‹ Etude sur la franc-maçonnerie américaineChapitre 213 sur 221 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

qu'un avec la maçonnerie européenne ? 299

Aussi rargumenl qu'on nous présente si souvent, qu'il existe une ditïérence essentielle entre la Franc-Maçonnerie française et la Franc-Maçonnerie américaine, à cause de la rupture de leurs relations, est dépourvu de toute valeur.

1° Chez nous, le Rite Ecossais est purement français par son origine et par sa transmission.

2" La rupture s'est faite avec le Grand-Orient de France, ainsi que nous l'avons vu. Or, le Grand-Orient de France ne représente qu'une partie de la Maçonnerie française.

« Le Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté de France, dit le Fr.-. Me Clenachan i est resté et reste encore fidèle à tous les principes de la Franc-Maçonnerie, en ce qu'il garde la première place au Père qui est aux cieux, qui fut, est et sera toujours un être personnel. Un ensemble considérable de Loges de la Fraternité reconnaissent l'autorité du Suprême Conseil ; leur nombre, d'après les derniers renseignements, s'élève à quatre-vingttrois, tandis que celles qui s'attardent dans leur attachement à l'Orient, peu confiantes en leur avenir, arrivent au nombre approximatif de deux cent-cinquante, pour la France et ses dépendances. Parmi elles, il en est dont l'existence n'est que nominale, et qui ne s'intéressent point à la Maçonnerie ». Ainsi donc, il n'est pas vrai qu'il y ait rupture complète entre les Maçons de France et le reste du monde. Des relations amicales existent encore avec le Rite Ecossais de France et les quatre-vingt-trois Loges maçonniques qui lui sont subordonnées.

3° Ne nous demandons pas s'il est prudent ou avantageux pour le Grand Orient d'avouer franchement son incroyance. L'afTirmalion de cette incroyance est la conséquence logique des principes de la Maçonnerie ésotérique, ainsi que nous l'avons vu dans notre étude sur le Dieu maçonnique et Jéhovah. Le naturalisme de la Maçonnerie, la déification des passions humaines ne peuvent aboutir ailleurs pour les esprits logiques. Le Grand Orient de France ne saurait être accusé d'ignorer les principes maçonniques ; sa déclaration fut le fruit de réflexions et de considérations prolongées ; elle n'est que l'expression formelle de ce que nous avons reconnu à maintes reprises sous les voiles du langage. Il se peut qu'elle manque de prudence ; en tout cas, elle est vraie.

« La discussion, dit le F.-. Me Clenachan, et une tentative que fit une grande partie de la Maçonnerie française en vue d'éviter une calamité maçonnique menaçante, furent impuissantes à empêcher

\. Encyclopœdia of Freemasonri^. p. 954,

l'Assemblée Générale «lu Grand Orient de Franco d'achever son bouleversemenl et celui des corps qui lui étaient subordonnés, en adoptant presque à l'unanimité l'amendement désormais fameux de l'article I de la Constitution maçonnique, le 14 septembre 1877.

« Nous donnons ci-dessous le texte de l'amendemeiit et celui du second paragraphe original, qui a été supprimé :

« Paragraphe original : La Franc-Maçonnerie a pour principes l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, et la solidarité humaine ».

« Amendement substitué : « Attendu que la Franc-Maçonnerie « n'est point une religion, et n'a dès lors aucune doctrine, aucun « dogme à alfirmer dans sa constitution, l'Assemblée, adoptant le « vœu IX, a décidé et décrété que le second paragraphe de l'arti- '( cle I de la Constitution serait effacé, et qu'à la place des mots « dudit article seraient mis les suivants : 1^ La Franc-Maçonnerie « étant une institution essentiellement philanthropique, philoso- « phique et progressive, se propose pour objets immédiats la re- « cherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des scien- « ces et des arts, et la pratique de la bienfaisance. Elle a pour prin- « cipes la plus entière liberté de conscience et la solidarité hu- « maine, et sa devise est Liberté, Egalité, Fraternité ».

« L'adoption de ce qui précède fut le résultat d'une délibération approfondie des membres de l'assemblée, qui restèrent pendant plus d'un an livrés aux pénibles travaux des débats et des réflexions les plus profondes.

« En prenant le parti qu'on vient de voir, la^ France rejeta la Maçonnerie par l'organe du Grand Orient ; mais la Maçonnerie ne rejeta point la France. Il en résulta que les puissances maçonniques du monde firent de j)rofondes et tristes réflexions sur la possibilité de continuer des rapports amicaux, et ces réflexions aboutirent à la cessation rapide des relations de courtoisie et de représentation avec un centre maçonnique jadis plein de fierté, qui substituait en lettres de feu les mots de force supérieure et de principe créateur au grand symbole maçonnique de Dieu. En conséquence, comme il ne peut exister de Maçonnerie sans Dieu, la Maçonnerie cessa d'avoir une existence organisée dans ce pays, et, bien que le Grand Orient existe toujours nominalement, il n'est point maçonnique.

« Le Suprême (Conseil du Hite Ecossais ancien et accepté de France, reprend-il dans un passage déjà cité, « est resté et reste « purore fidèle à tous les principes de la Maçonnerie ' ».

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