‹ Étude sur la détermination des feldspaths dans les plaques minces au point de vue de laChapitre 6 sur 31 · I. — SECTIONS EN ZONES · texte numérisé non relu

I. — SECTIONS EN ZONES

A. ZONE PERPENDICULAIRE A ^* (OlO)

I^ zone, de beaucoup la plus utile, est celle dont les sections sont perpendiculaires à y« (010), cVst-ii-ilire au plan d'aj»latissement des microlites feldspathiques.

On la reconnaît facilement à plusieurs caractères précis que nous allons d'abord énumérer: l*" c'est la zone de symétrie de la macle de Talbite. Les lamelles (1) et (!') s'y éteignent donc symétriquement de part et d'autre de la ligne de macle et, si Ton tient compte du signe optique de la direction d'extinction, cette condition nécessaire est aussi suffisante.

2" Les sections de cette zone sont perpendiculaires à g^ (010) qui

3u DÉTERMINATION DES FELDSPATHS

est, «'Il même temps, la face d'association des macles de Talbite et de Carisbad et un plan d'aplatissement favori des plagioclases. De ces proprii^'ti^s dc^^ci^ulent deux conséquences importantes : la ligne de jonction des macles de lalbite doit être extrêmement fine et rectiligne sans parties floues. En outre, les microlites feldspathiquesy si petits qu'ils soient, traversent alors normalement la plaque mince ; ils semblent allongés suivant cette trace ; leurs contours sont nets, leur biréfringence est celle que comporte l'épaisseur totale de la plaque mince, pour l'orientation optique considérée dans chaque cas.

3" I^s méthodes d'éclairemenl commun (positions d*égale intensité lumineuse) que j'ai décrites», donnent un moyen délicat et tout à fait pratique de déterminer si Ion a affaire à une section appartenant à la zone de symétrie perpendiculaire à y» (010) :dans ce cas, les huit positions d'égale intensité lumineuse des individus (1) et ' i') macles suivant la loi de Talbite, se distribuent de la façon suivante : quatre d'entre elles, comportant l'égal éclairement de (1), de (!') et de leurs recouvrements, sont à 45** de part et d'autre de la ligne de macle; les quatre autres, comportant l'égal éclairement de (1) et de (!') seulement et la compensation des parties de recouvrement, se produisent quand un des plans principaux des Xicols croisés et par conséquent un des fils du réticule coïncident avec la ligne tle macle. Dès lors le procédé consiste à placer la section dans une de ces quatre positions ; si elle appartient à la zone de symétrie en question, l'éclairement commun des deux séries de lamelles (1) et (!') se produit; elles paraissent appartenir à un môme cristal et ne sont séparées les unes des autres que par de très fines petites lignes noires. La méthode est extrêmement délicate et, à la moindre obliquité, l'éclairement commun ne se produit plus.

Si le microscope est muni d'une platine mobile autour d'un axe horizontal, telle que les dispositifs récemment préconisés par M. de Fédoroir, on peut amener la trace y* (010) à coïncider avec cet axe, puis par une rotation convenable, on établit l'éclairement commun. Pour arriver commodément à ce résultat, il est néces-

* V(»U* Minéraux de» Hoches, chap. iv, j». 73, et 81, cas des ellipses E' identiques.

sairo que Taxe do rotation horizontal soit parallMoà un dos fils du réticulo. Au niomont procis où ri^clairement commun se produit, le pinceau de rayons parallèles qui sort suivant Taxe du microscope .a traversé la plaque mince parallèlement à y* (010). Il est facile de calculer la déviation qu'il a subie dans Tair et par conséquent de déduire de la rotation effectuée Tinclinaison réelle de la face primitive sur y* (010).

i' Ainsi, en choisissant les sections à étudier, ou même en modifiant légèrement leur orientation au moyen d'une platine convenablement agencée, on peut étudier de nombreuses sections de la zone de symétrie perpendiculaire à y» (010); parmi les microlites de petite taille, ce sont elles qui sautent aux yeux. Il ost même possible d'explorer leur voisinage, soit en considérant les sections légèrement dissymétriques, soit en utilisant une platine spéciale.

I/?s épures jomtes à ce mémoire permettent de lire d'un seul coup d'œil la nature et le sens aes modifications que cornportent une série de sections dont les pôles seraient situés à 80" ou 70'* des pôles ^* (010) ; il suffit de suivre les extinctions inscrites le long des parallèles immédiatement voisins de la trace de g^ (010) (diamètre vertical).

5^ Le tracé relativement rigoureux des courbes des extinctions dans la zone de symétrie en question a été reproduit figure 2. Il fixe de la façon suivante les maxima afférents aux principaux feldspaths :

Albile kb — iô'

Oligoclase A^^ An, -f 1"

Oligoclase A63 An, -f :»**

Andésine A65 Xn^ 4-1 li"

Labrador A6, An, -f- iîT"

Labrador basique Ab^ An^ -f :i8 •

Anortbite A6,, An,oo + •*'^"

(Des maxima, à eux seuls, suflisent, comme on le» voit, à caractériser les oligoclases (0 à 5"), les andésines basiques (plus de 16", moins de 22"), les labradors (de 22 a :{o''), les bytownites (de 35 à 45"), enfin les anorthites (au-dessus de 45"). On verra plus loin, au paragraphe consacré à la fréquence de certaines extinctions,

IIKTERIIINATION DES FELDSPATIIS

^y Fs' - *'ff'

— ^*«fc^^

-1— JAlbilr

n^rr/; 1

TT

.OlièodaMAb^Ai^

Ldwador At),An,

Anortlùtr Ab^Au,^

Flg. S. — Courbes iip« Piliiictions diins la. tant pcrpenAieuWint i g' (010). 1*» iniiH lAtfiM w rapiioptpni :un lumcUe* {IJ. Ips ]inim« lonfi* mu lamelle, (l-) maclée* tU(ï»nl I» lui ilp C»rl>Wt i-t ensuite de ralhiip.

DANS LES PLAQUES MINCES :u

que la recherche de ces màxinia est loin d\>tre pénible et n'exifçe ni de longues recherches, ni des lectures nombreuses ; ils se présentent pour îufei^ire d'eux-rn^mes à lobservateur et, pour les microliles, il n'y a pas lieu de rechercher s'il en existe côte à côte de natures très différentes : dans l'immense majorité des cas, les microlites se sont formés rapidement et présentent une grande prédominance d'une seule espèce de plagioclase.

11 n'y a indécision qu'entre les albites et certaines andésines acides. Tous nos efforts doivent donc tendre à lever celle indécision qui, seule, ôle à la zone de symétrie perpendiculaire à y» (010) la propriété d'être constamment et facilement caractéristique.

C' Or on peut, dans bien des cas, arriver à différencier les albites des andésines acides par une méthode très simple et suffisamment ri^ôuteuse, qui s'applique précisément à la plupart des microlites auxquels nous avons vu que les autres procédés sont généralement inapplicables.

La considération des pôles, conjugués symétriquement par rapport à la trace g^ (fîiPL^fâli ^^'^^''^ ^^ '^ ligure, nous a permis de déterminer d emLleeles extinctions des lamelles hémitropes suivant les lois de l'albite et de Carlsbad (1) (T) et (2) (-2'). (Voir (ig, l,p. 21.) Le plus souvent, on trouve les microlites de plagioelases maclés en deux parties égales suivant la loi de Carlsbad ; une des moitiés (I) présente plusieurs fines lamelles (!') ; l'autre (2) en contient moins et peut même n'en pas présenter.

Pour distinguer la macle de l'albite de celle de Carlsbad, c'est encore aux positions d'égale intensité lumineuses qu'il est commode de recourir; non plus à celles pour lesquelles le fil du réticule coïncide avec la trace ^* (010), mais bien aux positions qui mettent celle trace à 4S* et pour lesquelles l'écIairenuMil commun des lamelles, maclées suivant la loi de l'albite, se manifeste même au droit des superpositions. Alors le microlite de» plagioclase paraît monoclinique : dans chacune d(»s deux parties, maelées suivant la loi de (Carlsbad, les lamelles hémitropes suivant la loi de l'albite s'effacent, et il semble» qu'on ait seulement deux individus acculés comme» dans certains orlhoses. La moindre rotation fait renaître les lamelles hémilrop<»s el pernu»t de les attribuer, si fines soient-elles, à l'une ou à l'autre des parties principales.

FELDSPATHS. 3

34 DETERMINATION DES FELDSPATIIS

D'où la [iossbilil<> imnu'diiile do vérilicr si la section appartient ù la zone de synu-trioiT^^erphéet ou de l'y amener {voir § 5), de déterminer le double de l'angle d'extinction d'une des parties (1) et (i') et de vitrifier où se faîl l'extinction de l'autre (2').

Si cette extinction ' se fait seulement de à 2' de celle de (1) et si cotte dernière a éU' choisie parmi les sections d^jà assez voisines du maximum absolu, (m peut affirmer que le plagioclase r-tudié appartient aux albiles ou aux oligoclases acides.

^^s qu'on aborde les oli^oclases basiques, cette différence A augmente el d(<pa:sse .1" ; elle atteint 10' pour l'andésine Ai, Aoi

tM

Maiiiii;! !■[ [Uirércncci dans 1» zi>ni> di? iivmétric |icr|>oi'diculaire k ij' (010).

(1 : 3 ; "i,"), dont le maximum absolu (16") équivaut exactement à celui de l'albite. Un |ieut voir, sur les épures générales, et sur les courbes du diagramme (fig. 2), que les maxima atteints par

I directions n'p(négatitres)des

DANS LES PLAOIIES MINCES Xi

les (liffc^roncos A sont toujours voisins dos maxima absolus d(» lu zone de symtHrie. Ils s'oxag^ront entre les labradors et les anor- Ihiles et passent de 23* à 94® dans un espace restreint. Les courbes du diagramme (lig. 3) achHent donc de donner à la zone do symétrie normale à y' (010) une valeur tout h fait caractéristique.

Il convient de remarquer que la symétrie presque absolue (au point de vue optique) de Talbite par rapport au plan perpendiculaire à g^ (010) et passant par Ay (100) (010), ferait pour ainsi dire disparaître la macle de Carlsbad, en plaques minces, si la distribution inégale des lamelles suivant la loi de lalbite ne rendait évident le partage des sections on deux parties distinctes : Féclairement commun, à 45**, est presque le môme, et il n'y a en tout que deux extinctions. Dans landésine, la différence des éclairements communs est déjà frappante.

7** Les épures générales permettent de traiter le problème d une façon encore plus approfondie et de déterminer tout à la fois sur une seule section, simplement voisine de la zone de symétrie perpendiculaire à g^ (010), non seulement la nature du feldspath, mais son orientation.

Pour plus de simplicité dans la description du procédé, nous supposerons d'abord que Ton s'est à peu près rendu compte de la nature du feldspath à l'étude, et que Ton dispose d'une platine Fédoroff. Par une rotation convenable, on amène la section dans la zone de symétrie et on lit les extinctions suivantes :

La zone de symétrie de chaque feldspath passe au plus deux fois par la valeur b ; à chacune de ces valeurs b correspondent des valeurs c différentes; la lecture de e suffit donc en général pour déterminer la place approximative occupée par le pôle (1), c'està-dire la position, dans le cristal (1), de l'angle ph^ (001) (100) obtus.

Pour arrivera une détermination analogue, quant à Tangle pg^ (001) (010), nous tournerons Taxe horizontal de la platine de 16 à 17® dans l'air, équivalents à un angle vrai d'environ 10®, et nous amènerons ainsi par exemple le pôle (1) à coïncider avec le

:tC DETERMIXATIUX DES FELDSPATHS

parallMo à g* (010) situ^ à 80° du pôle y' de gauche. Les extinctions se sonUransfomn^es et sont devenues dissymétriques ; nous lisons

Si, dès lors, nous avions à poser, sur une l'-pure. les six nombres ahcdef, nous les disposerions de la Taçon suivante : i et ^ sur le diamètre verlical de l'i'pure, à égale distance du centre ; a et rf sur un parallèle à 9' (010). à gauche du diamètre verlical : c o\ f

Fig. i.

sur le parallèle symétrique à droite. D'ailleurs ahc seraient sur un méridien passant par les pôles do j/' (010), et def seraient sur le méridien symétrique par rapport au diamètre horizontal. Quant aux nombres à inscrire (fig. 4),* nous nous sommes arrangés pour les prendre avec le signe ■+, en changeani de signe les extinctions (!') ol (2').

("est donc avec les séries de nombres

def qu'il nous faut comparer les données des épures générales. Mais auparavant, nous remarquerons que ces épures ont été tracées t*n pla(;ant le pôle p (001) dans le quadrant inférieur & di-oite : nous avons déjà vu que lu comparaison des nombres àei e suffit en général pour nous pcrmetti-o de n'hésiter (fig. 4) qu'entre les deux quadrants inférieurs. Néanmoins conservons au cas

présent toute sa généralité : si p (001) est dans le quadrant inférieur de droite, c'est en effet avec

a b de r

qu'il faut comparer les épures générales. S'il est dans un quelconque des autres quadrants, il fatit, par des rotations et des changements de signe convenables, amener la ligure 4 à le.conlenir dans le quadrant inférieur de droite; on est ainsi conduit à dresser le tableau suivant :

Quadrant inférieur de droite , .

- de gauche I - [f e d)

— supérieur de gauche \ .

- dedroite !~!\''!

Non seulement, en général, les six nombres lus sont caractéristiques, mais Tordre de leur lecture et leur signe permettent d'orienter définitivement le cristal (1) et de spécifier dans quel quadrant se trouve le pcMe p (001).

11 y a cependant deux cas où, par la nature môme des choses, la méthode précédente est partiellement en défaut : c'est quand le feldspath considéré est presque optiquement symétrique par rapport au plan perpendiculaire à ^* (010) et passant par Ay(lOO) (010) ; tel le cas de l'albite ; ou par rapport au plan y* (010) ; tel est celui d'un des oligoclases acides.

Dans le cas de l'albite, on trouve facilement le côté où l'angle py* (001) (010) est obtus; c'est à la fois celui vers lequel tous les pôles des sections ont leur biréfringence croissante, ainsi que la valeur absolue de leur angle d'extinction ; mais il est presque impossible de savoir où est l'angle ph^ (001) (100) obtus.

Dans le cas de Toliglocase et pour des raisons analogues, la recherche du côté /?A* (001) (100) obtus est possible; celle de l'angle obtus pjr* (001) (010) ne peut aboutir avec certitude.

8° La comparaison attentive des groupements possibles

do. (a 6 c, de f) zticba, fed)

DÉTERMINATION DES FELDSPATHS

avec les nombres des tableaux suivants, empruntés aux épurcî générales, montre que le problème posé est en somme résolu ave<

b ou e = 5*

Albite, en haut . .

— en bas. . ,

Oligodate, en haut.

Andétine, en haut.

— en bas .

Labrador, au centre

— en bas. .

Inorthite, en haut.

— en bas

ou

+ Vil -f- 5 +2

CROIT / en valeur absolue

décroît V

eo ^ valeur absolue

ou b

__ 6 - lV,(«)-h 2 + 14 +15 +17

•iOD 8

sition

(001) tus.

Ma3

de 1) que l

b ou e = 10^

ilbite, en haut . .

— en bas. . .

Andétine, en haut.

— en bas .

Labrador, en haut.

— on bas .

Anorthite, cnhaut.

— en bas .

-10 __io —10

del'a

de r que I

b ou e

a b ou d e

CROIT y

en ^ valeur absolue

décroît \

en

valeur absolue

ou a b

os

Cl]

co

ca

Albita, en haut. .

-fi6V,+16*

-li 7.-15

Ma.ximim.

' Voisinage de Dp.

Andésine, en haut.

Maximum.

' Voiitinage de Op.

Labrador, en haut.

— en bas .

+ tC) - 2 + 23 +24

inorthite

' Voisinage de Taxe optique B.

ou e — 2(

Labrador, en haut.

— en bas .

Anorthite, en haut.

— en bas .

' Voisinage de Taxe optique B.

b OU e - :2H

Ubrador, en haut.

Anorthite, en haut.

— en bas.

+ 18 +26rj — «6 — 20 —26 —36

-12 -12 —Il

Maximi'm.

' Voisinage de Taxe d'6lasticité 0p.

toute sa généraiit('î : étant doniiée uiio soctioii quelconque, voisine de la zone de symétrie perpendiculaire à }^ (010) et présentant les macles deTalbiteet de Carlsbad, on peut en général détermi-

40 DETERMINATION DES FELDSPATIIS

ner le feldspath auquel on a affaire et l'orientation des diverses lamelles.

9° Si Ton ne dispose pas d'une platine à axe horizontal de rotation, il est néanmoins possible d'utiliser les données précédentes ; car elles représentent pour ainsi dire la différentielle des variations que subissent, au voisinage de la zone de symétrie, les extinctions des diverses lamelles hémitropes.

Sauf pour la partie centrale de la zone dans lanorlhite, qui se reconnaît, en général, par le voisinage immédiat delaxeoptique B ou par des variations dépassant 90°, on peut remplacer approximativement b par ^ ., ^ et e par ^ « Dès lors, il suffit de choisir une section qui soit simplement voisine de la zone de symétrie, ci* • que Ton reconnaît par les petites différences entre a et c, d et /et aussi par le peu d'épaisseur des parties de recouvrement, dans les positions d'égale intensité lumineuse pour lesquelles la trace y* (010) s'écarte peu des lils du réticule.

Il suffit donc de la coexistence des mades de l'albite et de Carbslad pour permettre la détermination d'une section transversale quelconque des microlites de plagioclase, et Ton obtient en outre une notion très approximative de Torientation de celte section.

Page 1