Cf. supra, p. 6i
2. D'après Rocher, Sen Madi et Sainte-Marie de Amer sont respectivement à 7 et à i8 kilomètres de Girone. Cf. op. cit., p. 78, note i. De même Villanueva nous dit, ce qui concorde parfaitement, que le monastère de San Emeterio y San Gènis, qui a donné à Sen Madi son nom, était à trois heures de marche à l'est de Amer. Cf. Viaje lilcrario, XIV, p. 218.
LE TRACTATUS DF CAPTIOXE GERUSDE 89
départ de Sent Madir et la rencontre avec les Sarrasins et que le lieu du combat, où Charles fit élever un monument de sa victoire, est situé à quelques kilomètres de cette localité, où il avait fait étape. Il n'y a donc sur ce point, dans l'Oftice, ni erreur, ni fausse identification.
Est-il vrai, d'autre part, que l'auteur ait volontairement omis des épisodes essentiels, dont l'absence rend obscures certaines des démarches de Charlemagne? Ce ne saurait assurément pas être le cas de celui, qui est relatif à l'approvisionnement, en pays ennemi, de l'armée de Charlemagne. Si M. Schneei^ans le trouve vraiment essentiel ', il faut cependant reconnaître que son absence ne nuit en rien à la clarté du récit de l'Office. Au contraire, sa présence n'est pas sans introduire quelque vraisemblance dans l'autre texte. Lors de son départ pour la Catalogne, Charlemagne, selon la donnée du Tractatus, avait pris soin d'expédier, par mer, un convoi important d'hommes et de vivres, afin d'assurer le succès complet de cette expédition. Pendant tout le reste du récit, on ne parle plus de ce convoi, et ce n'est qu'arrivé presque devant Girone que l'empereur paraît s'inquiéter de ce qu'il est devenu. Il se préoccupe, du reste, uniquement des approvisionnements, sans dire un mot des troupes, et quand on lui dit que la flotte est arrivée au port de Las Medas -, il ordonne de faire convoyer les vivres jusqu'au mont de Ramis, probablement en remontant la vallée du Ter, c'est-à-dire en traversant un pays complètement aux mains de l'ennemi. C'est le Trdclnliis qui, en imaginant cet épisode, choque ouvertement la vraisemblance, et, s'il n'existait pas, loin d'être altéré, le récit n'en irait que mieux.
Reste l'épisode de l'invasion des rois d'Aragon, d'Urgel et de Navarre, qui motive la marche de Charlemagne dans le val d'Astol, laquelle se ternfine par sa victoire à Amer. Il est certain, qu'il nous fouriut une explication plausible pour cette expédition, que nous-