‹ Étude Sur L'Office De Girone En L'Honneur De Saint CharlemagneChapitre 39 sur 68 · Cf. Schneegans, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Cf. Schneegans, op. cit., pp

Mais d’abord, pour bien apprécier les mérites des deux récits, il faudrait ne pas attribuer au rédacteur de l'Office des erreurs qu'il n’a pas commises. Nous avons déjà, à propos d’une précédente lacune de ce texte, montré que l’on pouvait très bien entendre la première phrase de la leçon IX, que M. Schneegans prétendait n'avoir aucun sens, et qui dit qu'après la fondation du cloître d’Amer, Charlemagne « rediit ad montem de Barufa » *. Il ne faut incriminer ni la tradition, ni la conception du texte, et le passage correspondant du Tractatus, pour être plus développé et plus détaillé, n’est ni plus logique nt plus clair.

Une autre erreur, attribuée par M. Schneegans à l’auteur de l'Office consisterait dars la fausse identification de la localité, appelée par lui Sent Madir, avec Sainte-Marie de Amer. Si, en effet, il avait identifié ces deux localités distinctes et distantes, en réalité, de plusieurs kilomètres ?, lPerreur serait d'autant plus significative qu'elle ne se retrouve pas dans l’autre texte. La chose, il est vrai, serait assez surprenante de la part d’un clerc, qui semble, par aïlleurs, connaître très bien la topographie des environs de Girone. Mais, en réalité, si l’on se reporte à son récit, on ne voit nullement, qu'il ait confondu, identifié ces deux endroits. Il y est dit, sans doute, que Charlemagne s'étant engagé dans le val d Astoll passa par « Sent Madir », puis marcha à la rencontre des Sarrasins, les mit en pièces:et fonda, sur le lieu même de la victoire, un cloitre consacré à la Vierge Marie. Mais, vouloir entendre epressus au sens strict de « sortir », et ihidem comme tenant la place de Sent Madir, c’est s’exposer'à ne pas comprendre un auteur, qui écrit avec clarté, mais non sans quelque mollesse, et qui recherchait d'autant moins la précision, qu'il était bien sûr d’être compris de ceux auxquels il s’adressait. Il est naturel d'admettre, qu’un certain temps s’est écoulé entre le

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2. D’après Rocher, Sen Madi et Sainte-Marie de Amer sont respectivement à 7 et à 18 kilomètres de Girone. Cf. op. cit., p. 78, note 4. De même Villanueva nous dit, ce qui concorde parfaitement, que le monastère de San Emeterio y San Gènis, qui a donné à Sen Madi son nom, était à trois heures de marche à l’est de Amer. Cf. Wüaje literario, XIV, p. 218.

départ de Sent Madir et la rencontre avec les Sarrasins et que le lieu du combat, où Charles fit élever un monument de sa victoire, est situé à quelques kilomètres de cette localité, où il avait fait étape. Il n’y a donc sur ce point, dans l'Office, ni erreur, ni fausse identification.

Est-il vrai, d'autre part, que l’auteur ait volontairement omis des épisodes essentiels, dont labsence rend obscures certaines des démarches de Charlemagne? Ce ne saurait assurément pas être le cas de celui, qui est relatif à l’approvisionnement, en pays ennemi, de l’armée de Charlemagne. Si M. Schneegans le trouve vraiment essentiel *, il faut cependant reconnaître que son absence ne nuit en rien à la clarté du récit de l'Office. Au contraire, sa présence n’est pas sans introduire quelque vraisemblance dans l’autre texte. Lors de son départ pour la Catalogne, Charlemagne, selon la donnée du Traclatus, avait pris soin d’expédier, par mer, un convoi important d'hommes et de vivres, afin d'assurer le succès complet de cette expédition. Pendant tout le reste du récit, on ne parle plus de ce convoi, et ce n'est qu'arrivé presque devant Girone que l’empereur paraît s'inquiéter de ce qu'il est devenu. Il se préoccupe, du reste, uniquement des approvisionnements, sans dire un mot des troupes, et quand on lui dit que la flotte est arrivée au port de Las Medas ?, il ordonne de faire convoyer les vivres jusqu’au mont de Ramis, probablement en remontant la vallée du Ter, c’est-à-dire en traversant un pays complètement aux mains de l'ennemi. C’est le Tractatus qui, en imaginant cet épisode, choque ouvertement la vraisemblance, et, s’il n'existait pas, loin d’être altéré, le récit n’en irait que mieux.

Reste l'épisode de linvasion des rois d'Aragon, d’Urgel et de Navarre, qui motive la marche de Charlemagne dans le val d’Astol, laquelle se termine par sa victoire à Amer. Il est certain, qu'il nous fournit une explication plausible pour cette expédition, que nous-

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