‹ Étude sur la Lithiase PancréatiqueChapitre 24 sur 49 · REGIS · texte numérisé non relu

REGIS

les sont trés abondantes et graisseuses (stéarrhée) ; elles renferment des fibres musculaires non digérées, épreuve de Schmit positive.

L'examen clinique montre 75 % des graisses et 50 % de l’azote ingérés se retrouvent dans les matières fécales.

Depuis décembre 1909, la malade est restée à 1’h6pital, elle s’est mise à tousser et à cracher; opérée de la cataracte le 3 février; on trouva des signes de caverne du sommet gauche, à la même époque.

La recherche du sucre était négative, tant au polarimètre qu’à la liqueur de Fehling. L’acétone a été retrouvé dans les urines mais en quantité qui ne dépassait pas la normale.

La réaction de Gehrard était négative. L'état général déclina rapidement. La mort survint le 23 février.

Autopsie. — Tuberculose pulmonaire.

Le pancréas est entouré de ganglions caséeux. Quand on l’a isolé on le trouve petit; à la palpation, on sent que toute sa longueur est occupée par des calculs, sur une coupe perpendiculaire à l’axe; on trouve que la glande est formé d’un canal dilaté du volume d’un crayon et qui contient des calculs nombreux de forme ramifiée dont le prolongement s’enfonce dans les canabsations secondaires. Autour de ce canal existe une bande de tissu dur. Au niveau de son embouchure, le canal de Wirsung est libre.

Examen histologique : Sur une coupe perpendiculaire à l’axe du canal, on trouve que la cavité est limitée

par un épithélium cubique unistratifié, le reste de la coupe est formé par un tissu de sclérose organisé. |

Par place et en général assez loin du centre de la cavité on trouve des formations lobulées disposées :en amas circonscrits par un fin tissu de sclérose. Parmi cés îlots les uns sont formés ‘d'acini typiques, maïs le plus souvent les cellules sont modifiées : noyaux plus volumineux, protoplasme clair. Quant aux îlots de Langerhans on n’en a pas trouvé de typiques.

OBSERVATION DE CHIRAY ET BOLGERT (Thèse de Bolgert) (Obs. n° 12)

Observation n° 7. — M. Leb. Maurice, 49 ans, mécanicien, entre dans les service du Docteur Chiray à la suite d’un long passé de crises douloureuses dont le début remonte à 1915. Chaque crise est caractérisée par trois éléments : douleurs, vomissements, diarrhée.

Les douleurs siègent le plus souvent dans la région épigastrique à droite de la ligne médiane et non immédiatement sous le rebord costal, plus rarement dans l’hypocondre gauche; elles sont irradiées vers les régions lombaires. Les vomissements sont constants d’abord alimentaires, puis bilieux; ils soulagent le malade et s’accompagnent d’une diarrhée abondante : 15 à 20 selles par jour formées de matières liquides et noirâtres d’odeur fétide. Ces phénomènes évoluent pendant une dizaine de jours puis les douleurs diminuent, faisant place À une sensation d’endolorissement. Ces crises évoluent sans horaire fixe, l'influence des repas est nulle: elles

sont fréquenies l’hiver. Au début de 1915 à 1919, les crises survenaient 4 fois par an. Une aggravation se produisit vers 1928. A partir de cette date, les douleurs se produisirent souvent plusieurs fois par semaine, violentes nécessitant l’hospitalisation du malade qui a passé ainsi de longs séjours dans les différents hôpitaux de Paris et de la banlieue. À plusieurs reprises, on a porté le diagnostic d’ulcère digestif et proposé une intervention qui a toujours été refusée. Le diagnostic exact de lithiase pancréatique a été porté, grâce à la radiographie, par ie Docteur Gutmann pendant un séjour du malade dans le service du Professeur Gosset. La radiographie est explicite et confirme le diagnostic. De face les clichés montrent sur le flanc droit de L. 3 sur le corps et le flanc gauche de L. 2 un semis de taches à contours a:rondis dont la dimension varie de la taille d’une tête c'épingle à un haricot. La majorité des calculs occupe la tête et la partie droite du corps du pancréas.

Nous avons pratiqué chez ce malade notre méthode d'exploration de la fonction pancréatique : tubage duodénal et injection intraveineuse et sécrétion. Nous avons fait une première épreuve le 29 mars 1934. Une deuxième faite le 4 avril 1934 est intéressante, car elle a été faite le lendemain d’une crise.

Réponse vésiculaire très faible après 2 Meltzer.

Réponse. Pancréalique (après injection de 160 unités de sécrétine, dose double de celle utilisée habituelle ment) peu abondante.

Volume: total : 27 cm. cubes en 45 nest échantillons).

Activité lipasique moyenne : 3 + 2 + 1,5 poses lle D

Activité lrypsique moyenne : 0 + 0 + 0 | —— —= L

Nous avons recherché en même temps à rétablir l'existence de troubles de la sécrétion interne par l'épreuve de l’hyperglycémie provoquée de Gilbert et Beaudoin.

Glycémie à jeun : 0,75.

Flèche : 1,15.

Durée d’ascension : 2 heures.

Durée totale : 3 h. 30.

Aire du triangle (Marcel Labbé ) : 1,72.

Si la glycémie à jeun présente un taux normal, même plutôt faible; l'épreuve donne un résultat nettement pathologique, avec allongement de la période ascensionnelle, allongement de la durée totale et de l'aire du triangle d’hyperglicémie, de type paradiabétique.

MM. Chiray et Bolgert concluent à une suppression presque totale de la sécrétion pancréatique. Nous avons pu faire radiographier ce malade. Sur le premier cliché de face, on voii les calculs disséminés dans le pancréas de la tête à la queue. Le deuxième cliché est une vue de profil, l’amas calculeux est en avant de la co-. lonne vertébrale, le colon rempli de gaz est surplombe . par l’amas calculeux du corps et de la queue du pancréas. Le troisième cliché est une radiographie après :

Pr bee

injection de baryte. On voit nettement les calculs de la tête encerclés par l'anneau duodénal et les calculs de la queue entre la colonne vertébrale et l'embre de la pe-

tite courbure.

OBSERVATION DE CHIRAY ET BOLSERT

(Thèse de Bolgert) (Obs. 12 bis)

Observation n° 8. — Ie malade, 56 ans, vient consulter en juin 1933 pour des phénomènes douloureux dont le début remontait à 15 ans auparavant.

Ces douleurs, à siège épigastrique, survenaient trois à quatre heures après les repas, surtout la nuit, s’accompagnant de brülures, non calmées par l’ingestion d’aliments, et duraient de quelques heures à quelques jours. Elles évoluaient ainsi par crises séparées par des intervallès de calme absolu; jamais de vomissements, sauf en 1924 et 1925 où se produisirent deux hématémèses. À l'occasion d’une crise plus violente accompagnée de fièvre, on avait conclu dans un autre service à un ulcère perforé bouché et proposé une intervention qui fut refusée.

Une radiographie du pancréas révèle l'existence d'un chapelet d'opacitées allongées transversalement et situées en avant de la première lombaire, la forme un péu sinueuse de ce chapelet, sa situation médiane, sa direction oblique de droite à gauche et de bas en haut, ndiquaient qu'il s'agissait certainement de calculs pan-

ie

créatiques situés vraisemblablement le long du: Wirsung. Une épreuve de sécrétine a été pratiquée: ses résultats sont les suivants :

Volume total : 56 cm...

Activité lipasique moyenne : 15.

Activité trypsique moyenne : 6.

Il existait donc encore, dans ce cas, une insuffsance fonctionnelle témoignant vraisemblablement de l'existence d’une pancréatique, moins prononcée à vrai dire que dans le cas précédent.

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