‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 23 sur 88 · Cf. Espaùa Sagrada, XLIII, p. 42 et XLIV, p · texte numérisé non relu

Cf. Espaùa Sagrada, XLIII, p. 42 et XLIV, p

LE TKXTK DH L OFFICK I.ITURGIQ.UE 47

seul '. Hnfin, ilconiplùte lui-mêmcct corrige l'indication trop peu précise touchant l'endroit, où ledit bréviairese trouve. Il dit, à plusieurs reprises, que le Bréviaire de 1339 est conservé à la « Notaria cpiscopal » de Girone, et que c'est à lui qu'il a emprunté le texte de l'Office de saint Charlemagne ^ C'est, en effet, à la « Xotaria episcopal », appelée plus communcinent aujourd'hui. « Ciirid del Vicariat », c'est-à-dire au secrétariat de l'évèché, que le précieux Bréviaire a longtemps appartenu, et c'est là que le P. l-"ita l'a vu et étudié '. Ainsi, il n'y a pas lieu de distinguer deux bréviaires, celui qu'a utilisé YEspana Sagrada, et le Bréviaire de 1339- Les deux ne font qu'un, et c'est ce manuscrit unique, qui, seul, nous a conservé le texte de l'Office liturgique.

Ce qui rend plus précaire la tradition de l'Office, c'est qu'actuellement ce Bréviaire lui-même semble avoir disparu.

Nous ignorons, quelle fut sa destinée, après qu'il fût sorti des mains de Vital de Blanes, son premier possesseur ', mais, à une date que nous ne connaissons pas non plus, il fut recueilli par les archives particulières de l'évèché. C'est là que Florez le vit, et qu'il copia, d'après lui, l'Office de Charlemagne, et c'est là aussi, qu'en 1873, le vit le P. Fita, celui qui semble l'avoir consulté pour la dernière fois. En 1902, c'est encore là que les chanoines de la cathédrale aimaient à penser, qu'il se trouvait. D'une lettre, que nous écrivit le doyen du chapitre, il résulte, en eflet, qu'à cette date, on considérait que le Bréviaire était toujours aux mains de l'évèque ou dans sa « notaria ». C'est laque je devais m'adresser, ajoutait mon honorable correspondant, pour pou\oir le consulter. Cependant, à l'endroit indiqué, on n'a pas pu nous le montrer. Le manuscrit,

1. Cf. Ii.<p(ii'ni Sii<;nul(i, XLIII. pp. -\l et 5).S. XI. I\', p S4-

2. Cf. liiptii'm Saj^iiidii, XI. 111, pp. 42, 77, ^58. 5. Cf. 1-idcl Fita, op. cit., Rciiaxcns.i, 111, p. 22. |. .|. Cf. siipni, p. 261.

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nous fut-il répondu, était aux mains de l'évéquc lui-niémc, qui en avait assumé la garde. Mais, ayant voulu le chercher là, où on nous disait qu'il était, nous n'avons plus pu en retrouver la trace. Une des personnes de l'entourage immédiat de l'évêque, qui avait bien voulu lui transmettre notre désir, nous répondit, en son nom, qu'on ne se souvenait pas d'avoir vu le précieux Bréviaire et qu'on ne savait pas ce qu'il était devenu. Ce sont là tous les renseignements que nous avons pu recueillir.

Le désordre, qui règne dans les archives de Girone, et la négligence de ceux qui en ont la garde, ne suffit pas à expliquer la disparition de ce manuscrit. Il ne s'agit pas, en effet, d'un document quelconque, mais du plus ancien bréviaire de l'église de Girone, signalé, dès longtemps, à la sollicitude de ses gardiens, par l'intérêt considérable qu'il présentait pour l'histoir? de cette église. On le connaissait bien, et à Girone même, puisque, d'après les renseignements qui nous étaient fournis, nous avons pu le suivre jusqu'au moment, où il passe aux mains de l'évêque. Et, pourquoi, celui-ci, lui-même, aurait-il revendiqué le soin de le garder, sinon parce qu'il le tenait pour très important et pour très précieux ?

Dès lors, une supposition se présente à notre esprit, qui pourrait bien être la vérité même. Une des particularités du Bréviaire de 1339 était la présence de l'Office liturgique de Charlemagne, qu'il était le seul à nous conserver. C'était ce qui le signalait surtout à la curiosité de l'historien, et ce que n'avaient pas manqué de relever Villanuevaet Florez. Il était le témoin, — presque le seul — , du culte singulier, voué par cette église de Girone, au saint empereur. Sa présence devenait gênante du jour, où celle-ci se décidait à renier la dévotion qu'elle avait eue pour lui. Or, l'on sait que l'initiative d'un de ses évêques la poussa un jour à le faire '. Nous avons cité plus haut le « décréta », par lequel, le 2 mars 1883, l'évêque don Thomas Sevilla y Gêner bannit de la cathédrale la statue de Charlemagne, qui, en dépit des vicissitudes subies par le culte du saint, était toujours restée dans la chapelle des Saints Martyrs. Les motifs

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