‹ Étude sur la partie du texte hébreu de l'Ecclésiastique récemment découverteChapitre 1 sur 27 · L'AUTEUR · texte numérisé non relu

L'AUTEUR

sur la partie du texte hébreu 06 06 récemment découverte.

1 > La partie du texte hébreu des proverbes de Ben-Sira(ch), - nommés ordinairement l'Ecclésiastique, vient d’être publiée à = la Clarendon Press par MM. Cowley etAd. Neubauer, à Oxford! Cette partie va du chapitre אדאאא‎ , 15, au chapitre 11, 9. Dans unepréface bien nourrie, les savants éditeurs donnent sur le livre

de Ben-Sira en général, comme sur l’historique de la décou-

verte en particulier, les notions les plus complètes qu’ils ont pu réunir et qui valent {a peine d’être résumées pour le profit des lecteurs de cette revue. |

. Jésus, fils de Sirach, a écrit son ouvrage éthique entre 200 et 170 avant J.-C., à Jérusalem et en langue hébraïque. Le livre a été traduit en grec par son petit-fils en l’an 132 avant cette ère, et beaucoup plus tard après l’ère chrétienne en langue syriaque. Les docteurs talmudiques citent l’Ecclésiastique tantôt comme un livre canonique, tantôtcomme un livreextra- canonique, mais de grande valeur. Ils mentionnent aussi certains dictons sous le nom de Ben-Sira, qui sont rédigés en araméen à teneur médiocre ou absurde, Au 1v° siècle après l’ère vulgaire, saint Jérôme possédait un exemplaire hébreu du livre qu’il n’a pas traduit. Les Midrachim postérieurs, le

Paëtan Éléayar Ha-Qalir empruntent plusieurs passages de

Ben-Sira relatifs au grand prêtre. R. Saadia, gaon de Bagdad

et de Faïoum en Égypte, fait voir qu’il existait de son temps des exemplaires ponctués du livre de Ben-Sira, et Nissim-ben-

1. The original Hebrew of portion of Ecclesiasticus ,אזאאא)‎ 15 to XLIX, 11). Together will the early Versions and an English Translation. Followed by the Quotations from Ben Sira in Rabbinical Literature. Edited by A. E. Uowley, M. A. and Ad. Neubauer, M. A. With two Facsimilis, Oxford, at the Clarendon Press, MDCCCXCVII.

agite

Jacob (xv° siècle) de Kairawan, en Tunisie, fait une citation de ce livre. Cependant il n’y a point de traces de l'existence our = du Sirach hébreu en Espagne, en France et en Allemagne: Il Fate n’est pas douteux que la plupart de ces citations ont été faites

de mémoire et ne constituent pas d'extraits littéraux. Dans les"

derniers temps, 1"* Lewis ayant apporté de l’Orient quelques fragments de manuscrits, M. S. Chechter, professeur de Tal-

. mud à l'Université de Cambridge, y reconnut une page contenant un fragment du Sirach hébreu ,אזאאא)‎ 15-xL, 7). Peu de temps après, MM. Cowley et Neubauer découvrirent plusieurs autres feuillets qui s’y rattachaient immédiatement. Ce dernier manuscrit contient souvent des gloses marginales en hébreu et quelques remarques en judéo-persan.

La langue est l’hébreu classique, la syntaxe ne montre aucune trace des constructions néo-hébraïques qui se rencontrent notamment dans l’Ecclésiaste, bien que le vocabulaire soit déjà un mélange de mots ou d'expressions pris à l’araméen postérieur, ainsi qu’on peut l’attendre de la date à laquelle Pauteur l’a écrit. Le style est parfois un peu lourd, mais cela peut sans doute être dû à la corruption du texte. Il se trouve en somme sur un niveau plus haut que par exemple les Chroniques,

- l'Ecclésiaste et les parties hébraïques de Daniel. Les leçons px marginales sont en grande partie intéressantes : les variantes qu’elles indiquent sont souvent plus grandes que celles qui ont été notées par les massorètes ds l’Ancien Testament. Parfois, elles donnent un équivalent araméen pour les mots hébreux du texte. La théorie d’après laquelle Sirach aurait écrit ses proverbes dans un mètre n’est pas supportée par le texte nouvel-

lement découvert. Les lignes sont très variables en longueur.”

Il n’y a pas d'indication que l'auteur ait cherché à les adapter à un système de métrique uniforme. | Les éditeurs ont joint au texte hébreu une traduction an-

glaise et, au bas des pages, les versions syriaque et grecque 801-

vies dela version latine du Codex Amiatinus, un glossaire demots et d'expressions notables, et finalement une liste de proverbes

ne.

: | attribués à Sirach dans la littérature talmudique et ו‎

ainsi que le prétendu alphabet de Ben-Sira, qui contient quelques proverbes authentiques ; enfin, ils ont essayé de corriger certains passages de l’original béprei 1e n’offrent pas de sens

isfaisant. | = Leséditeurs ayant accompli consciencieusement leur tâche en blissant le texte tel qu’il a dû être au "א‎ et au "א‎ moment me semble venu de tenter ‘de restituer le 04 texte sous la forme qu’il devait revêtir à l’époque où il

di servit de base aux versions grecque et syriaque. L'intérêt de cette téntative ne me paraît pas être amoindri par la considé-

| ration que notre connaissance du style hébreu de l’époque

alexandrine est très imparfaite. Devons-nous vraiment nous

résigner à attendre jusqu'à ce qu’un nouveau hasard nous

- rende accessibles d’autres ouvragés dela même période, com-

- mele livre des Macchabées ou le livre d’Hénoch ? Je crois qu’on * 40e d'attendre trop longtemps. La diligence n’est pas “une vertu négligeable dans les questions de critique littéraire, surtout en ce qui concerne l’hébreu biblique. Une foule de petits problèmes qui obstruent encore le domaine de cette inves- | gation peuvent être résolus à l’aide de cette étude comparative. La connaissance de l’état de la pensée religieuse des époques antérieures au christianisme peut elle-même en tirer quelque à profit qui n’est pas à dédaigner. Il va, du reste, sans dire que. * la restilution que je présente aux sémitisants ne prétend nul-

2 - 0 être définitive dans tous ses détails. Mon unique ambition consiste à prendre l'initiative d’un mouvement scientifique qui, je l'espère bien, ne manquera pas de provoquer des tra- = vaux plus solides et plus fructueux que cette contribution né-

2 D cmt provisoire.

Cette étude contiendra : premièrement, la restitution du texte primitif suivi de notes critiques; secondement, la traduction du texte rétabli; troisièmement, des considérations

générales sur les résultats historiques que le texte récemment = découvert semble appelé à fournir dès à présent, |

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