‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 55 sur 88 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

Cf. supra, p

2. Ce procès-verbal se trouve dans un Liber Deliberationum ab anno 1462 ad annum 1473. A l'année 1469 et au fo 87, figure le texte publié par Villanueva, Viaje literario, XII, pp. 272-273, et depuis par Rocher, op. cit., pp. 81-83. En voici les passages les plus caractéristiques : « Tola curia fuit igni consumpta ita quod non

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que, par la perte totale de ses archives, le chapitre est dans l'impossibilité absolue de faire valoir ses droits. Il n'aurait pas conservé un seul de ses titres. Or, quand on visite aujourd'hui les archives de la cathédrale et de l'évêché, on constate leur richesse, même pour la période antérieure à 1469, et l'on ne comprend pas tout d'abord, pourquoi le grand vicaire Alfonsello s'est exprimé, comme il l'a fait, sur l'importance de cet incendie.

Déjà Villanueva s'en était étonné et il en avait conclu, non peutêtre sans quelque ironie, que pour que nous ayons conservé de ces archives tant de documents anciens et précieux, il f;illait que, lors de l'incendie, ils se fussent trouvés dans d'autres pièces qui ne furent pas atteintes par le feu '. UEspafia Sagrada assure, que la perte de tous ces titres gêna beaucoup l'évèque et le chapitre pour le recouvrement de leurs revenus et que le clergé éprouva des difficultés à percevoir les impôts et dîmes qui lui étaient dûs. Hlle dut aussi gêner le chapitre, quand il s'agit d'établir la « fraternité » prétendue des deux églises de Girone et du Puy, à moins que, tout au contraire, cet incendie ne lui ait fourni un prétexte commode pour ne pas justifier des rapports plus que douteux. Qiii sait, sila hâte du chapitre à fiiire attester la réelité de l'incendie, et son désir d'exagérer l'étendue du désastre ne furent pas provoqués par le besoin de se débarrasser, une fois pour toutes, des demandes peut-être gênantes, des chanoines du Puy ?

En tout ca.s, à quelques années de Là, nous voyons un des principaux dignitaires du chapitre du Puy, le fordoyen Pierre Bouvier, venir à deux reprises à Girone, et assurément pour une atîaire d'importance. Sa première visite eut lieu en 1479. Nous avons conservé la lettre, que Pierre Bouvier remit aux chanoines de Girone de la

ii'iiiiitisit processus iwque lihi'r iii'ijite aJiquid (jKOtl non fiierit ii^nc devoiatnm et conibtis-

ttiiii Inepiiiabilf (himutim evfiiit huk ecclesie tt maxime revereudissimo ilomiiio

episcopo et ejus dignitati et coiiseiiiieiiter oiiiiiihus dominis de aipititlo et céleris prelatis et lu'tiijficiatis tociiis diocesis ijiiiit miro iiuodaiii modo processus originales omnium Ciinsariim que ducte fuerant a mille aiuiis citm cuni productione jurium et iustrumenlorum reperiebaulur fidelissime reserval i lanquam in archivo puhlico. » I. CI. Villaïuicva, Viaje literario, Xll, pp. 103-io.j et 126-127.

lOO CHAPITRE IV

part du chapitre du Puy '. Quoique les termes en soient très discrets, et qu'il soit réservé à Pierre Bouvier de s'exprimer plus explicitement sur l'objet de sa mission, on comprend, qu'il s'agissait surtout pour le chapitre du Puy, d'obtenir que ses frères de Girone voulussent bien ne pas négliger les intérêts matériels de Notre- Dame du Puy. Il fait appel à leur bienveillance, a leur cliariié, à leur amour pour sa propre église. Il les supplie. d'avoir toujours en grande considération les affaires et les intérêts de Notre-Dame du Puy. S'agissait-il uniquement, comme semble le croire Rocher, des affaires de la quête ^? Nous ne pensons pas, que le clergé de Girone ait jamais cherché à se soustraire à l'exercice d'un droit, que le Saint- Siège, presque à la même époque, allait étendre à toute la chrétienté K On ne saurait non plus affirmer, que Pierre Bouvier n'avait été envoyé à Girone que pour sceller les liens de « fraternité »entre les deux églises '^. S'il fut question de cette « fraternité », c'est sans doute à un tout autre point de vue. Le représentant du chapitre du Puy avait pour but de défendre surtout les intérêts de son église, et d'assurer la rentrée des « cens et redevances » qu'au nom delà «fraternité» des deux églises, le clergé de Girone était, peut-être tenté, de ne plus payer. Nous croirions plutôt, que la visite du fordoyen se rattachait à des négociations engagées entre les deux chapitres, l'un s'efforçant de faire respecter ses droits anciens, l'autre cherchant à alléger le plus possible des charges financières jugées excessives. Ce qui nous confirme dans cette façon de voir, c'est ce que nous savons de cette visite. Non que nous ayons conservé, expressément formulés dans un document du temps, les demandes précises de Pierre Bouvier, et l'accueil qui leur fut fait, mais le procès-verbal de cette visite, que le chapitre de Girone fit dresser par l'official, mentionne certains détails, qui concordent parfaitement > avec notre

1. Le texte complet en a été publié par Rocher, op. cit., pp. 84-87.

2. Cf. Rocher, Hiimhert d'Alhon, évéque du Piiy^ loc. cit., p. 29.

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