Cf. Schneegans, op. cit., p
comme on l’a cru, l’une des sources de l'Office liturgique ? C'était l'opinion de De Marca', de Gaston Paris ?, et M. Demaison avait accepté leurs dires 5. Et, sans doute, il est infiniment probable, que le clerc de Girone connaissait un ouvrage, dont la popularité au moyen âge fut universelle dans le monde des clercs et même ailleurs. Mais on ne voit pas ce qu’il aurait pu lui emprunter 4. Sur le fait même de la prise de Girone, il en savait plus long que le Pseudo-Turpin, à supposer même que l’auteur de celui-ci ait véritablement connu une tradition relative à ce prétendu événement 5. En outre, cette chronique, qui raconte avec tant de détails les événements relatifs à l’expédition de Roncevaux, est muette sur celle, qui aurait conduit Charlemagne à travers les Pyrénées orientales, la seule, à laquelle on pût rattacher la conquête de Girone.
Il'n’y aurait qu’un trait, du reste accessoire dans le récit de l'Office, qui pourrait être une réminiscence du Pseudo-Turpin. Ce sont les mots, par lesquels l’auteur explique, que Charlemagne voulut aller en Espagne, pour obéir aux ordres de saint Jacques. Ils rappellent en effet, la triple apparition, par laquelle s'ouvre le récit du Pseudo- Turpin, et où saint Jacques enjoint à l’empereur d'entreprendre l'expédition, dont la narration va suivre 6. Mais est-il nécessaire d'expliquer cette ressemblance par une imitation directe du Pseudo- Turpin ? Saint Jacques étant le patron de l'Espagne, la croyance à son intervention pour décider Charlemagne à agir était, sans doute, une croyance populaire, soigneusement entretenue par le clergé. Il est vrai, que l'Office paraît se référer plus expressément à la forme particulière donnée par la chronique aux avertissements de saint Jacques. Sans doute, Pallusion à ces ordres ne comporte pas nécessairement, qu'ils aient été transmis à l’empereur lors d’une appari-
Cf. De Marca, Marca hispanica, p. 250.
Cf. Gaston Paris, Histoire poétique de Charlemagne, p. 270.
Cf. Demaison, Aimeri de Narbonne, 1, p. 233.
Cf. Schneegans, op. cit., p. 75.
CRESAPTANDATE
Cf. Turpini historia Karoli Magni et Rotholandi, Chap. 1, édition Castets, PP: 2-3.
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tion du saint, mais l'importance, attribuée par Office à la triple apparition de la Vierge et des saints Jacques et André, semble bien provenir de limitation d’un modèle, où figurait une scène de ce genre.
Toutefois, si cet épisode de l'Office a été inspiré par le récit d’une apparition de saint Jacques, le modèle peut avoir été tout autre que le Turpin et il existe, en eflet, un autre office de saint Charlemagne, celui que lui avait consacré l’église d’'Halberstadt : dont la deuxième leçon raconte, que saint Jacques apparut un jour à l’empereur endormi pour lui reprocher de n'avoir pas encore délivré son pays, et lui annoncer que Dieu l’avait choisi pour en chasser les Sarrasins. Tout cet office est un abrégé du Turpin et il en reproduit souvent les termes 2. Comme, selon toute vraisemblance, le rédacteur de l'Office de Girone a connu et comparé différents offices consacrés à Charlemagne, on peut se demander, sil n'aurait pas connu en particulier celui d’Halberstadt et si ce n’est pas à lui, qu'il aurait emprunté directement l’idée du patronage de saint Jacques et celle de l’apparition, qui fixe à l’empereur la tâche à accomplir. Il se serait borné, dans lapparition même, à réserver le premier rôle à la Vierge, en raison du fait que la cathédrale de Girone était sous son invention et à adjoindre à saint Jacques, saint André. Si, au contraire, on préfère retrouver là un souvenir du Turpin, ce qu’il faut bien retenir, c'est que c’est le seul trait que celui-ci aurait fourni à POffice. II n'intéresse, à vrai dire, en rien ni la légende de Girone, ni celle des événements, auxquels l’auteur de l'Office a voulu rattacher la prise de cette viile.
Il y avait, au contraire, un récit, ayant sensiblement le même caractère, conçu peut-être même à l’imitation du Pseudo-Turpin, qui pouvait fournir à l’auteur de l’Offce liturgique, ce que précisément celui-ci recherchait. Nous avons déjà vu, que ce Pseudo-Philomena,