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DANS LA FfiANC-MAÇONNERIE AMERICAINE 3/
Dr. Mackey, et si la rose était le Christ qui périt sur la croix, romission du nom du Rédempteur dans l'énumération du F.-. Pike serait inexplicable. Mais nous n'avons pas besoin d'explication ; le degré nest pas chrétien. Il est de fait si peu chrétien que, tandis que le nom de Chrishna est mentionné — est-ce parce que pour les initiés Chrishna est le prototype dont le Christ chrétien n'est qu'une modification subséquente? — celui du Christ est complètement omis. Une allusion sullit à rhomme intelligent; n'insistons pas sur ce point maintenant. Nous ne voulons qu'éclaircir l'emploi du symbolisme maçonnique.
Vous êtes chrétien; cher lecteur, peut-être même êtes-vous catholique et révérez- vous la croix.Vous la révérez, non pas à cause de sa forme, mais parce qu'elle représente le gibet sur lequel le Christ mourut pour racheter les hommes. C'est uniquement pour cela que vous la révérez et non pour autre chose. Entrez dans une Loge de Chevaliers Rose-Croix. Là, bien en vue, au-dessus du siège du Maître, vous apercevez la croix, et, sur la croix, les lettres LN.R.L, et vous vous écriez : « Ah ! voici sûrement un emblème chi'étien, et qui plus est, le voilà placé bien en vue, à la place d'honneur ; cet emblème est indéniablement et distinctement chrétien ; car, même alors que la croix pourrait ne pas l'être, les initiales qu'elle porte, initiales des mots écrits sur la croix du Sauveur, lui donnent un caractère auquel nul ne peut se méprendre ». — Etes-vous svir de tout ceci ? vous demanderons-nous. Ne peut-on s'y méprendre? N'y aurait-il pas quelque signification maçonnique attachée au symbole? Souvenez-vous, n'est-ce pas, qu'on nous a déjà éclairés et mis sur nos gardes a ce sujet. Vous souriez, contiant dans votre savoir. Que le F.-. Pike ne se lasse pas de nous instruire, quoique, hélas 1 vous vous montriez récalcitrant.
« Bien des interprétations, dit-il, ont été données au mot INRI (il ne parle pas d'initialesj inscrit sur la CruxAnsala croix ansée) suspendue au-dessus du siège du Maître. Le Chrétien Initiéy voit révérencieusement les initiales de l'inscription de la croix sur laquelle le Christmourut. — lesusXazai^enus Rex ludxorum.'Les sages de l'antiquité la regardaient comme l'un des plus grands secrets de la Nature, celui delà régénérationuniverselle. Us l'interprétaient ainsi i/gr/je natiira renouatur intégra (la nature tout entière est renouvelée parle feu). Les Maçons H-^rmétistes ou Alchimistes inventèrent pour lui cet aphorisme : Igné nitriim roris invenitur. Et on accuse les Jésuites de lui avoir apjjliqué cet odieux axiome : lustum necare reges impios. Les quatre lettres sont les initiales des mots hébraïques qui nomment les quatre éléments — /amw/m, les mers, l'eau ; Nour, le feu ; fiouach, l'air : et lehesrhah. la ferre sèche. Je n'ai pas be-
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soin de répéler ici comment nous l'interprélons ' ». Vous qui étiez si sûr de votre sig^ne, lecteur, approndrez-vous à douter ? Vous pouvez le prendre pour un signe chrétien si vous le désirez. On peut y voir : lesus \azarenus Bex /ur/cTorum, Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. Mais c'est là une inlerprétalion commune; or, le monde profane est exclu de la lumière ma(;onnique. Cette interprétation mancpie, par conséquent, du cachet de la vérilé maçonnique, car 1" elle est claire et simple, et non occulte, et 2" tout le monde la connaît, donc elle n'est pas exclusivement maçonnique
La seconde interprétation se rapproche du point où ils veulent en venir. Pcul-ètre lentendez-vous [)ourla première fois. Vous ne vous èles jamais imaginé que I. N. 1«. 1. pouvait signifier autre chose que ce ipie vous aviez toujoius cru : « Jésus de Nazareth, Roi des Juils ». Les sages de lantiijuité, nous dit-on. pensaient différemment. Ouels sont ces sages ? On ne nous le dit i)as : -< La Maçonnerie n'inculque pas ses vérités, elle les énonce ». De quelle anti- <|uité esl-il cpiestion ? Le terme esl ambigu. S'agit-il des temps qui ont précédéravènemenlduChrist?Aucunsagen'a parlédel'I.N.R.L, ni ne la proposé comme étant le Symbole de la maxime : Igné naiura renovaiiir intégra. Cette maxime et sa signitication ont été transformées en symbole par ceux qui sont venus après le Sauveur, ce que le F.-. Pike sait très bien ;les initiales des mots inscrits sur la croix n'ont pu être copiées sur cette phrase et ne peuvent en provenir. Mais pcul-ètie aimeriez-vous à savoir (|uel profond secret ces sages ont tiré du symbole quand ils l'ont «rapproché», comme l'admet notre auteur lui-même, de l'inscription de la croix: « La nature entière est renouvelée par le feu ». C'est par la chaleur tlu feu que les métaux qui représentent le règne minéral, sont alVinés et soudés ensemble ; c'est par la chaleur du soleil que les Heurs, les plantes et tout le règne végétal profitent et reprodiu'sent lein's espèces ; c'est |)ar la chaleur du désii- sensuel (|ue le règne animal est renouvelé ; et c est de la concupiscence (pie la race iiinnaine est sortie ; c'est le feu des passions, comnu* nous allons le déinontrer. (pie ces sages ont \u dans le symbole de la croix.
Car, bien tpu' le !•'.■. PiUe peiiiiclte généreusement à cluKpie frère d'interpréter la croix el >ou inscription à sa guise, celte interpiétation, jiour être viaie. doit èlre d'accord avec la sienne propre, car la ci'oix du grade de Rose-Croix a un seii> ipu lui est inuliculicr; et notre lecteur sera surpris en voyant (piels ra|)poils étroits il y a entre le principe des prétendus sages et la croix du degré.
1. Morals iinil l)<i</mii. \i. ■,".•! . I.r> mioI- m il.ilii|iif -imt <lo l'iKr.
DANS LA FRANC-MAÇONNEHIE AMÉRICAINK 89
« Mais son sens parliciiliei- dans ce decré. o'it le F.-. Pike, à la page 290 de l'ouvrage cité, est eeliii (jue lui doniient les Anciens Kgvplicns : « Tholh ou Phi ha est leprésenté sur les monuments de la plus haute antiquité, portant dans la main la Crux Ansaia ou Ankh (une croix en forme de Tau, surmonh e d'un anneau ou cercle). C'est ainsi qu'on le voit sur la double tablette de Shufu et de Noh Shufu, qui élevèrent la plus haute des Pyramides, à ^^'ady Meghara, dans la presqu'île du Sinaï. C'était l'hiéroglyphe de la vie qui, précédé du triangle comme préfixe, signifiait qui donne la vie. Donc, pour nous, la croix est le symbole de la Vie — de cette vie qui émana de la Divinité et de celle Vie Eternelle que nous espérons tous posséder, ayant foi en la bonté infinie de Dieu ».
Sans nous laisser impressionner pour l'instant par la piété apparente de notre auteur, ni sans la metlre en doute, cherchons à faire la lumière sur la nature de la croix, la Cvax Ansata, particulière à ce degré; car ce n'est pas la croix ilu Christ telle que l'entendent les Chrétiens, puisqu'elle en dilfère j^ar sa forme; quant à son sens « particulier », il nous le faudra demander au dieu Tholh ou Phlha des Anciens Egyptiens.
« Phlha, dit le F.-. McClenachan dans son Addendum à VEncyclopa-dia du Dr. Mackey. p. 941, en expliquant le symbolisme de la la couleur verte, était le dieu égyptien Créateur du monde : on le représentait parfois la chair peinte en vert et tenant un sceptre à quatre couleurs, rouge, bleu, vert et jaune; le feu, l'air, l'eau et la terre ». Il s'agit donc, d'après l'idée égyptienne, de la création — et non de la rédemption de l'homme. La Crux Ansaia se rattache au commencement de la vie. L'I.jV.R.'I. qui est dessus serait, selon cette même idée, lammim, l'eau ; A'our, le feu ; Bouacli, l'air; et lebescliah, la terre ; les quatre éléments de la nature universelle.
Mais le F.-. Pike lui-même ne veut pas nous laisser sans lumière sur un sujet auquel on a fait une allusion obscure. Il nous faut aller à une autre page de son intéressant ouvrage, où il parle d'Amun, le dieu suprême des Egyptiens, et des manifestations d'Amun '.
• Il ne créa rien, dit notre auteur, mais tout émana de lui ; et tous les autres dieux ne furent que ses manifestations » La Puissance créatrice , autre manifestation de la Divinité, qui produisit l'univers par son Verbe, est symbolisée par un œuf sortant de la bouche de K.neph ; de cet œuf naquit Phtha, image de l'Intelligence Suprême telle qu'elle est réalisée dans le monde, et qui est le type de celle qui se manifeste chez l'homme ; Phtha est également le principal agent de la Nature, ou le Feu créateur et producteur >*.