‹ Étude sur l'instruction secondaire et supérieure en AllemagneChapitre 56 sur 89 · KXAMF.X ÉCRIT ET ORAL · texte numérisé non relu

KXAMF.X ÉCRIT ET ORAL

Si ce premier essai est jugé satisfaisant par la commission, celle-ci invite le candidat à passer un examen écrit et un examen oral. Le premier, qui se fait en cellule, dure ordinairement trois ou quatre jours et s’étend sur les points les plus importants de la science: presque toutes ces compositions doivent être écrites en latin.

L’examen oral occupe ordinairement deux séances, de trois ou quatre heures chacune, dans lesquelles le candidat doit répondre à toutes les questions que pourraient lui adresser les examinateurs sur les sujets les plus variés du domaine de ses études particulières. Il va sans dire que ces diverses épreuves varient beaucoup dans les différents Etats allemands; j’ai indiqué seulement la règle générale 1 .

1 • Kn Wurtemberg, pays modèle pour l'enseignement, l'examen i liml (pour les étudiants en droit) ombrasse une sphère considérable :

< I" histoire du droit romain , 2° inslitulos, 3° pandecles, 4° exégèse « de quelque jurisconsulte classique ou do quelque matière spéciale, t 3° histoire du droit public cl privé de l'Allemagne, 6" droit privé « germanique, 7° procédure civile, S” droit criminel, 9° procédure

< criminelle, t0° droit féodal, 11" droit commercial, lï" droit public, t 13° droit canonique des protestants et des catholiques, Hophiloso-

< phie du droit, •

(Ed. Lahoulaye, loro cil., I, lit. p. 301.)

EXAMENS UK nrVERS DEGRÉS

Les jeunes médecins et les futurs professeurs de Gymnase ne passent qu’un seul examen, à la fois écrit et oral, tandis que les théologiens et ceux qui ont étudié le droit passent, dans la plupart des États allemands, deux examens différents.

EXAMEN' Ml PREMIER ET M* DEUXIEME DEGRE

L’examen du premier degré s’appelle le Tentamen (pour les théologiens pro renia concionandi ); il est suivi, trois ans plus tard, de l’examen du second degré, l’examen rigorosum ( pour les théologiens pro tninislerio), qui est plus difficile et qui embrasse surtout les questions pratiques de droit et de théologie.

Si la commission juge que le savoir du candidat est suffisant, elle lui délivre son diplôme, qui mentionne le résultat des diverses épreuves subies par lui, en donnant des notes semblables à celles pour le baccalauréat (voir p. 4.‘1), et qui le déclare apte à devenir fonctionnaire public.

Je ne puis terminer cet aperçu rapide de l'organisation acluellede l’instruction secondaireel supérieure en

Allemagne, sans appeler l'attention la plus sérieuse du lecteur sur les remarquables travaux que l’éminent professeur au Collège de France, M. Laboulaye, a publiés, dans la Revue de législation, sur l’instruction publique en Allemagne: travaux que je n’ai malheureusement connus que trop tard et dont j’ai pu citer seulement quelques passages. Rien que, dans ces articles, M. Laboulaye parle surtout de l’enseignement du droit, il y ajoute cependant des considérations générales qui n’ont rien perdu de leur justesse, et qui doivent être méditées avec le plus grand soin de tous ceux qui s’intéressent à l’instruction publique en France et qui voudraient y introduire des réformes. Parmi toutes les questions importantes, traitées d’une manière magistrale par le savant professeur, je signale surtout celles qui se rapportent à la liberté de renseignement (Lelir-uml ilocrf'reiheii), au double traitement des professeurs et à l’institution des Privatdoccnlen.

Page 1