‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 116 sur 221 · Rilualisl. p · texte numérisé non relu

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Ecoulez maintenant ce passage qui semble être un aveu explicite de la croyance en l'inspiration divine des Ecrituj'es. Nous lisons à la page 361 : « Ce fut au Buisson ardent que Moïse reçut la mission divine qu'il accomplit en composant le Penlaleuque. Et, comme c'est de ces écrits de Moïse que nous tenons tous les enseignements significatil's qui distinguent un Maçon Royal Arch du reste île la Fraternilé. il est {iarticulièrenient à propos de faire précéder les instructions qui doivent être données dans la suite [)ar la lecture du passage qui détaille les circonstances dans lesquelles le législateur Israélite reçut la puissance et l'autorité nécessaires pour faire ces miracles dont il est parlé dans d'autres parties du degré ».

Le nombre et l'étendue de nos citations montrera clairement, à notre avis, que nous n'avons aucun désir de diminuer l'importance donnée à la Bible par la Franc-Maçonnerie américaine, ou de passer sous silence le fréquent emploi qu'elle fait du Livre Saint.

L'équerre et le compas placés sur elle ou, selon la locution maçonnique, la « couvrant », la Bible est posée ouverte sur' l'autel (Riiualist, p. li) ; elle est indispensable dans toute réunion de Maçons (p. 17) ; la Loge n'est pas Jusle, c'est-à-dire « régulière et dans l'ordre » sans elle (p. 48) ; elle est portée solennellement dans toute procession maçonnique, et en général par un Maçon vénérable par son age (pp. "202, 217, etc.) ; elle accompagne le Maître Maçon à sa dernière demeure (p. 231) ; lorsque des fonctions maçonniques s'accomplissent dans des édifices publics, on la place sur un piédestal vis-à-vis du Grand Maître (p. 240,; ; elle n'est pas lettre morte pour la Fraternité, car elle « nous est donnée comme règle et comme guide de notre foi », et « elle éclaire la voie de nos devoirs envers jDieu » (p. 34); elle est « dédiée à Dieu, parce qu'elle est l'inestimable don de Dieu à l'homme » (p. 54) ; elle est « le volume sacré qui contient la vérité révélée de Dieu >> (p. 60) ; elle est la règle et le guide de la foi du Maître Vénérable élu ; c'est elle qui lui [)ermettra de« se préparer une couronne de félicité qui durera éternellement » (p. l59) ; elle est mise entre les mains du Grand Chapelain comme « la grande lumière de la Maçonnerie » (p. 190 ; elle guidera le Maçon vers toute vérité ; elle « conduira ses pas vers le temple du bonheur et lui indiquera tout le devoir de l'homme » (p. 307); Moïse reçut au buisson ardent la mission divine qui fut accomplie par la rédaction du Pentateucpie (p. 361) ; et de plus, les textes bibliques sont abondamment distribués dans tout le Ritualist, un passage approprié devant être lu pour chaque degré.

Personne n'accusera d'infidélité ce tableau des prétentions qu'a la Franc-Maçonnerie de respecter et de vénérer la Bible. Il semble

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iii(lisciital»le h pieinit'i-e vue, lanlles fails soiiL publics et nombreux, si nombieuses aussi sonl les expressions apparemment orthodoxes. Sans doute, il y a bien (jà et là des passages qui sonnent de façon étrange à l'oreille chrétienne, le! celui-ci: « La Sainte Bible nous est donnée comme règle el comme guide de notre foi : l'équerre pour régler nos actions »... « La Bible est ia lumière qui éclaire la voie de noire devoir envers Dieu ; TEquerre est celle qui éclaire la voie de notre devoir vis-à-vis de nos semblables » p. 34 .Ces expressions paraissent étranges à l'oreille chrétienne, car elles semblent limiter la sphère d'iniluence de la Bible. Pour le Chrétien, la Bible est non seulement la règle de sa foi, mais celle de ses actes : oulre qu'elle éclaire la voie de notre devoir envers Dieu, elle éclaire celle de notre devoir envers notre prochain et envers nous-mêmes. C'est une lumière universelle et non partielle. Une autre lh<'orie qui parait tout aussi étrange est celle qui soulienl que la Bilile devrait être proposée comme règle de foi maçonnique, alors - (|ue la croyance en

Dieu constitue tout le credo {.\u Maçon — du moins le seul

credo qu'il soit obligé de piol'esser » p. 4i . Mais les doutes soulevés font bientôt place à un paisil)le l'epos, grâce à des phrases à dessein construites pour produire cet etïet, et si nous n'avions pas d'autres arguments en réserve, les gens que berce la douceur du langage maçonnique croiraient encore que la Maçonnerie est, pour la majeure partie, incomprise.

Nous avons lieuieusemeat autre chose a mettre sous les yeux de nos 'ectcuis.

Pour celui qui ne connaît pas les procédés de la Maçonnerie, la simple présence de la Bible dans la Loge ou dans une procession sullil a démontrer le profond respect qua pour elle la Fraternité ; il oublie ce fait significatif que la Bible ne se voit jamais seule. Il ne se rend pas compte que ce n'est pas la Bible en elle-même, mais la Bible courerie par léquerre et le compas <pii fait l'objet du respect maçonniiiuo. Qu'il veuille bien croire à la fidélité de notre assertion tirée du Dr. Mackey, Enci/clopœdia of Freemasonry, (p. Gî)8).

« L'n ancien usage de la Fraternité veut (pie le Livre de la Loi soit toujours ouvert dans la Loge. Il y a en ceci, comme en toute chose; nuiçonnitjue, un syml»olisme approprié. Le Livre de la Loi est la (irande Lumière de la Maçonnerie. Le fermer serait intercepter les rayons île lumière divine qui émanent de lui ; s'il est ouvert, c'est afin dindi(pier que la Loge n'est point dans les ténèbres, mais sous l'iidluence d'une puissance illuminative... Mais le Livre de la Loi n'est pas ouvert au hasard. Il y a, pour chaqui" grade, des passages ap[)ropriés qui font allusion au but du

grade ou à cjuelque parl.ie de son riluel, ce qui fail que le ivre doit être ouvert à ces passages ». Puis, après avoir énuméré les eiidroils en question, il continue : « Pour conclure, il sera bon d'observer que. pour donner à ces passages toute leur importance maçonnique, il est essentiel qu'ils soient couverts de léquerre et du compas. La Bible, Téquerre et le compas sont des symboles significatifs de la Maçonnerie. On prétend qu'ils se rapportent à ce qui distinguait nos anciens Grands Maîtres. La Bible est l'emblème de la sagesse du roi Salomon; l'équerre celui de la puissance d'Hiram, et le compas celui de l'habileté du Constructeur en chef. OueUjues auteurs maçonniques ont davantage encore spiritualise ces symboles en supposant qu'ils représentaient la sagesse, la vérité et la justice du Grand Architecte de l'Univers. En tout cas, ils constituent des parties instructives et essentielles du vrai riluel maçonnique, cju'il faut étudier ensemble pour bien les comprendre ^ > .

Voulez-vous encore plus de clarté? 11 est essentiel que la Bible soit couverte de l'équerre et du compas pour que les susdits passades aient toute leur valeur maçonnique. Ce sont des parties intégrantes du vrai Rituel maçonnique qui, pour être comprises, doivent être étudiées ensemble. Ce n'est donc pas, comme nous l'avons dit, la Bible en elle-même qui est l'objet du respect maçonnique, car l'équerre et le compas ne sont pas nécessaires à la Bible en tant que révélation chrétienne; il n'est pas un seul chrétien qui la couvre de l'équerre et du compas.

Mais, peut être, notre auteur consentira-t-il à nous communiquer lasignificationderéquerreet du compas dont il est si souvent question dans les symboles maçonniques? Ce sera le seul moyen de nous faire saisir le sens de la Bible lue à la lumière de l'équerre et du compas? 11 nous en instruira avec plaisir, pourvu que nous ayons la patience d'aller au mot « Talisman » (pp. 788-789 de VEncyclopœdia).

« De cette transformation des talismans gnostiques en symboles maçonniques, due à une transmission graduelle qui nous en fut faite par l'alchimie, le Rosicrucianisme et l'architecture du moyen âge, il n'y a point à chercher un meilleur exemple que celui que nous offre cette planche qui se trouve dans VAzoth P/iilosophorum de Basile Valentin, le philosophe hermétique qui florissait au dix-septième siècle ».

« Cette planche, dont le dessin est hermétique, reprend Mackey, mais qui est pleine de symbolisme maçonnique, représente un globe ailé inscrit, avec un triangle, dans un carré. Un dragon, sur

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