‹ Étude sur la méningite tuberculeuse de l'adulteChapitre 11 sur 18 · V. Température. — Pouls. — -Respiration · texte numérisé non relu

V. Température. — Pouls. — -Respiration

Un des points qui frappent le plus l’attention dans l’histoire de la méningite tuberculeuse, c’est l’inconstance des résultats thermométriques. L’absence de fièvre est notée dans plusieurs de nos observations jusqu’aux derniers moments de la vie. Et cela même, pendant que le délire était intense, Parlois, au contraire, cette tein-

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pérature était très élevée et a pu atteindre quelques minutes avant la mort le chiffre de 42"5. Enfin la courbe qui oscille entre 38 et 39° est la plus fréquente. Il importe d'abord de bien spécifier les cas dans lesquels la méningite évolue toute seule, sans être accompagnée de manifestations tuberculeuses en d’autres organes. S’il s’agit de tuberculose aiguë généralisée, bien que par les symptômes 'la méningite occupe la première place, on chercherait vainement dans la courbe l’abaissement de la température à la période moyenne. Mais, d’autre part aussi, la méningite évoluant en même temps qu’une double pneumonie caséeuse dans les sommets (obs. 8), on de\Tait s’attendre à voir vérifier la loi posée par Archambault. C’est à-dire qu’en raison de la complication pulmonaire la dissociation entre la température et le pouls étant produite on devrait avoir de la fièvre et du pouls lent. Or, c’est juste le contraire qui s’est produit, le pouls et la respiration étaient très accélérés et la température ne dépassait guère 38°.

Si on jette les yeux sur les courbes que nous reproduisons, on verra qu’il est difficile d’y retrouver les trois périodes thermiques qui sont la règle ordinaire dans la méningite tuberculeuse des enfants, comme l’a démontré M. Roger.

Dans les formes anomales de l’adulte, on trouve bien parfois des courbes (obs. 3-13) dans lesquelles la température a été plus basse à un moment donné qu’au début ou qu’à la fin de la maladie, mais cet abaissement de la fièvre n’a pas une valeur bien grande; il ne va pas jusqu’à descendre au chiffre normal sans parler de le dépasser.

La température affecte d’ordinaire le type rémittent, aux approches de la mort son évolution est encore sans règle lixe. Tantôt elle s’élève démesurément, tantôt elle

n’atteint qu’un degré inférieur à celui des jours précédents.

Le pouls ne présente pas des modifications moindres du type qu’on lui accorde dans les formes régulières. Très souvent il n’est pas irrégulier, inégal; très souvent il n’est pas ralenti pendant la durée de l’affection. Il est important cependant de remarquer que, le pouls battant 70 fois pendant que la température atteint '38°, 5, indique que les contractions cardiaques n’ont pas la fréquence qu’elles devraient avoir et que le ralentissement est plus réel qu’apparent. La courbe générale du pouls suit à peu près celle de la température sans lui être absolument soumise ; comme le fait remarquer Archambault elle est sujette à des oscillations plus brusques et plus amples. Sa fréquence est beaucoup plus intimement liée à celle de la respiration qu’à l’état de la température, et cette corrélation s’explique facilement, puisque les modifications du pouls et de la respiration dépendent de l’excitation ou de l’épuisement bulbaire.

A l’approche de la mort, le pouls devient d’ordinaire de plus en plus rapide ; parfois sa vitesse est moindre que la veille, la fièvre fait alors toute seule l’ascension terminale.

La respiration est indiquée dans les livres comme se faisant sous le rhytme du type Cheyne-Stokes, Dans les observations qui nous sont personnelles, ou d’autres encore dans lesquelles ce caractère a été bien noté, il ne s’agissait pas de ce rhytme particulier bien net. >La période d’apnée faisait défaut et l’irrégularité consistait dans une succession de r espirations rapides et de respirations plus lentes.

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