‹ Étude sur l'instruction secondaire et supérieure en AllemagneChapitre 39 sur 89 · LEUR POSITION · texte numérisé non relu

LEUR POSITION

On ne pourrait pas donner à ces professeurs le nom de suppléants, comme dans l’Université française, parce qu’ils ne suppléent personne ; ils ont , d’après ce qui vient d’être dit, leurs cours particuliers aussi bien que les professeurs ordinaires. Dans les occasions solennelles ils portent la robe noire de docteur, sans les couleurs distinctives des facultés que ne représente que leur toque. Ce costume est aussi celui des Privatdocenten.

Je ne suis entré dans ces détails des costumes universitaires que pour montrer, par ces signes extérieurs.

la différence qui existe entre les divers degrés de la hiérarchie universitaire, différences qui cependant n’exercent une très-grande influence, ni sur la position, ni sur, la renommée des professeurs, puisque celles-ci ne dépendent, en réalité, que du mérite individuel de chacun d’eux. En effet, il arrive fort souvent qu’un professeur extraordinaire se fasse une tout autre position et se crée un tout autre nom que tel professeur titulaire, malgré ses appointements fixes et malgré sa position officielle comme membre de faculté ou peut-être comme doyen. 11 est d’ailleurs fort naturel que des hommes de talent aussi cherchent à obtenir ces distinctions honorifiques cl les avantages d’une position officielle qui servent ainsi à stimuler le zèle des jeunes professeurs, tandis que ceux qui les possèdent déjà ne peuvent guère s’arrêter dans leur travail, et se sentent obligés de faire tous leurs efforts pour ne pas se laisser évincer par leurs jeunes émules , les professeurs extraordinaires et les Privatdncenten '.

rapports entre les* professeur

Cependant, cette rivalité n’exclut nullement les senti) • En Allemagne, l'amour-propre «lu professeur est sans cesse » en jeu. Il y a des rivaux qui lui font concurrence parle talcnl de « la parole, par l'ardeur de la jeunesse, par la multiplicité des leçons; » il lui faut conquérir sa position & force de travail, et, une fois «son- « quise, il la lui faut défendre jusqu'au dernier moment. Mais aussi, • cette position, qui lui donne honneur et fortune, il ne la doit qu'à « lui-même. .. » (Ed. Lahoulnye, loco cil., p. 351.1

timents de bonne confraternité entre les membres du corps enseignant; loin de voir de mauvais œil l’institution des Privatdocenten, les professeurs titulaires vraiment distingués aiment à voir dans ces jeunes maîtres, s’ils sont capables, les soutiens de la renommée d’une université : ils les aident activement et par leurs bons conseils à se faire un nom et à se créer une position avantageuse. Des professeurs qui ont vieilli ou qui sont insignifiants ont certainement à redouter la concurrence de leurs jeunes collègues. Mais l’université dans son ensemble n’en est que plus heureuse de leur faire bon accueil.

Four empêcher les Privatdocenten de prendre, en face des professeurs titulaires, une position inconvenante, on ne leur permet pas, quand ils choisissent les mêmes sujets de cours, de demander à leurs auditeurs des honoraires moindres et inférieurs à ceux qu'exigent les professeurs ordinaires.

On pourrait, ce me semble, introduire avec avantage quelque chose d’analogue aussi dans d’autres pays, malgré les différences qui existent entre les institutions universitaires de l’Allemagne cl celles des Etals voisins. En permettant, par exemple en France, à de jeunes docteurs d’ouvrir, sous l’égide de l’Université, des cours libres sur ceux des sujets de l’enseignement supérieur qui convinssent le mieux à leurs aptitudes particulières et qui fissent l’objet de leurs études spéciales, on ferait naître une rivalité fort salutaire, en même temps qu’on permettrait à un grand nombre

de jeunes talents qui s’ignorent de se montrer au grand jour et d’essayer leurs forces dans la carrière universitaire. 11 va sans dire que, pour qu’un semblable essai put réussir et porter les fruits voulus, il faudrait que ces jeunes docteurs ne reçussent de l’Étal aucune rémunération ni aucune subvention. Le seul prix de leur travail devrait être la rétribution scolaire que leur payeraient les auditeurs et l’espoir d’arriver à une chaire dans une faculté.

LES PR 1\' ATDOCE NTE !*

Les Privaldocenten ( privatim docentes. agrégés libres), parmi lesquels se recrute le corps des professeurs extraordinaires, sont de jeunes savants qui, par des épreuves publiques et spéciales subies devant la faculté ( Habilitation ), acquièrent le droit de professer publiquement, dans les salles de l’université ou bien chez eux, et de faire ainsi partie du corps enseignant de l’instruction supérieure.

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