‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 10 sur 88 · LE CULTE DE SAINT CHAKLEMAGNE A GIRONE · texte numérisé non relu

LE CULTE DE SAINT CHAKLEMAGNE A GIRONE

Jusqu'ici, quand on a étudié l'Office de Girone, l'on ne s'est guère préoccupé, senible-t-il, de préciser l'histoire du culte local, dont il est une des manifestations. Cette histoire cependant, en ellemême déjà fort curieuse, intéresse directement la tradition du texte.

Il importe, en effet, de savoir, à quelle date le culte de saint Charlemagne a été établi à Girone, afin de voir quand l'Office a pu être composé tel qu'il est, et de reconnaître l'âge des traditions mises en œuvre. Sur ce premier point une obscurité règne, qu'on a de la peine à s'expliquer. A en croire M. Schneegans, il faudrait reculer l'mstitution de ce culte à une date inconnue, mais certainement très ancienne '. Au moment, où nous la trouvons attestée pour la première fois, elle aurait déjà un long passé.

Il f^mt pourtant reconnaître, quelque désir qu'on ait de vieillir et de rendre vénérable ce culte local, qu'il suppose la canonisation de Charlemagne et qu'il est par suite postérieur à 1165. On sait, comment, cette année-là, l'empereur Frédéric Barberousse, dans un dessein politique au moins autant que par piété, s'employa à faire proclamer solennellement la dévotion et les mérites de celui, dont l'opinion populaire avait dès longtemps fait un saint. Selon son désir, Reinald, archevêque de Cologne, canonisa Charlemagne et l'antipape Pascal III, qui devait son élévation à Frédéric, donna son approbation. Quelque irrégulière que fût l'origine de ce culte, Alexandre III n'osa pas défaire ce qu'avait fait son rival. Ses successeurs, à leur tour, n'eurent garde de le désavouer et, si aucun d'eux ne

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