I. Cf. supra, p
ils étaient introduits dans le récit, on avait supposé, qu'ils avaient été empruntés à un récit plus complet, où ces héros avaient un rôle plus marqué et on avait pensé, que cette source ne pouvait être qu'une source épique '. De ces deux hypothèses, la première seule se trouve vraie. Le Pseudo-Philonicna est bien le récit largement développé, qui accordait un rôle important à Roland et cà Turpin, et auquel l'Office les a empruntés, mais s'il a lui-même puisé à l'épopée, il ne peut cependant passer pour un récit épique.
Enfin, l'imitation du Philomeua et l'autorité considérable accordée à ce récit par l'auteur de l'Office, expliquent peut-être l'altération, du reste négative, qu'il semble avoir fiiit subir à la légende locale sur le fait particulier de la prise de Girone. Si, en effet, celle-ci opposait à Charlemagne, comme défenseur de la ville, le roi Mahomet % il était curieux de constater, que l'Office, en relatant l'événement, passait tout à flxit sous silence la personnalité de ce roi K Etait-ce par souci de la vérité historique et parce que ce clerc pouvait, comme nous-mêmes, douter de l'existence de ce Mahomet?
C'est possible, mais il faut noter aussi, que \ii Philomeua, qui, lui, d'une fiçon ou d'une autre, avait su qu'un roi de ce nom avait existé, racontait expressément, que ce roi Mahomet était mort dans une expédition entreprise pour venir au secours de Narbonne, par suite bien avant la prise de Girone par Charlemagne +. On comprend, qu'entre une tradition populaire et l'affirmation d'un texte tel que le Pseiulo-Philomenay l'auteur de l'Office n'ait pas hésité. Il devait sacrifier la légende à ce qu'il croyait être l'histoire et, ainsi, l'influence de ce récit se retrouverait jusque dans la façon, dont le clerc de Girone aurait traité les traditions locales.