IV. O-'- Tu honoreras tes parents
Tu respecteras et honoreras les vieillards !
Tu instruiras la jeunesse !
Tu protégeras et défendras l'enfance et l'innocence !
V. 0.-. Tu aimeras ta femme et tes enfants I Tu aimeras ton pays et obéiras à ses lois !
VI. O'- Ton ami sera pour toi un autre toi-même ! Le malheur ne fera pas de lui un étranger pour toi 1
Tu feras pour sa mémoire ce que tu ferais pourlui, s'il élaiten vie. VIT. 0.-. Tu éviteras et tu fuiras les amitiés qui ne sont pas sincères !
En toutes choses, lu éviteras l'excès ! Tu redouteras de rien faire qui puisse entacher ta mémoire !
VIII. O- • T'J ^^ permeltrasàaucune passion de le dominer ? Tu le serviras des passions d'autrui comme de leçons profitables ! Tu seras indulgent à l'erreur !
IX. 0.-. Tu écouteras beaucoup : Tu parleras peu : Tu agiras bien !
Tu pardonneras les injures !
Tu rendras le bien pour le mal !
Tu n'abuseras ni de ta force ni de ta supériorité !
X. O- • ^^^ étudieras les hommes pour les connaître, afin d'apprendre à le connaître toi-même !
Tu re<'hercheras sans cesse la vertu !
Tu .seras juste !
Tu fuiras l'oisiveté !
Mais le grand commandement de la Maçonnerie est celui-ci : « Je vous donne un commandement nouveau : Que vous vous aimiez les uns les autres ! Celui qui dit qu'il est dans la lumière el qui hait son frère, est encore dans les ténèbres ».
« Tels sont, conclul-il, les devoirs moraux du Maçon. Mais le dévoir de la Maçonnerie est d'aider à élever le niveau moral et intellectuel de la Société, en faisant progresser la science, en mettant des idées en circulation, et en développant l'intelligence des enfants ; en mettant ^naduellemenf , par l'enseignement d'axiomes nouveaux et
par la promulgation de lois positives, la race humaine en harmonie avec ses destinées ».
La brièveté nous défend les longs commentaires. Il faut cependant que nous attirions l'attention sur quelques points.
Tout d'abord, nous n'avons pas le moindre désir de nier que, lus dans leur sens apparent, les commandements précédents contiennent une part de bonne morale. Je dis : dans leur sens apparent, car le F.'. Pike a jugé bon de faire précéder ces commandements de signes : une croix dans un cercle alternant avec un simple cercle. Or, la croix dans le cercle a la même signification que le point dans le cercle, et le simple cercle est un symbole de la nature, de l'univers, du principe féminin. Et de même que la Bible chrétienne lue à la lumière de l'équerre et du compas prend son vrai sens maçonnique, ces préceptes acquerront le leur lorsqu'ils seront interprétés avec leur signe par le Maçon ésotérique. Quant au Maçon exolérique, il les lira comme le profane, sans s'arrêter au symbole qui les accompagne et ne verra peut-être que peu de ditTérence entre ces commandements et ceux de la loi mosaïque. S'il est chrétien, il prendra le premier commandement comme se rapportant au Dieu des chrétiens ; il n'a pas pris garde au signe phallique qui le précède, car il est bien loin de posséder la révélation sur Jéhovah, le dieu hermaphrodite de la Maçonnerie.
En second lieu, il y a, en effet, beaucoup de largeur dans cette morale ; mais c'est une largeur dans le vague et dans l'indéfini, qui, semblable à la charité, bien que dans un tout autre sens « peut couvrir une multitude de péchés ». « Tu lutteras sans cesse contre le vice »; « Tu rechercheras sans cesse la vertu » sont des commandements dont le sens dépend du modèle proposé par la morale établie. Ce que les chrétiens et les catholiques tiennent pour vertu peut être considéré comme vice par la Maçonnerie ; c'est ainsi que nous trouvons souvent le célibat catholique combattu, comme étant immoral, par les législations qu'inspire la Maçonnerie.
En troisième lieu, nous cherchons en vain les commandements si clairs et si explicites de la loi mosaïque, ou leurs équivalents. Au lieu de « Tu ne commettras pas l'adultère », « Tu ne désireras pas la femme de ton prochain », nous trouvons des expressions comme celles-ci : « Tu ne permettras à aucune passion de te dominer » ; « Ton âme est immortelle, tu ne feras rien qui la puisse dégrader », expressions que le Maçon exotérique, s'il est un prolestant sincère et droit, interprète comme équivalant à la loi révélée à Moïse, mais qui, ainsi que nous l'avons vu en traitant de la vertu de chasteté,
n'ont pas le même sens. La chasteté imposée aux Maçons par la Maçonnerie est beaucoup plus reslroinlo.
En quatrième lieu, nous cherchons en vain à constater un perfectionnement du divin abrégé de la morale chrétienne : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton Ame, de tout ton esprit et de toutes tes forces ». Tel est le premier commandement, et voici le second, qui lui est semblable : « Tu aimeras Ion prochain comme toi-même* ». Il n'est pas jusqu'au nouveau commandement de la Maçonnerie, emprunté à l'Evangile, qui ne perde à l'adaptation : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés- ». Le modèle du Christ proposé à notre charité et à notre abnégation est omis ; cet amour qui sacrifia tout pour l'homme — la famille et ses joies, tout ce que le monde tient pour cher, la vie elle-même inclusivement, — tandis que la bienfaisance et la charité maçonniques, comme nous le montrerons dans notre chapitre suivant, ne s'exercent que sur de simples superfluités, car nul Maçon n'est obligé d'aider son frère dans le besoin au prix d'un préjudice personnel sérieux.
En cinquième lieu, nous passons les commandements semblables à celui-ci : « Tu seras indulgent à l'erreur », qui suggère ce corollaire : « Tu seras tolérant à l'égard de la foi catholique ». Nous avons assez longuement parlé, dans un chapitre précédent, de l'esprit anlicalholique du F.-. Pike et de ses Frères.., et une expérience trop souvent répétée dans les pays où la Maçonnerie peut impunément exercer son intolérance a donné au monde entier la preuve que la tolérance qui est sur les livres maçonniques est dans le fond du cœur l'intolérance la plus acerbe contre le Catholicisme.
Flnfin nous ferons cette remarque : puisque la Maçonnerie prétend être la seule école de vraie morale, son système devrait contenir tout le bien moral nécessaire à l'homme et prohiber tout le mal moral. Il ne sullit pas que ledit système contienne du bien, même en se plaçant à un point de vue vraiment moral et chrétien, caria Maçonnerie réclame l'homme tout entier en ce monde, et elle prétend le [)réparer à ses destinées éternelles dans l'autre. 11 est donc inutile de citer telle ou telle chose comme étant bonne dans la Maçonnerie ; il n'est pas en ce monde de système qui soit entièrement pervers. Nous ne pouvons juger la Maçonnerie que d'après ses prétentions et ses promesses, en considérant les droits