‹ Étude sur l'intervention chirurgicale dans les luxations traumatiques irréductibles de l'épauleChapitre 28 sur 31 · OBSERVATION XXIV (CRAMER · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV (CRAMER

Traduit d’après Die Berliner klinische Wochenschrift, 1882 (abrégée).

Une ouvrière de 30 ans, épileptique, se fit, en 1875, une luxation sous-coracoidienne de l’épaule droite, qui fut réduite par Cramer. Mais deux mois après, à l’occasion d’une attaque, la lésion se reproduisit, et malgré les tentatives pour maintenir le bras en bonne position, le fait se répéta encore dix-neuf fois, toujours pendant des attaques. La réduction fut quelquefois difficile, et des douleurs se faisaient sentir dans le membre réduit, même dans l'intervalle des crises.

Au mois d’avril 1880, Cramer pratiqua, d’après la méthode de Langenbeck, la résection de 6 cent. de l’humérus. On ne trouva ni déchirure, ni relâchement de la capsule, mais un corps articulaire aplati, irrégulier, mesurant un centimètre dans sa plus grande dimension, osseux à l’intérieur et recouvert d’une écorce fibro-cartilagineuse, qui attenait par un pédicule fibreux de 2 centimètres de long au bord inférieur de la cavité glénoïde. — En outre, la tête osseuse avait subi, à sa partie postérieure, une perte de substance notable.

Le résultat ne répondit pas à l'attente de Cramer. Sous l’influence du traitement consécutif, les muscles reprirent un peu de force, mais les mouvements sont restés limités, et le membre devient toujours douloureux au moment des crises. Malgré cela, la malade se déclare satisfaite.

OBSERVATION XXV (VoLkManx).

Traduit d’après Popke (thèse citée).

A. Voigt, cultivateur, 30 ans, sujet à l’épilepsie depuis 1868. Dernière attaque en septembre 1878. Pendant ces crises, il s’est luxé le bras gauche quatre fois. La dernière luxation a été sous-claviculaire et difficile à réduire (1878). — En 1880, nouvelle luxation, au moment où le malade montait à cheval. Le fait s’est reproduit dans des occasions diverses, cinq ou six fois, la dernière au moment où le malade s’était accroché avec la main gauche pour monter dans un tramway.

D'après le conseil de son médecin de Berlin, M. Voigt se fit faire en 1880 un bandage destiné à empêcher la luxation de se reproduire ; mais le but ne fut pas atteint. La même année, un autre médecin lui fit faire une sorte de corset qui ne fut pas plus utile, car la luxation a eu lieu malgré le port de cet appareil. — Le malade, très affecté, est décidé à se soumettre à n'importe quelle opération.

Etat actuel. — Homme sain et vigoureux. La tête de l’humérus est à sa place normale. La musculature du bras gauche est un peu plus faible que celle de l’autre côté.

8 mars (jour de l’entrée). — Pendant l’anesthésie, faite dans le but de réséquer l'articulation de l’épaule, on essaye d’abord de luxer la tête :

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on n’y réussit qu’à moitié. Même par des mouvements précipités et forcés, on arrive seulement à une subluxation : la tête se porte vers le côté externe de l’omoplate, et rentre facilement en place avec un bruit de claquement. Comme le malade est résolu, pour guérir, à accepter même une diminution de sa force, on commence immédiatement a résection, qui est faite par l’incision antérieure habituelle.

On ne trouve aucune déchirure de la capsule. On l’incise donc, pour faire la résection typique. La tête, recouverte de son cartilage normal, présente une perte de substance à la partie postérieure. La cavité glénoïde, au lieu d’être, comme d’ordinaire, un peu plus large en bas qu’en haut, a une forme ovale, ce qui vient de la disparition de sa partie inférieure et antérieure. Sans doute un morceau s’est détaché pendant la première luxation, et bien que le cartilage se continue en ce point, il est probable qu’il s’agit d’une fracture ancienne. A ce niveau, la capsule est détachée de ses insertions, ce qui forme une fente donnant accès dans la bourse sous-scapulaire. Les bords de cette fente sont épaissis Là se trouve un corps dur, un peu pointu, de la grosseur d’un haricot, recouvert d’un cartilage, mais que l’incision montre formé d’un noyau osseux. C’est évidemment le fragment détaché de l’omoplate.

Suture. Un gros drain dans le milieu jusqu’à l’entrée de la bourse sous-scapulaire, deux petits dans les coins de la plaie. Pansement de Lister.

13 mars. — Apyrexie pendant les deux premiers jours ; le soir du 11, 39°6. Rougeur et gonflement de la plaie au niveau des sutures. (Pendant l’opération, la plaie a été fréquemment explorée).

15 mars. — Température normale; le gonflement et la rougeur ont disparu. Issue par les drains d’un pus peu abondant.

20 mars. — Cicatrisation complète, sauf au niveau du passage des drains. La position du bras est bonne. Le malade a un coussin dans l’aisselle pour repousser en dehors la partie supérieure de l’os. Les mouvements passifs sont commencés.

Le 27, le malade sort de l’hôpital, et n’est plus revenu.

NOM du DATE CHIRURGIEN

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