EXPÉRIENCE II
Chien II. — Poids : 20 kilog. T. 39,2. (Est soupçündé d’avoir été mordu depuis peu par un chien atteint de la rage.)
Le 22 mai, anesthésie par le chloroforme. Ablation sur la région du dos d’un lambeau de peau ayant la dimension de la main.
EURE ME Lavage de la plaie avec une solution d’iodol dans l'alcool et la glycérine. Pansement avec la poudre et la gaze d’iodol.
Le 83, T. s, 41. Chien agité, a arraché son pansement pendant la nuit, et n’a pas mangé. Cependant la plaie ne suppure pas, n’a pas de mauvaise odeur. Nouveau pansement dans les mêmes conditions que la veille.
PRE 24, T.s. 39,6. Moins agité, a un peu mangé.
Le 25, T. s. 39,5. Mange bien, est alerte ; en un mot, excellent aspect.
Le 26, T. s. 39,8. Même état. Les urines analysées n’ont pas la réaction de l’iode.
Le 27, T. s. 39,6.
Le 28, T. s. 39, 6.
Le 29, T. s. 39,4. Pas de changement dans l’état général, qui est toujours bon.
Le 30,T. s. 39,4. Le pansement est refait. La plaie bourgeonne bien; granulations vives, rouges. Pas de trace de pus, pas de mauvaise odeur ; diminution très sensible dans la dimension de la plaie. En un mot, la cicatrisation se fait dans des conditions excellentes.
Pendant les neuf jours qui suivent, la température du soir est restée à 39%. Le chien s’est bien porté.
Le 9 juillet, des symptômes de rage étant reconnus, l’animal est rendu à l’équarisseur. À cette époque, la plaie bourgeonnait bien et avait encore considérablement diminué de surface ; elle était légèrement humide et ne dégageait aucune mauvaise odeur. Pas de pus. Tout faisait prévoir une cicatrisation complète à bref délai.
ExPÉRIENCE Ill
Chien III. — Le 1“ mai, poids 6 kilos 500. T. 39,5
Anesthésie par le chloroforme. Un lambeau de peau de forme ovale, ayant 8 centimètres de long et 4 centimètres de large, estenlevé à la région du dos. La plaie est lavée avec une solution d’iodo! dans l’alcoo!l et la glycérine ; cinq points de suture sont appliqués pour réunir les bords; deux drains sont placés, l’un en haut, l’autre en bas.
Pansement à la gaze d’iodol.
Le 2, T. 39,1. Le pansement a été déchiré par le chien, les potuts de suture sont arrachés. La plaie est de nouveau recousue et le pansement refait dans les mêmes conditions que la veille ; de plu, afin de la mettre à l’abri des atteintes du chien, une bonne carapace de collodion est appliquée sur la région et emprisonne au-dessous d'elle une certaine quaatité de poudre d’iodol.
Le 3, T. 39,1. Animal bien portant, alerte et mange bien.
Le 4, T. 39. Même état. -- Iode dans l’urine.
Le 5, T. 38,9. Même état.
Le 6, T. 39. Malgré nos précautions, le chien a arraché son pansement et découvert sa plaie. Néanmoins, celle-ci présente un excellent aspect; pas de pus, pas de mauvaise odeur. Le bourgeonnement se fait au centre et sur les bords. Nouveau pansement.
Le 7, le 8, le 9 et le 10, la température reste à 39°. La plaieest, à la dernière date, de nouveau découverte, mais elle n’a plus qu’une dimension insignifiante. La cicatrisation est faite sur les bords. Quelques jours suffiront largement pour qu’elle soit complètement achevée au centre.
rule 2e
ExPÉRIENCE IV
(Témoin)
Chien I V.— Poids 16 kilos. T. 38,9.
Le 17 avril, anesthésie par le chloroforme.
Incision sur la ligne médiane du dos. Un lambeau de peau, de 12 centimètres de long et large de 4 centimètres environ, est enlevé.
La plaie est lavée avec une solution de sublimé. Plusieurs sutures sont appliquées et maintiennext les bords de la plaie en contact. Un
drain est placé, aux deux extrémités de la plaie.
Pansement complet à l’iodoforme.
Le 18, T. soir 38,8. Le chien a peu mangé, à ARE frissons et reste abattu une partie de la journée.
Le 19, T. s. 39,2. Le pansement a été enlevé par l'animal ; quelques sutures sont arrachées. Nouveau pansement antiseptique avec l'iodoforme.
Le 20, T.s. 39,2. Le chien a mangé, est alerte.
Le 21, T. s. 39,5. Même état, bon aspect.
Les 22, 23 et 24, T.s. 38,8, 39,3, 39,5. Même état.
Le 25,T. s. 39,7. La cicatrisation est faite sur la moitié de la plaie oùles sutures n’avaient pas été arrachées ; donc, réunion par première
intention.
La seconde moitié bourgeonne bien ; pas de suppuration. Pansement
à l’iodoforme.
Du 26 au 29, T. varie entre 39,2 et 39,5. L'animal est bien portant,
mange bien.
Le 4 mai, c'est-à-dire le dix-septième jour après l'opération, la cicatrisation est achevée ; état général très bon. La température est tombée à 38,8 et ne varie plus,
Il me semble nécessaire, en examinant ces quatre dernières expériences et en les comparant entre elles, de signaler plusieurs faits qui m'ont paru intéressants.
L'opération était des plus simples, mais le caractère et le peu de docilité des animaux auxquels nous avons eu affaire ont rendu plus difficile la suite des expériences. Aïnsi nous n’avons jamais pu obtenir une réunion compiète. Les difficultés que nous avions à maintenir les pansements étaient trop grandes. Néanmoins, les résultats me paraissent suffisamment concluants en faveur du pansement à l’iodol. La réunion par seconde intention se faisait toujours d’une manière régulière.
Nous n’avons pas eu un seul accident d'intoxication ; cependant les doses d’iodol que nous avons employées ont éié assez fortes et assez souvent renouvelées, et, de plus, nous avons constaté de l’iode dans l'urine.
Pas de mauvaises odeurs, pas de suppuration, sauf pendant deux jours chez le chien [. Mais ce résultat, peu favorable en apparence, n’infirme pas nos conciusions, si nous nous rappelons que l’animal avait arraché son pansement et avait eu ainsi sa plaie en contact pendant près de vingt heures avec toutes les saletés du chenil.
Les granulations ont été aussi belles, aussi vives qu’avec l’iodoforme.
Po —
Chez deux de nos chiens, les n°*I et II, nous avons constaté au début un peu de fièvre. Son explication est facile : pour le premier, nous pouvons invoquer, sans nous y arrêter, les mêmes causes qui avaient amené la suppuration. Quant au second, nous ne trouvons pas extraordinaire que le jour qui a suivi l’opération dans laquelle nous avons enlevé un lambeau de peau considérable, et irrité ainsi tous les filets nerveux sous-cutanés, il ait eu une légère fièvre. Le choc traumatique seul paraît en être la cause.
En un mot, la cicatrisation se faisait aussi régulièrement qu'avec Piodoforme, peut-être cependant un peu moins rapidement. Mais que nous importent quelques jours de plus pour la cicatrisation d’une plaie, si nous pouvons, par des agents aussi sûrs, bien qu’un peu plus longs, arriver au même résultat, et éviter en même temps cette odeur désagréable de l’iodoforme qui infecte les malades aussi bien que ceux qui leur prodiguent leurs soins.