V. Garrucci
89 (A côté du précédent). — Fragment du sacrifice offerï à Dieu par
Coin et Abel.
Le Seigneur assis. Gain lui présente un agneau. V, Garrucci , 396, 6.
90 {À côté des précédents). — Fragment d'un sarcophage à arcades
soutenues par des colonnes à chapiteaux composites.
Il reste un de ces chapiteaux à gauche. Dans Tarcade, Jésus guérit le petit aveugle, que lui présente un apôtre. Au-dessus de Tarcade , deux oiseaux becquetant une corbeille de fruits. (Inéàit.)
91 (Villa Albani , dans le bosquet). — Fragment (fun sarcophage à
strigilles.
Il reste un fragment de la représentation du centre , et, à droite, un fragment de strigilles. Un personnage imberbe, vôtu de la tunique et de la toge, le volumen dans la main gauche, tient dans sa main droite la main d'une autre figure qui manque. Sous les deux mains se trouve un livre ouvert placé sur un pupitre. Au-dessus, sortant de nuages figurés à la manière habituelle, une figure de Christ vue à mi-corps, avec le type imberbe et les cheveux bouclés. La main gauche élevée tient une couronne (très mutilée).
[C'est une transcription chrétienne du groupe de la conjunctio manuum avec la Juno Pronuba, groupe que les chrétiens employèrent aussi tel quel (V. le présent cartalogue, n»* 75 et 92). Le livre placé sous leur main est un détail nouveau qui a son importance. C'est le livre sacré sur lequel les époux se j urent' fidélité.]
V. Marucchi : « Il matrimonio cristiano sopra un antico monamento inedito, » dans les Studi in Italiaf An. 5, fasc. III , 1882.
92 {Villa Lfidovisi). — Sarcophage.
Les espaces blancs sont occupés par des strigilles. Les numéros correspondent à différentes scènes, comme il suit :
No 1. Homme avec la tunique, la toge et la lena, tenant le volumen; et femme avec la tunique et le manteau qui couvre la tête. L'attitude indique une conjunctio manuum. Les deux mains qui se tenaient sont brisées. Entre les époux, la Juno Pronuba avec son diadème. Devant eux, en plus petites dimensions, restes d'un groupe de l'Amour et Psyché. Psyché, à gauche, est nue jusqu'à la ceinture. Le mouvement des épau-
les indique l'attitude des bras, aujourd'hui brisés, et qui étaient tendus comme à l'ordinaire. Il ne reste de l'Amour que les pieds et un fragment
d'ailes.
[Nous avons déjà rencontré plusieurs fois les représentations empruntées à la tradition païenne. Cf. pour la Psycbé, les n»* 48 et 52, et pour la Juno^Pronuba, le n^ 75.]
N» 2. A droite et à gauche, deux petits Amours (l'un levant le bras, l'autre portant la main à ses yeux), regardant un combat de coqs. Au centre, une table où sont posés trois objets méconnaissables [Cf. n» 6, où cette petite scène décorative, qui convenait bien à un espace restreint, se trouve répétée à peu près textuellement] .
N«> 3. Un personnage debout, drapé, étend la main (actuellement brisée), vers une petite figure nue qui est debout devant lui. A terre, une autre petite figure, également nue, est étendue et semble dormir. Deux autres personnages, de même taille que le premier, assistent à la scène. L'un est à ges côtés, et tient le volumen (la tête et les bras sont brisés). L'autre est un peu en arrière : la tête (imberbe) et le haut du corps sont seuls visibles.
[Malgré l'autorité du P. Garrucci, je ne puis voir avec lui , .dans cette scène, une représentation de la vision d'Ezéchiel. 11 faut , à ce sujet, quelques mots d'explication :
Ezéchiei est envoyé par l'Esprit dans un. champ plein d'ossements humains : « Dimisit me in medio campi qui erat plenus ossibus... Erant autem multa valde super faciem campi, siccaque vehementer. » Et voici qu'il se fait un ébranlement parmi ces os, ils s'approchent les uns des autres, et des nerfô se formaient sur ces os, des chairs les couvraient et la peau s'étendit par-dessus (Ezéch., 37). Le passage était célèbre parmi les fidèles : « Famosa est visio, » dit saint Jérôme, « et^Dmnium ecclesiarum Christi lectione celebrata. » (In Ezecfi., 37.) 11 était naturel qu'on cherchât à le figurer sur les tombes, auxquelles convenait si bien cette image frappante de la résurrection, et c'est ce qu'on a fait. Deux sarcophages publiés par Bottari nous donnent cette représentation (tav., xxxvm, tav. cxxxiv). Au geste du prophète, deux corps nus se sont déjà dressés devant lui; un troisième est encore étendu à terre et, sur le sol, on voit une tête de mort, et, à côté d'elle, une tête déjà vivante. Impossible de mieux resserrer, dans un petit espace, la vision du prophète : on a là les divers états par lesquels passent ces os desséchés qui reviennent à la vie. A côté d'Ezéchiel est un autre personnage, peutêtre le Seigneur, peut-être une de ces figures d'assistants que les sculpteurs ont multipliées sans raison d'être. La planche 134 est à peu près semblable. Le prophète a auprès de lui deux assistants. Deux corps sont debout, un corps est étendu. Une tête, déjà vivante , est comme posée sur le sol ; une autre, est munie seulement de ses bras qui semblent faire efforts pour tirer du sol le reste du corps. Ce travail progressif de le résurrection, cette vie montrée ici incomplète et là tout entière, tel est le trait caractéristique de ces représentations.
Or, on ne voit rien de tel dans la scène que nous examinons. Elle ne donne que deux corps : l'un étendu, Tautre debout, mais tous deux en pleine possession de leur vie. C'est, à notre avis, la création de la femme que Tartiste a voulu réprésenter. La scène est rare sur les sarcophages, mais encore Ty trouve-t-on. Sur un célèbre sarcophage du Latran, elle rappelle de très près celle qui nous occupe, La position d'Adam* étendu et d'Eve levée est absolument la même ; le Créateur est assisté de même de deux personnages où l'on s'accorde à voir les deux autres personnes de la Trinité ; la seule différence n'est nullement essentielle : le Créateur est assis , au lieu qu'il est debout dans notre sarcophage. Le personnage qui tient le volumen est probablement le Christ, représenté ainsi sur le reste du sarcophage, et l'acte de la création serait accompli par le Père.
No 4. Guérison de l'aveugle, selon le type ordinaire. Jésus tient le volumen; le bras qui était tourné vers le petit aveugle est brisé.
[Il n'y a pas à discuter la singulière opinion de l'auteur d'un ouvrage sur les antiques de la Villa Ludovisi (Schreiber, Die antiken Bildwerke der Villa Ludovisi), qui propose de voir là une prédication d'apôtre, i4po5tel Predigt.l
No 5. Résurrection de Lazare. La tête de Jésus est brisée. Le Lazare également. Une main de Jésus tient le volumen; le bras tendu est brisé. Devant l'édicule, la sœur de Lazare prosternée. -
N® 6. Moïse frappant le rocher. Le bras qui frappe est cassé. Deux Hébreux, avec le bonnet, boivent ; au fond , près de Moïse, un autre personnage, sans bonnet.
Ce sarcophage est d'un style fort médiocre, qui indique les approches du cinquième siècle. L'exécution est négligée ; les figures sont à peine indiquées; l'œil est fait d'un coup de trépan.