‹ Étude sur l'histoire des sarcophages chrétiensChapitre 54 sur 69 · Fragment très mutilé de la guérison du paralytique · texte numérisé non relu

Fragment très mutilé de la guérison du paralytique

Le corps de Jésus, décapité, privé de ses bras et du bas des jambes ; et, sans tète ni pieds, le petit paralytique en tunique courte, portant son lit. (Inédit.)

4 45. — Partie antérieure d'un sarcophage divisé en arcades par des

colonnes spirées à chapiteaux composites.

Dans l'arcade centrale, le Christ, sur la colline mystique d'où coulent les quatre fleuves. Les bras sont ouverts. Aux pieds du Christ est un agneau. La tête du Christ est très mutilée. A droite, dans la première niche, saint Pierre qui portait la croix (brisée). Un agneau est à ses pieds. Derrière lui, un autre apôtre. Dans la seconde niche, deux apôtres , le premier acclamant. Il ne reste qu'un fragment de la troisième niche , avec le bras d'un apôtre acclamant. A gauche , saint Paul acclamant, un agneau à ses pieds, un autre apôtre derrière lui , acclamant. Seconde niche et troisième niche , deux apôtres acclamant , le premier retournant la tête vers le second. Travail assez rude. Les têtes sont traitées au trépan. Cinquième siècle. [Inédit.)

446 (Piazza del Paradiso , 68). — Sarcophage à strigilles.

(Le haut du sarcophage a été coupé régulièrement, en sorte que les têtes des personnages ont disparu.)

A droite, le corps d'un berger, en tunique courte et guêtres hautes, les jambes croisées. Un chien à ses pieds.

Au centre, femme drapée en double vêtement (c'était probablement une orante).

A gauche , restes de deux personnages , l'un drapé , tourné vers le second, qui est plus petit et se tient debout sur une sorte d'autel (sacrifice d'Abraham) .

Le relief est médiocrement accentué. L'exécution est assez rude. Première partie du quatrième siècle.

[Nous avons déjà eu occasion de remarquer, sur quelques monuments (V. no ^2 et Tétude qui précède) , cette transition entre les basreliefs purement symboliques et les représentations bibliques, entre Tart du troisième siècle et celui du quatrième. Le présent sarcophage nous donne encore un exemple de ce genre. Le berger subsiste à côté de l'Âbrabam , et la figure à côté de Phistoire.] (Inédit,)

447 (Eglise de Sainte-Pudentienne)» — Fragment de la partie antérieure d^un sarcophage.

Il reste trois arcades, formées par des colonnes à chapiteau composite. Au centre, la croix surmontée d'une couronne enfermant le monogramme constantinien ; une colombe posée sur chaque bras. Au-dessous, les deux gardes endormis. Dans chacune des autres arcades, deux apô- Hres tendant une couronne vers la croix (la brisure a enlevé le bas des jambes et de la croix). Très trépané. L'œil fait d'un coup de trépan. Exécution assez rude, de la fin du quatrième siècle.

[Cet hommage des couronnes est un motif exceptionnel parmi les sarcophages de Rome. On ne peut guère y rapprocher qu'un couvercle conservé au musée de Latran , et où l'on voit des agneaux porter dans leur bouche des couronnes vers le pasteur. Le motif se retrouve sur quelques sarcophages de Ravenne, évidemment postérieurs et d'un tout autre type (V. Garrucci, tav. 349, et tav. 346, 2, 345, 1). Il devient fréquent dans les mosaïques. Mais le sarcophage de sainte Pudentienne est un des plus anciens «monuments où il paraisse. Un siècle auparavant, on eût évité cette représentation, qui aurait paru sentir le paganisme. V., à ce sujet, le De corona de Tertullien : « In omnibus istis idolatria, in solo quoque sensu coronarum — Ceterum a sœculo coronantur et lupanaria, et latrinae, et pistrina, et carcer, et ludus, et ipsa amphitheatra, et ipsa spoliaria ipsseque libitinae. » Mais une fois le triomphe de l'Eglise bien affermi, on afifecte moins de se séparer radicalement des anciens usages; on en accepte ce qui peut s'accepter, ce qui n'est que pure forme, et pourra ainsi s'appliquer au nouveau culte. Quant au sens même de cette représentation , rappelons ici , à propos de l'hommage des couronnes, le passage de l'Apocalvpse : » Les vingt-quatre vieillards se prosternaient vers Celui qui est assis sur le trône , et ils adoraient Celui qui vit dans les siècles des siècles , et ils jetaient leur couronne devant le trône, disant : Tu es digne, Seigneur Dieu, de recevoir gloire, honneur et puissance. » Ainsi, cet hommage des couronnes est un hommage d'adoration. De là l'importance du présent fragment. L'hommage y est adressé non pas à la personne môme du Christ, mais au bois sur lequel il est mort, et nous avons là, sous les yeux, une véritable Adoration de la croix, la plus ancienne que nous connaissions.]

{Inédit,)

448 (Basilique de Saint- Pierre, chapelle du Saint-Sacrement). —

Sarcophage.

(Ce sarcophage, probablement caché sous un autel, n'est plus visible. Je le publie d'après les descriptions qui en ont été données.)

Sur la face antérieure, cinq arcades soutenues par des colonnes à chapiteaux composites. Au centre, Jésus, la croix dans la main droite, le volumen déroulé dans la gauche , debout sur la colline d'où coulent les quatre fleuves. Le visage est imberbe. Sous la même arcade, à la gauche du Christ , Pierre , selon le type habituel , tenant le volumen. A droite du Christ (à gauche du spectateur) , Paul acclamant du geste. Dans chacune des autres arcades , deux apôtres.

Sur la partie postérieure, trois niches séparées par des strigilles. Au centre , une conjunctio manuum. Le mari , imberbe , avec la tunique , le paliium et la lena, tient le volumen dans la main gauche et présente l'autre main à sa femme , vôtue d'une tunique longue et d'un manteau couvrant la tête. Elle porte un collier au cou.

Dans les niches de droite et de gauche , un homme imberbe , vêtu de la tunique et du paliium , tenant le volumen d'une main et acclamant de l'autre main.

Sur chacune des faces latérales , trois niches séparées par des colonnes comme sur la face antérieure , et , dans chacune , deux apôtres ou disciples , la plupart acclamant et tenant le volumen,

V. Bosio , p. 49-53 ; Cristoforo Battelli , De Sarcophagis marmoreis Probi et Frobâs, Romae, 1605; Bottari, tav. XVI-XVIII; Dyonisius, CrypU Vot., Ub. LXXXII, LXXXIII, et Garrucci, tav. 3^7-1, 4.

M9 {Basilique de Saint- Pierre , chapelle dite de to Colonne, dans

V autel). — Sarcophage.

Le milieu seul est visible.

Au centre, le Christ barbu, le bras droit levé. A gauche, saint Paul acclamant (la main est brisée), et tenant dans la main gauche \e volumen déroulé. A droite, saint Pierre portant une croix (brisée) et recevant la loi dans son vêtement. De chaque côté, on peut voir encore deux autres apôtres acclamant. Assez bon travail. Commencement du cinquième siècle.

i50 {Eglise de Saint-Pierre-aux-Liens , dans la confession). — Sarcophage.

A gauche , résurrection de Lazare. La sœur de Lazare est prosternée devant Jésus (Lazare est presque entièrement brisé. La main droite de Jésus manque et la tête est très mutilée). Jésus multiplie les pains que lui présentent deux apôtres (les corbeilles ne figurent point à terre comme à l'ordinaire). Au centre, la Samaritaine , sujet rare sur les sarcophages romains. Elle est debout, en double vêtement, la tête nue, la

main sur la corde du puits. De l'autre côté du puits, Jésus levant la main (brisée) (Cf. Sarcophages d'Arles, pi. XVIII, fig. 2). Ensuite , Jésus prédisant le reniement de Pierre (les mains sont brisées). A terre , le coq. Enfin , Jésus remettant les clés à Pierre. Une de ces clés est encore dans la main de Jésus ; Pierre tient l'autre dans un pli de son vêtement. Trépané. Travail rude. Commencement du cinquième siècle.

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