I. Cf. Schneegans, op. cit., pp
LES SOURCES DE L OI 1 ICK LITURCilCIUE 135
jadis Charlemagne était venu délivrer l'Espagne des Sarrasins, et, sans chercher quelle place dans l'expédition avait occupé la conquête particulière de leur ville, ils affirmaient, qu'elle était au nombre de celles, que Charlemagne en personne avait libérées. Au contraire, si l'auteur de l'Office a vraiment voulu donner une version vraisemblable et, en un sens au moins, officielle de cet événement, il était naturel, qu'il cherchât à l'expliquer et, sinon à le dater de façon précise, du moins à le situer dans l'histoire, en le rattachant expressément au fait historique de l'expédition de Charlemagne en Espagne.
La chose, sans doute, eût pu être malaisée, s'il s'en était tenu aux données de l'histoire réelle. Celle-ci ne connaît, en eftet, que la très courte campagne de 778, qui eut pour épilogue Roncevaux, et dont le théâtre était trop éloigné de Girone, pour qu'on pût y rattacher avec vraisemblance la prise de cette ville. Mais la légende avait, de bonne heure, non seulement grossi démesurément l'importance de cette expédition, mais elle l'avait, en quelque sorte, dédoublée. Elle avait imaginé une seconde expédition, qui aurait conduit l'empereur à travers la partie orientale des Pyrénées, pour l'amener en Cerdagne et en Catalogne, dans le pays de Girone '. Et la légende, en raison de son extrême diffusion, passa bientôt pour de l'histoire.
Au surplus, de quelque autorité, dont, sur ce point, elle ait pu jouir, il est inutile de supposer, que l'auteur de l'Office liturgique ait eu recours à elle et qu'il lui ait emprunté la matière des cinq premières leçons et ce prologue de la prise de Girone. Il y avait des récits, auxquels tout le moyen âge accorda la plus grande autorité, et qui, n'ayant le plus souvent utilisé que des légendes, passèrent pour des textes historiques, en raison de leur origine et de la personnalité présumée ou réelle de leurs auteurs. Les scrupules, qui pouvaient empêcher l'auteur de l'Office de mettre à contribution les récits et les légendes poétiques, ne devaient pas lui interdire de se référer à un texte tel que le Pseiiilo-'rnrpiii.
L'a-t-il réellement fait, et cette chronique est-elle vraiment,