‹ Étude sur la sueur et la saliveChapitre 5 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous nous proposons d'étudier, dans ce travail, la sueur et la salive de l’homme au point de vue du rôle qu’elles peuvent remplir comme voies d'élimination des principes formés dans l’économie, ou de ceux qui y ont été intro— duits accidentellement, soit dans un but expérimental ou thérapeutique.

Nous n’avons point la prétention de traiter à fond un sujet si difficile, encore plein d’obscurité et d'incertitude. C’est une simple étude que nous présentons, et nous avons seulement essayé d’élucider quelques points, soit par nos propres expériences, soit en rappelant celles des autres. L'intérêt de ces recherches se justifie par l'importance du mouvement d’assimilation et de désassimilation qui constitue l'acte essentiel de la vie, et dont les déchets fixes s’éliminent surtout par la bile et la diurèse; mais, dans quelle mesure la salivation et la sudation peuvent-elles

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aider ou suppléer les voies normales d'élimination ; dans qüelle mesure la thérapeutique peut-elle les utiliser quand celles-ci font défaut ou deviennent insuffisantes ? Tel est le problème à la solution duquel nous apportons le modeste appoint de nos recherches.

Qu'il nous soit permis, d’abord, d'adresser à tous nos maîtres l'expression de notre profonde reconnaissance pour la bienveillance avec laquelle ils nous ont accueilli dans le cours de nos études, et de remercier notre excellent maître, M. le professeur Verneuil, qui à bien voulu nous faire l’honneur d’accepter la présidence de notre thèse.

Technique générale. — Va méthode le plus souvent suivie a été de provoquer la sudation et la salivation à l’aide des injections de nitrate de pilocarpine. La salive mixte a été recueillie directement au fur-et à mesure de son extraction dans un vase d'expérience, après avoir fait rincer la bouche du sujet, et en prenant garde qu’il ne s’y mêle des produits d’expectoration. Pour la sueur, nous avons fait construire chez Galante un manchon de caoutchouc dans lequel est enfermé le bras du patient; ce manchon est terminé par un entonnoir également en caoutchouc. Au tube de cet entonnoir, muni d’un index en verre, nous adaptons une pince de Mohr qui permet d'ouvrir et de fermer le manchon. Pour recueillir la sueur, on fait pendre hors du lit, sans enlever le manchon, le bras auquel il est adapté; on le secoue un peu pour que le liquide se rassemble dans l’entonnoir, qui occupe ainsi la partie déclive, et, en ouvrant la pince, la sueur s’écoule dans un récipient disposé à cet effet.

. La quantité ainsi obtenue est variable, en général, de 20 à

30 cent. cub. Cette sueur est troublée par des produits épithéliaux et sébacés, mais peut être parfaitement limpide après filtration.

Dans quelques cas, nous avons recueilli la sueur spontanément rendue par le malade, soit directement à l’aide d’éponges

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au moment d’une sudation abondante, soit en laissant pendant la nuit des éponges fines appliquées sur la région lombaire, recouvertes d’un taffetas gommé et maintenues à l’aide d’un bandage de corps.

Il est inutile d’insister sur la nécessité d’un lavage rigoureux à l’eau distillée des parties sur lesquelles on opère, et des instruments qu’on emploie.

Nous sommes heureux de pouvoir remercier notre collègue et excellent ami Chéron de l’obligeance avec laquelle il nous a admis à profiter des ressources de son laboratoire particulier.

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