‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 76 sur 88 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

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Li:S SOURCES DE L OriICE I.ITURGIQ.UE I39

Or, il n'y a pas lieu de douter, qu'il l'ait, en effet, connu. Si la popularité de ce texte n'égala pas, peut-être, au moyen âge celle du Pseudo-Turpin, on peut affirmer cependant, qu'il fut très répandu, non seulement dans le monde des clercs, mais encore dans le grand public. Ainsi s'explique notamment l'existence de la traduction en langue vulgaire provençale, qu'on a, longtemps et à tort, considérée comme la rédaction originale, qu'on aurait plus tard mise en latin.

Mais en outre, il y avait des raisons spéciales, pour que le Psciido- Philomena fût connu, en 1345, du clerc qui composa l'Office liturgique. Il existait, en effet, des relations très étroites entre Girone et l'abbaye de La Grasse. En 1019, dans une assemblée réunie "à Girone pour discuter sur la réfection de la maison du chapitre de Sainte-Marie, nous trouvons entre autres prélats et dignitaires délibérants, à côté de l'évêque de Carcassonne, l'abbé lui-même de l'abbaye de La Grasse, « abbas Bernhrdiis Sanctae Mariae Crassae » '. L'abbé de La Grasse figure encore dans un acte de l'église de Girone daté de 103 1 ^. Enfin nous savons, qu'en 11 17 le comte de Barcelone, Raimon Bérenger soumit expressément à l'abbaye de La Grasse le monastère de Saint-Pierre de Galligans, qui se trouvait dans le voisinage de la cathédrale de Girone '. C'est l'abbé de La Grasse, qui, en vertu de ce droit nouveau qui lui était conféré, choisit lui-même l'abbé et les moines, qui devaient vivre dans ce cloître '>. Il y avait donc des raisons, pour que, à Girone, on fût informé de ce qui concernait l'abbaye de La Grasse, et qu'en 1345 un clerc de la cathédrale pût connaître le texte, où celle-ci, au siècle précédent, avait fait fixer son histoire.

En fiiit, l'auteur de l'Office liturgique a connu et infité le Pscndo- Phlloincna. Celui-ci est, avec la légende locale, la seule source, qu'il ait vraiment utilisée. A la légende locale il emprunte tout ce qui con-

1. Cf. Villaïuicva, J'iiijr lilenirio, XII, p. 512, et Hisloirr de l.iiin^iii-Joi, W p. 479.

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