‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 5 sur 114 · LOIFICE LITURGIQUE ET L HISTOIRE POÉTIQUE DE GIRONE · texte numérisé non relu

LOIFICE LITURGIQUE ET L HISTOIRE POÉTIQUE DE GIRONE

Ernaut « de Girone ». Sa personnalité épique est faite du rôle, que lui attribue la légende dans l'histoire de la ville espagnole'. Il est (( celui qui tient Girone », celui qui la défend contre les Sarrasins, ou qui \a à son secours, quand ceux-ci Tassiègent.

Sur ce point, il est vrai, les récits différent et de façon assez sensible. Dans le Département lies fils d' Aimeri -, c'est Aimeri, qui envoie son fils Ernaut au secours de la ville. Elle est au pouvoir des chrétiens et tenue par Savari, un « conte gentil », contre les païens, qui en font le siège. Mais Ernaut la délivre, en récompense de quoi il demande et obtient la main de la fille de Savari, Béatrix, qui lui assure ainsi la possession du pays de Girone. Au contraire, les allusions de V Aimeri de Narbonne nous le montrent en possession de la ville K C'est lui-même, qui s'y trouve assiégé et qui doit repousser les attaques des douze hls de Borrel le « desfaé ». Enfin, le Girard de Roussillon raconte, qu'Ernaut, fâché contre son roi, lui dit un jour : « Sire roi, votre amour ne m'est pas profitable. Làbas, du côté de l'Espagne, tu m'as placé en bordure ; je suis assailli par les païens du monde entier^. » Sa mise en possession de Girone semble dater de la constitution de la marche d'Espagne, consécutive à la conquête du pays sur les Sarrasins. Ainsi, ni le Département, ni VAimeri, ni le Girard de Roussillon n'attribuent à Ernaut l'honneur d'avoir, le premier, pris Girone. Son rôle héroïque, d'après eux, se serait manifesté, non pas lors de la prise de la ville par les chrétiens, mais à l'occasion de tentatives fiiites par les Sarrasins pour la reprendre.

Le Fragment de la Haye lui-même, à supposer que la ville, dont il nous raconte le siège, soit bien Girone >, ne conçoit pas les choses

1. Le poème d'Elie de Saint-Gillc i^st peut-être le seul qui fasse d'I:rnaut l'un des Narbonnais, sai'îs mentionner jamais Girone comme son fief. Mais le caractère assez particulier du poème et de la légende mise en œuvre suffit peut-être à expliquer cette singularité.

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