‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 53 sur 88 · Cf. Rocher, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Rocher, op. cit., p

3. Cf. Y Histoire admirahle de Notre-Dame du Piiy, du F. Théodose de Bergame, édition Rocher, pp. 255-236.

LK IK.IC'l.rrUS ni: I.AI'IU^M-. (.I-.KLXDI: ^~

revenus, les uns et les autres étant sans doute à l'origine le gage d'une dévotion spéciale, et d'une soumission volontaire à l'antique sanctuaire de Notre-Dame-du-Puy.

Le fait, que nous avons rapporté plus haut, nous montre, qu'on n'avait rien négligé pour assurer la rentrée régulière de ces redevances, et qu'à côté d'une administration, sans doute exacte et vigilante, le chapitre du Puy savait entretenir, parmi le peuple, des légendes pieuses et la croyance à des miracles et à des châtiments, qui frappaient ceux qui étaient tentés de ne pas lui payer ce qui lui était dû. En même temps, nous voyons par là, que ces impôts constituaient une charge, dont on cherchait à se libérer. Les villes et villages devaient aspirer à ne les plus payer, et le clergé local devait, sans doute, les v encourager secrètement, afin de retenir dans le pays les ressources considérables, dont une église étrangère le frustrait.

Nous sommes tentés de voir une tentative de ce genre dans les efforts faits par le chapitre de Girone pour représenter ses rapports avec l'église du Puy comme consistant en une «fraternité », c'est-àdire en une égalité parfaite. En tout cas, ce que l'on sait de l'histoire des deux églises antérieurement au premier texte, où il est question d'une « fraternité », tend à nous faire concevoir, tout autrement, leur situation respective. Pour nous, la « fraternité » tendait à remplacer un état de choses antérieur, aux dépens de l'intérêt de l'église du Pu}-. Elle se manifestait surtout en ceci, que les chanoines des deux chapitres étaient traités sur un pied dégalité. Ils se donnaient mutuellement Thospitalité, avaient le droit d'être hébergés pendant trois jours et de prendre part à la distribution canoniale '.

Chaque fois que, dans un texte, Girone cherche à détinir cette fraternité, c'est ainsi qu'elle le fait, et il n'est plus question ni des quêtes, ni des autres droits perv;us par le chapitre du Puy. C'est un état de choses nouveau, que Girone avait intérêt à voir s'éta-

Page 1