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Fricatives
Je donne dans ce tableau la durée de quatre fricatives. Je n'ai pas pu distinguer assez nettement entre les variétés de s pour les citer ici avec profit, cela demandera une étude plus détaillée que celle à laquelle je puis me livrer dans ce tableau plutôt sommaire
La durée des initiales sourdes est toujours représentée par un chiffre négatif (1), et, en conséquence, il ne m'a pas paru nécessaire d'indiquer ce fait sur le tableau. Il était impossible d'évaluer exactement la relation entre le commencement du souffle et celui des vibrations, mais celles-ci étaient invariablement fort en retard.
Il n'est pas toujours possible non plu de donner la durée de u médiat, car cela demande une netteté des tracés qu'on trouve trop rarement.
La comparaison des médiates, occlusives et fricatives démontre que celles-ci n'ont pas toujours une prépondérance notable sur celles-là. Toutefois òli a un durée plus considérable que celle de 0.
(1) En vertu de la convention indi([uée pr<^cédemment, p. 166.
Conclusion
Je crois bon de résumer en quelques propositions les résultats principaux de cette étude :
1. Les sons que Ton croit identiques présentent des différences notables chez des sujets ne parlant pas de dialectes et originaires d'une région, même très peu étendue.
2. Le même son est souvent prononcé de façons très différenles par le même individu.
3. Dans les deux séries de voyelles italiennes, à côté des voyelles fermées et des voyelles ouvertes, il existe des moyennes qu'on n'avait pas reconnues jusqu'ici.
4. La différence dans l'articulation des sourdes et des sonores se produit non seulement au lieu principal d'articulation, mais s'étend à tout l'appareil arliculatoire.
5. La distinction des sourdes et des sonores résulte de la pression aussi bien que la position articulatoire.
6. Dans les occlusives on peut distinguer quatre classes, en se fondant sur la relation de temps entre le commencement des vibrations dans le larynx et leur apparition dans le soufÏÏe.
7. On rencontre un affaiblissement de l'occlusion de p, b, t, d, analogue à celui de k, g. qui est plus marqué.
8. c et (J sont des sons comi)osés de deux parties : une occ'usion prépalatale qui n'est jamais t ou d et une fricative qui n'est jamais óh comme on l'a presque toujours cru.
9. Les permutations de /, n, r s'expliquent plus facilement par Texistence d'une variété fricative de r.
10. La qualité de m et n n'est souvent indiqué que par la nasalité de la voyelle qui suit.
11. M et n après une voyelle peuvent prendre une forme intermédiaire entre la voyelle et la consonne. C'est la première étape d'une évolution qui est achevé en français.
12. La consonne mouillée est une consonne simple et se distingue nettement d'une consonne suivie do j.
13. En italien il existe un j et un w consonnes qui se distinguent nettement des voyelles ? et u qui se confondent avec elles dans la graphie.
14. Sauf quelques cas nettement déterminés, il y a une diphtongue en italien seulement lorsque l'accent tonique du mot porte sur Tune quelconque des deux voyelles contigùes.
vl5. Il n'y a pas de triphtongues en itaHen.
16. Outre l'assimilation très avancée qui se trouve traduite dans la graphie, il reste à étudier un grand nombre de modifications dues à l'influence réciproque des consonnes contigùes.
17. La nasalité en italien ne se restreint pas à la consonne nasale, mais s'étend aux sons voisins et même à tout le mot.
18. Il y a trois degrés de nasalité qui se distinguent nettement, et qui apparaissent non seulement sous l'influence des consonnes nasales, mais encore dans des cas où cette influence ne peut se faire sentir.
19. La consonne double est une consonne simple plus intense et plus longue dans tous ses éléments.
20. Sous l'influence d'une consonne double, la voyelle qui précède perd d'un quart à un tiers de sa durée.
21. La détermination de la durée exige des appareils plus délicats que ceux dont j'ai pu disposer ; elle soulève plusieurs problèmes dont j'ai esquissé la solution.
Vu et admis à Soutenance, le 6 juin 1900, par le Doyen de la Faculté des Lettres de rUniversité de Paris,
A. GROISET.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD.