‹ Etude sur la lanoline syntheseChapitre 14 sur 18 · PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES

La lanoline possède au plus haut degré la propriété de péné- trer l’épiderme avec une rapidité extraordinaire. Si on frictionne sur la peau de la main un peu de lanoline, en moins d'une minute la peau parait plus ferme, sa surface est turgescente ; cependant elle est presque sèche, nullement grasse, ne présente pas l’aspect brillant qu’elle a, lorsqu’au lieu de lanoline on a employé la vaseline ou tout autre corps gras.

Le professeur O. Lassar a fait une expérience qui montre le pouvoir pénétrant de la lanoline. Après avoir tendu un fragment de peau fraiche de porc sur l'ouverture d’une éprouvette, il en frictionna la surface avec une pommade de cinabre à la Janoline. Puis, il examina au microscope des coupes transversales de eette peau, et il vit que les grains de cinabre avaient pénétré à travers les couches cornées de l’épiderme, non seulement dans le stratum muqueux, mais aussi dans le tissu dermi- HET de =

Ni la vaseline, ni aucun corps gras ne jouit, d’après lui, du même degré de pénétration. Son emploi lui parait surtout indiqué quand les couches superficielles sont indurées, comme par exemple dans la gale et le sycosis, pour lesquelles nous donnons des formules un peu plus loin.

ADN Cette facilité de pénétration vient confirmer l’idée émise par M. Diterich. Cet auteur a établi, tout récemment, que plus un corps fixe d’eau, plus rapidement il est absorbé par la peau. Il a constaté que :

100 parties d'huile d’oliveretiennent 21 à 31 parties d’eau.

100 raxonge ur reset — TOO a seline ee eux 4 100 — lanoline anhydre. . . . 110 —

Le docteur Unna faisait remarquer encore dernièrement qu'une pommade, pour avoir le maximum d'effet, doit contenir une assez forte proportion d’eau, surtout lorsque cette propriété s'ajoute, ainsi que nous allons continuer à le démontrer, à une pénétration considérable.

Il n’est pas exact (comme le soutenait M. Constantin Paul), que la lanoline soit irritante.

Le produit à l’aide duquel il prétend avoir guéri un de ses collègues d’un rhumatisme cérébral devait certainement être de mauvaise qualité. Cet effet ne saurait être attribué qu'à la présence d’un excès de potasse.

Aucun autre praticien ne signale cet effet, la Fe étant un corps neutre par excellence. M. Lassar a démontré au contraire, par de nombreuses expériences, qu'elle ne détermine aucune réaction, même lorsque la peau a une grande irritabilité.

On n’a pas à craindre, avec l'emploi de cet expédient, que l'augmentation ou la diminution des phénomènes de réaction ne vienne entraver la marche de la guérison. |

Nous citerons encore quelques expériences qui montrent la rapidité de pénétration de la lanoline.

L'application de pommade à la lanoline phéniquée à 5 p. 100, détermine au bout d’une ou deux minutes une anesthésie locale de la peau.

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Quelques minutes après qu’on s’est frictionné avec une pom- made de lanoline au millième de sublimé, gros comme un pois, ‘on perçoit la saveur métallique si caractéristique de ce sel.

MM. Fatschkowsky et Bachmann ont comparé la pommade à la lanoline, additionnée d’iodure de potassium, à la pommade à l'iodure de la pharmacopée ; une demie-heure après les frictions avec la pommade à la lanoline iodurée, ils ont retrouvé l'iode dans l’urine. | Les essais faits avec la pommade iodurée officinale ne donnèrent aucun résultat.

. Nous avons essayé, autant qu'il à été en notre pouvoir, de vérifier les expériences des docteurs O. Lassar, Helrrich et Fatschkowsky, qui ont été combattues par Guttmann, qui ne pense pas que la lanoline soit plus facilement absorbée par la peau que l’axonge.

Expérience n° 1 Un enfant âgé de 7 ans, atteint de fièvre, fut soulagé après trois frictions de la pommade suivante :

pulaté-de-quinine 1.0.0 “gra.

Lan OR OEM EE PR AT AO

Les urines émises au bout d’une demi-heure présentaient des traces apparentes de quinine.

Expérience n° 2.

Nous avons essayé sur nous-même la formule suivante :

Iodure de potassium. . . . 3 grammes.

Lanoline. . . ..… . . . 30 grammes.

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L'iodure de potassium nous occasionnait des crampes d’estomac et une salivation abondante. Le second phénomène seul s’est produit au bout d’un quart d'heure, c’est-à-dire après la seconde friction. Nous avons été heureux de ne pas éprouver de crampes, ce qui nous permet de soumettre à MM. les docteurs une observation dont ils pourraient tirer parti. Certains malades reculent en effet devant l'absorption par les voies digestives de divers médicaments qui leur répugnent. On pourrait, dans certains cas, tourner la difficulté en ordonnant une pommade à la lanoline.

Expérience n° 3.

J. E..., âgé de vingt ans, a les ganglions engorgés. Son médecin lui ayant prescrit une pommade mercurielle, il veut bien me permettre de remplacer l’axonge par la lanoline. A la troisième friction il est atteint d’une salivation abondante. Les urines qu'il a émises 25 minutes après la première friction accusent nettement la présence du mercure.

Expérience n° 4.

Madame J. C..., atteinte de douleurs rhumatismales, me prie de lui indiquer un spécifique. Elle veut bien se frictionner avec une pommade contenant :

Chloroforme. . . . . 2 grammes.

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Cinq minutes après la friction, un calme se fait sentir et augmente après chaque nouvelle friction.

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Expérience n° 5.

Un demes amis, M. C. M..., ayant voulu essayer le nouveau spécifique que je lui vantai, se frictionna plusieurs fois avec un mélange de 2 gr. de perchlorure de fer, pour 15 gr. de lanoline. Il voulut bien conserver les urines qu'il émit une demi-heure environ après la première friction, et dans lesquelles nous constatâmes la présence du fer.

Expérience n° 6.

L'enfant G. C..., que nous avons cité dans l’expérience n° 4, est atteint de fièvre une seconde fois. Heureuse du résultat que nous avions obtenu avec la lanoline, la mère me prie de préparer un ongüent semblable à celui que je lui avais offert. Nous avons pu constater que la deuxième expérience donnait des résultats identiques à la précédente. ;

Pourtérminer l’énumération desexpériences sur l'absorption de Ja lanoline, nous citerons un extrait des Etudes expérimentales sur la pathologie et la thérapeutique de la blennhorragie du D' Léopold Casper (de Berlin).

= «Il est nécessaire de mettre la muqueuse en contact intime avec les médicaments. L'usage des solutions aqueuses ne permet qu'un contact trop fugace’; il en est demême des poudres insufflées. Les bougies médicamenteuses ne donnent pas non plus des-résultats' bien appréciables.

La lanoline semble remplir les indications voulues. Elle

est résorbée'en plus grande quantité et plus rapidement que

OP RES les autres matières grasses, et possède la propriété d'absorber l’eau en quantité notable.

On peut la combiner au nitrate d'argent et employer la for-

mule :

Nitrate d'argent . 0,50 à 0,75 centigrammes LanoNnÉ eee 30 grammes Huile d'olives. 45 —

Cette pommade est étalée dans la gouttière d’une sonde cannelée, puis introduite dans l’urêthre et laissée à demeure pendant une demi-heure. »

La lanoline semble appelée à jouer un grand rôle comme cosmétique ; en effet, comme elle est une matière formée dans les tissus kératinisés, elle est indiquée pour devenir l’auxiliaire le plus rationnel de la nature, et convient en tout point pour l'hygiène de la peau. Si on frotte la peau avec de la Janoline ou mieux avec une crème à la lanoline, puis qu’on l’essuie légérement, la peau a acquis une souplesse extraordinaire et n’est nullement grasse ; elle ne tache ni le linge ni le papier.

Les cheveux et les poils enduits avec la lanoline deviennent élastiques, sans perdre un aspect gras; le cuir chevelu l’absorbe avec la plus grande facilité, ce qui est d’un grand secours pour combattre les affections parasitaires siégeant dans les follicules pileux.

Le professeur Frænkel lui attribue de nouvelles propriétés, qui, si elles sont vérifiées, feront classer ce produit parmi les plus importants de la matière médicale. M. Frænkel dit que la lanoline seule trouve une excellente application dans les brûlures et les blessures. Dans les coupures et les déchirures, l’'hémorragie est, dit-il, immédiatement arrêtée, et la blessure peut être baïgnée par un rapide courant d’eau, sans qu'il y ait déplacement de la lanoline. Dans les brûlures, elle est encore

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