des malformations congénitales, nous rappellerons brièvement quelles sont les causes qui ont été invoquées aux différentes époques, pour expliquer la formation des monstruosités.
L’histoire des monstres a été faite en 1880 par M. le D>’ Ernest Martin, ancien médecin de la légation de France à Pékin.
Dans l’antiquité on croyait à l’intervention des divinités dans la production des monstres ; on pensait également que des êtres anormaux pouvaient résulter de l’accouplement d’un être humain avec un animal.
A Sparte et à Rome, les enfants qui naissaient avec des vices de conformation, étaient mis à mort.
Dans le monde chrétien, les femmes qui mirent au monde des monstres furent accusées de relations charnelles avec le diable et brûlées vives ; d’autres, accusées du crime de bestialité subirent le même sort. Ces croyances persistèrent dans l’Europe occidentale jusqu’au commencement du xvni* siècle.
Ambroise Paré, dans les treize causes qu’il adonnées de la naissance des monstres, fait intervenir : « Dieu et les démons ».
Un savant italien, Aramatori (1), avait eu l’idée de la préexistence des germes ; ce fut Swammerdam (2) qui jeta les premières bases de cette doctrine.
Une discussion qui dura 19 ans (1724-1743) s’éleva à l’Académie des sciences entre Lémery d’un côté, Duverney et Winslow de l’autre. Les deux derniers admettaient la théorie de la préexistence des germes, mais Lémery affirmait qu’une cause accidentelle peut donner naissance à un monstre ; tandis que pour Winslow et Duvernay dans la majorité des cas, la monstruosité est originelle et préexistante.
Malpighi, pour sa part, contribua à consolider la théorie de la préexistence des germes, en annonçant qu’il avait vu l’embryon de poulet dans la cicatricule féconde d’un œuf non soumis à l’incubation. Malpighi n’avait pas remarqué que, faisant ses recherches en plein été et par une très grande chaleur, l’embryon avait commencé à se développer spontanément. Malebranche et Cuvier se rallièrent, eux aussi, à cette théorie.
Béclard (3) admettait la destruction des éléments anatomiques par l’hydropisie.