‹ Étude sur l'hygiène oculare au Lycée de Lyon [electronic resource]Chapitre 2 sur 10 · L'HYGIÈNE OCULAIRE · texte numérisé non relu

L'HYGIÈNE OCULAIRE

INITODUCTION.

Le but du présent travail est d'établir par des données positives la fréquence des anomalies de Ja réfraction dans un des principaux établissements publics de notre ville. Depuis la première statistique de Cohn (1), de nouvelles recherches ont été entreprises en Allemagne, en Russie, en Suisse et tout dernièrement aux États-Unis ; quant à la France, à part le travail trop ancien de Szokalski (2), nos données étaient toutes empruntées au seul mémoire de Gayat (3).

La différence considérable entre les résultats des examens faits en Allemagne, en Russie, en Suisse d'un côté, et la France de l'autre, m'avaient engagé, dans un précédent opuscule (Dor, Die Schule und die Kurzsichtigkeit. Rectoratsrede. Bern, 1874) à attribuer à des différences de races la divergence énorme des résultats. Dans une thèse publiée à

(1) Cohn, Untersuchungen der Augen an 10000 Schulkindern, etc.,

(2) Szokalski, Prager Vierteljahrschrift, 1848.

(3) Gayat, Hygiène oculaire dans les écoles de la ville de Lyon. (Lyon Médical, 1874, n»' 10 et 11.)

Breslîiu en 1875, Hoffmann (1) attaque vivement mon liypothèse. « Les données de Szokalski et de Gayat, dit- il, qui reposent sur de simples renseignements, celles de ce dernier surtout qui choisissait « au hasard » les enfants qu'il examinait, ne doivent jamais être comparées aux examens des yeux de tous les élèves d'une école, tels qu'ils ont été pratiqués en Allemagne et en Eussie », Un nouvel examen était donc nécessaire, et c'est dans ce but que je demandai au proviseur du lycée de Lyon, M. Busquet, que je remercie ici de son extrême obligeance , l'autorisation d'entreprendre mes recherches actuelles.

MÉTHODE EMPLOYÉE POUR l'eXAMEN DES ÉLÈVES DU LYCÉE.

L'examen fut fait pendant les mois d'avril, mai, juin 1877 de la manière suivante : Dans chaque classe, je suspendis d'abord l'échelle de Snellen, puis, faisant venir l'un après l'autre chaque enfant à 20 pieds de l'échelle, j'examinai la vision de chaque œil séparément ; l'œil dont la vision était = 20/xx essayait ensuite avec-f- 1/36 (1 D.) pour découvrir l'Hm.; celui qui alors ne lisait plus facilement la dernière ligne, n° xx du tableau, était éliminé comme normal, puis je prenais le nom de tous les autres élèves sans exception, pour les soumettre ensuite à un examen exact dans le cabinet du proviseur, tant avec les verres qu'au moyen de l'ophthalmoscope k réfraction (2). Je

(1) Hoffmann, Die Refraction der Augen dcr Schulkinder in verschiedenen Staedten Europas. Diss. Brcslau, 1875.

(2) C'est de la même manière que j'avais déjà examiné les élèves du gymnase et do l'école réale de Berne; ceci en réponse à une observation do Hoffmann (1. c), qui n'a pas pu comprendre que jo ne pouvais entrer

mentionnerai dès à présent que, sauf dans quelques cas pathologiques que je citerai plus tard, je n'ai jamais fait usage d'atropine, tout d'abord pour ne pas attirer au proviseur des plaintes parfaitement justifiées, ensuite parce que je considère comme un ^tat normal,' tout à fait en dehors des anomalies de réfraction qu'il s'agit de découvrir, l'hypermétropie totale que l'on obtient presque toujours après la mydriase chez de jeunes sujets. En effet, si nous considérons comme hypermétrope tout œil qui ne mesure pas 23 millim. d'axe optique, il est évident que les jeunes enfants seraient presque tous hypermétropes. Tant que cette trop faible longueur de l'axe optique est corrigée par un état du cristallin et non par une action du muscle ciliaire, par un travail d'accommodation qui pourrait finir par amener l'asthénopie , tant que la longueur de l'œil est telle qu'avec le développement normal de l'individu, il finira à Vâge adulte par avoir les dimensions normales, en un mot, tant que l'œil est physiologique pour l'âge de la personne, je le considère comme emmétrope ou normal. Le critérium qui permet de distinguer ces deux formes différentes d'hypermétropie apparente ou réelle est que dans le premier cas, l'œil, même après avoir porté assez longtemps un verre convexe, ne voit jamais d'une manière distincte à l'infini, tandis que dans le second, le spasme de l'accommodation se relâchant, l'œil finira par s'adapter au verre convexe qui corrige l'hypermétropie. Ce que l'anatomie et la physiologie doivent encore nous enseigner, ce sont les longueurs de l'axe optique, l'épaisseur du cristallin, la profondeur de la chambre antérieure, la courbure de la cornée, qui peuvent être considé-

dans de pareils détails dans un discours d'inauguration du rectorat, destiné k être prononcé devant un public on majeure partie étranger aux sciences médicales.

rés comme l'état normal pour chaque âge à partir de la première enfance jusqu'au complet développement, et alors nous appellerons hypermétrope tout œil dont la réfraction sera inférieure à ces données physiologiques, de même que nous pourrons dès le berceau reconnaître comme myope un œil qui, d'après les idées ayant cours aujourd'hui, serait à tort considéré comme emmétrope ou même comme hypermétrope. Si l'atropine nous donnait la valeur réelle de la réfraction, la conséquence naturelle et logique serait qu'il faudrait pour maintenir l'œil en repos, l'habituer graduellement à corriger par des verres son hypermétropie totale, ce qui ne sera admis par aucun oculiste , à moins qu'il ne faille expliquer de cette manière la 7^ thèse contenue à la fin de la dissertation de Koppe (1), où l'auteur avance cette proposition qui autrement semble tout à fait paradoxale : « Chaque élève a besoin de lunettes. »

RÉSULTATS DE l'eXAMEN DES ÉLÈVES.

Après ces quelques remarques préliminaires , passons à notre étude du lycée. Sur 1016 élèves présents dans les classes, 445 ont été soumis à un examen spécial.

Je ne donnerai pas les détails de chaque classe qui seront résumés dans des tableaux sommaires, mais je transcrirai ici quelques-unes de mes notes sur une seule classe qui montreront de quelle façon j'ai procédé.

(1) Oscar Koppo , Ophthalmoscopisch - ophthalmologische Untersuchungen aus dent Dorpater Gymnasium und seiner Vorschulc. Dorpat, 187G.

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