‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 7 sur 114 · Ct". Suchier, Le^ Xarhoniuiis, II, i.xxiv · texte numérisé non relu

Ct". Suchier, Le^ Xarhoniuiis, II, i.xxiv

l'oMTCH liturgique et l'histoire POÉTiaUE DE GIRONE 5

guerre d'Espagne. Elle aurait eu lieu, sans doute, lors de l'expédition fameuse, qui dans l'imagination populaire prit les proportions que l'on sait, c'est-à-dire aux environs de 780.

L'événement, il est vrai, n'a rien d'historique. Il n'y a pas lieu de s'arrêter aux dires de certains historiens trop partiaux, qui n'admettent même pas, qu'on puisse mettre en doute la réalité de la prise de Girone par Charlemagne. C'est ainsi, que l'auteur d'un travail, auquel nous aurons souvent l'occasion de renvoyer le lecteur, la considère « comme un fait de la plus frappante exactitude » K II est vrai, qu'il ne se préoccupe pas de savoir, quand elle eut lieu - et qu'une affirmation de la Chanson de Roland l'emporte, à ses yeux, sur le témoignage des documents les plus authentiques \ Quand il veut nous convaincre par le déploiement d'une érudition sans critique, il ne remarque pas, qu'aucun des nombreux textes rassemblés par lui n'atteste formellement la prise de Girone par Charlemagne ^

Toutes ces chroniques ne mentionnent, en effet, à l'année 778, que son entrée en Espagne et la prise de Pampelune, qui fut^ à n'en pas douter, l'épisode le plus marquant" de l'expédition. Elles parlent bien d'autres villes, emportées d'assaut par Charlemagne, ou qui auraient fait leur soumission entre ses mains, mais rien ne nous autorise à penser, que Girone était nécessairement du nombre. Si l'on excepte deux notes, dont Dom Bouquet et les Bollandistes accompagnent le passage de la Fila Karoli d'Eginhard, où est mentionnée cette expédition >, il n'y a qu'une chronique, — les Annales

1. Cf. Roclier, Les rapports Je VLorlise du Puy et de la ville de Girone, pp. 43-44.

2. <f Ce siè2;e eut-il Heu en 778011 785, cela nous importe peu ». Rocher, op.

cit., p. 284.

5. Comme Charlemagne n'est allé qu'une fois en Espagne, en 778, et pour très peu de temps, on ne voit pas le moyen de situer dans le cours de cette expédition la prise particulière de Girone. Mais cela n'embarrasse pas M. Rocher. Faisant allusion aux premiers vers du poème, il déclare sans hésitation : « La Chanson de Roland dit qu'il est resté sept ans, et elle ne peut reposer sur un mensonge. » Cf. op. cit.^ P- 43-

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