‹ Étude sur la ThyroïdectomieChapitre 22 sur 30 · III. — Lésions des nerîs · texte numérisé non relu

III. — Lésions des nerîs

Les cordons nerveux qui peuvent être blessés pendant la thyroïdectomie sont le pneumogastrique, le nerf laryngé inférieur et le grand sympathique.

Le pneumogastrique, par sa situation profonde est ordinairement à l’abri de toute déchirure, mais on peut trouver comme accident le plus fréquent une suffusion sanguine parfois considérable de sa gaîne, comme l’a observé M. le professeur Julliard et comme nous le trouvons noté dans une de nos observations. Dans les deux cas les malades sont morts. Il est vrai que dans ces deux cas 1l n’est pas démontré que la mort soit uniquement attribuable à l’épanchement sanguin observé dans la gaîne du tronc nerveux. L’imbibition du pneumo-gastrique par l’acide phénique entraîna la mort dans un cas de Riedel.

On a pu cependant observer des lésions du pneumogastrique, qui, malgré leur gravité n’ont point entraîné la mort. Lücke (1), rapporte le cas d’une femme de 28 ans chez laquelle il excisa le pneumo-gastrique sur une longueur de 12 centimètres.La patiente n’éprouva ni troubles respiratoires ni troubles cardiaques. |

Maurer (2) et Fischer (3) citent plusieurs exemples

(4) Lücke. Centralblatt für chirurg., 1880, no 36. (2) Maurer. Berlin, Klin., Wochenschrift, 1882. nos 26 et 27. (3) Pitha et Billroth. Handbuck der chirurg., t. II, p. 94.

RS de section ou d’excision de ce nerf avec survie des opérés.

La lésion du tronc du nerf grand sympathique est extrêmement rare. Mais, par contre, on observe assez souvent des lésions des nerfs récurrents laryngés. Ces cordons nerveux peuvent être compris dans une ligature, sectionnés ou même enserrés dans les tissus ambiants après la réunion de la plaie.

Les lésions de ces nerfs peuvent exister même avant l’opération, et alors le malade présente en général la paralysie d’une corde vocale due à la compression des récurrents par la tumeur. Le plus souvent, les altérations de la voix et de la déglutition ne surviennent que pendant le cours de l’opération, ou quelque temps après, quand la réunion s’est effectuée complètement. Diverses autopsies ayant démontré que les récurrents étaient iutacts, alors que les troubles de la phonation s'étaient produits pendant la vie, Michel (de Nancy) a émis l’opinion que ces troubles de la déglutition et de la parole pouvaient être imputés à la lésion du rameau externe du nerf laryngé supérieur qui se rend au muscle cricothyroïdien et au constricteur inférieur du pharynx, muscles dont le rôle n’est pas sans importance dans l’occlusion de la glotte et la déglutition.

M. le professeur Julliard fait remarquer dans son mémoire que l’opération ne peut pas modifier heureusement la voix du patient. Une de nos observations semble au contraire démontrer que la voix peut s'améliorer après l’opération, le témoignage du malade est formel sur ce point. Par contre, il arrive souvent, soit pendant,

soit après l’opération, de l’aphonie ou de la raucité de la

voix. Ces troubles de la phonation sont dus souvent à la section des récurrents, mais parfois aussi à leur simple dénudation, aux tiraillements que subissent les rameaux thyroïdiens des nerfs laryngés. Les troubles fonctionnels dus à ces dernières lésions ne sont pas fatalement permanents et souvent l’aphonie disparaît au bout d’un certain temps.

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