RÉCOLTE DES FEUILLES DE DIGITALE
Nous savons que le terrain, le climat, l’âge de la plagte jouent un rôle considérable dans l’action de cetie même plante employée comme médicament.
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1° Feuilles de Digitalis ambiqua (Murr). — Les feuilles de la Digitahs ambigua sont plus minces et plus aiguës, dentées en scie, à pétiole peu marqué, à réseau de nervure incomplet.
peu apparent.
2 Feuilles de Conyxa squarrosa (Composées). — La conyze squarreuse nous montre des feuilles obovales, obtuses, vertes, pubescentes sur les deux faces, moins sur la face supérieure. Le limbe est largement crénelé, à nervures blanchâtres ou verdâtres (Timbal-Lagrave). Le pétiole est plan et non canaliculé. Froissées, les feuilles de conyze dégagent une odeur désagréable, fétide (Pereira). En regardant à la lumière les feuilles de digitale, on reconnait entre les nervures de la face inférieure un second réseau de nervures à mailles finement dessinées. Ce caractère manque à la convze.
3° Feuilles d'Inula helenium, aunée (Composées). — Les feuilles d’Inula helenium sont à bords presque entiers, les nervures secondaires partent presque à angle droit de la nervure médiane. Elles sont moins fortement réticulées sur les deux faces.
4° Feuilles de consoude (symphitum officinale, Borraginées). Le Symphitum officinale se distingue facilement par ses feuilles ovales, à poils rudes, grandes, à saveur mucilagineuse.
9° Feuilles de bouillon blanc (Verbascum Thapsus. Serofularinées). Ces feuilles sont elliptiques, laineuses sur les deux faces, couvertes d'un duvet de poils longs, très serrés, étoilés. Le pétiole est gros, triangulaire et non accompagné d'une décurrence du limbe, comme dans la digitale. Elles sont douces au toucher, à saveur légèrement amère.
6° Feuilles de pulmonaire. (Pulmonaria officinalis, Borragi-
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Etude chimique
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Nous avons dit, dans l'historique de la digitale, qu'Homolle et Quevenne isolèrent un principe actif, ou plutôt un mélange de principes actifs, auquel ils donnèrent le nom de digitaline amorphe. Ils trouvèrent aussi que les feuilles de digitale contiennent les principes suivants : digitalose, digitalin, digitalide, acide digitalique, acide antirrhinique, acide digitaléique, tannin, amidon, sucre, pectine, matière albuminoïde, matière colorante rouge-orange cristallisable, chlorophylle, huile volatile.
Nous allons étudier Ja digitaline amorphe inserite au Codex, les autres principes tels que l'acide digitalique, le digitalose, la digitalide, le digitalin, l'acide antirrhinique, n'ofrant qu'un médiocre intérêt et étant loin d'être déterminés.
1° Mode d'extraction.— Procédé Homolle et Quervenne modifié par Hornolle. (Codex, 1884, page 198).
On retire la digitaline amorphe des feuilles de la digitale, en précipitant sa solution aqueuse par le tannin, qu'on enlève ensuite à l’aide de l'oxyde de plomb.
Féuilles de digitale pourprée en poudre. 16000 grammes Sous- acétate de plombliquide. . . . 250 — Carbonate LEA OTEN TR EEE 40 — Phosphate es 0 de RE PRE 100 Tannin. RE NS ES LS AA LR 1 Litharge . TN AL A AU ee tte nai Le SA Charbon animales Se. du ME t "nt is - Alcool à 90° pes Pa ; SE SO hs Q. S. —
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et on b ‘humecte avec 1 litre d’eau distillée. On ajoute ensuite peu à peu, et par petites portions, des quantités d’eau suffi- É santes pour obtenir 3 litres de liqueur, dont la densité soit de 1 ,05 au minimum, On Ya verse alors l'acétate de plomb, puis SSI sépare le précipité au moyen d'un filtre. On ajoute succes- | 2e sivement au liquide filtré les solutions du carbonate et du VA phosphate d de sodium. On filtre, et on nie la pos le
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puise par l’alcool à 90° et on évapore la solution à siccité, au bain-marie. Le résidu est traité par l’eau distillée d’abord, et on reprend par l'alcool à [90°. On chasse de. nouveau l’alcool et on épuise le produit restant par le chloroforme. La so- lution chloroformique abandonne la digitaline par évaporation. M. Leforta modifié le procédé du Codex, en substituant
l'alcool faible à l’eau pour épuiser la digitale. A la place du phosphate de sodium pour précipiter l'excès de plomb, il em- ; ploie le carbonate de sodium (1).
(1) Andouard, Nouveaux éléments de pharmacie, page 486.
À litharge et le charbon animal. On sèche le mélange, on lé
2 Propriétés hysiques et chimiques de la digitaline amorphe. — La digitaline amorphe du Codex est d'un jaune pâle, aromatique, inaltérable à l'air et non hygrométrique. Elle n’a pas de pouvoir rotatoire. La densité est de 1,248. Elle fond vers 100°, et brunit à 180°, en se décomposant. Elle répand une odeur semblable à celle de l’oliban, si on la brûle sur une lame de platine. Vis-à-vis des dissolvants neutres, elle se comporte comme la digitaline cristallisée, c'est-à-dire qu'elle se dissout en partie dans le chloroforme ; l’éther pur, la benzine, le sulfure de carbone ne la dissolvent pas. La glycérine peut en dissoudre des proportions notables. Elle ne forme de combinaison chimique qu'avec le tannin. Ses solutions perdent leur amertume, quand elles sont mises en contact avec diverses matières organiques ( albumine, fibrine, pain, gluten, caséum, chair musculaire, ete.) Le charbon animal l'enlève à ses dissolutions (1).
3° Que faut-il penser de la digitaline amorphe? — Pour MM. Homolle et Quevenne, il est évident qu'ils considéraient leur cigilaline amorphe comme un produit défini, à action physiologique constante (2). Mais pour qu'une substance soit chimiquement définie, il faut que l’on puisse lui assigner une formule et qu'on l’ait obtenue pure et cristallisée. |
M. Adrian estime que la digitaline amorphe æhloroformique { procédé du Codex ) est identique au point de vue de l'action thérapeutique à la digitaline cristallisée isolée par Nativelle. I dit qu'elle n'est qu'une modification moléculaire de la seconde ; modification qu'il explique, soit par l'influence des-dissolvants d'apparence inoffensive, à chaud ou à froid: soit par les agents extérieurs, température, air, ete. (3). Il
(4) Andouard. Nouveaux éléments de pharmacie. (2) Les Nouveaux remèdes, p. 442, 4890, sixième année. (3) Les Nouveaux remèdes (1890), sixième année, p. 143.
cile à l'appui de son assertion que M. Arnaud, dans des recherches pratiquées sur de la digitaline cristallisée, aurait trouvé des traces de produit non cristallisé. Pour M. Adrian, c'est une transformation moléculaire qui s’est opérée. M. le docteur Bardet trouve l'explication ingénieuse, mais insuffisanle.
M. Kosmann estime que la digitaline amorpbe est un produit intermédiaire (1) entre la digilaléine et la digitaline : elle renfermerait une molécule de glucose, qu'elle perd par l’action des acides étendus, en fournissant la digitaline cristallisée.
M. Blaquart (2) croit que l’action thérapeutique de la digitaline amorphe est due à 10-12 p. 100 de digitaline cristallisée qu'elle renferme (1872). ;
M. Bardet admettait.lui aussi, comme M. Adrian, la même valeur thérapeutique ; mais il expliquait son activité par la plus ou moins grande quantité de digitaline cristallisable qu’elle pouvait renfermer (3).
D'après Schmiedeberg et Flückiger, il résulterait que la digitaline amorphe serait composée de quatre produits non azotés : digitonine, digitaline, digitaléine, digitoxine (4).
Mais une opinion toute récente et vraisemblable est celle de MM. Houdas, Bardet et Franck. D'après ces savants, la digilaline amorphe, dite chloroformique, ne saurait être substituée à la digitaline cristallisée. Son activité serait due à un corps, probablement glucosidique, d'activité considérable, qui peut en faire varier l'énergie (5), et qui n'a pas été encore isolé,
(1) Journ. de pharm., t: XX, p. 427. - (2) Andouard. Nouveaux éléments de pharmacie (1892), p. 489. (3) Les Nouveaux remèdes (1890), p. 112.
(4) Journ. de pharm. et de chim: (1894). Extrait d'une discussion à l'Académie de médecine- de Belgique, par M. le professeur Van Aubel.
(5) Les Nouveaux remèdes (1895), 24 janvier, p. 31.