‹ Étude sur la variole-vaccinChapitre 18 sur 36 · QUATRIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SÉRIE

Expériences sur les singes. — 29 avril 1901. — Inoculation, à l'Institut Jenner, d’un jeune singe par 12 incisions linéaires sur le dos préalablement rasé. La pulpe variolique a été envoyée par le Dr Thomson, de l’hôpital du Belvédère, à Glascow.

& mai (120 heures). — Résultat si parfait qu’on exprime immé diatement le contenu des pustules qui couvrent les incisions.

Ce même jour, inoculation du singe n° 2, avec ce produit broyé et émulsionné dans un mélange, par parties égales, de glycérine et d’eau salée.

9 (420 heures). — Toutes les incisions ont pris; les pustules sont plus belles que sur le singe n° 1. Récolte, broiement et addition de glycérine.

Ce même jour, inoculation, avec une partie de cette émulsion, du singe n° 3 par 8 incisions. Le reste, enfermé dans des tubes capillaires, est adressé le 15 mai au D' Fremlin, afin d’expérimenter l'activité de cette Iymphe à l'A. V. E.

13. (120 heures). — Eruption pustuleuse nette le long de toutes les incisions qui, au milieu, sont recouvertes d’une mince croûtelle. Elle est qualifiée de « très belle » par les D' Blaxall et Fremlin. Récolte, broiement et addition de glycérine.

Une partie de cette récolte est inoculée le même jour au singe n° 4. Le reste est donné au D" Fremlin en vue d'expériences à FAPVUE

18. — Résultat satisfaisant sur le singe n° 4. Récolte, broiement, addition de glycérine et conservation à la glacière dans des tubes capillaires.

Faute de singes, cette série fut interrompue.

Expériences sur les veaux. — 8 ma. — Inoculation dans VA, V. E. du veau n° À avec le produit pustuleux du singe n° 4,

RL. Mu

13. — Note du D'Blaxall : « Pas de formations pustuleuses. Boursouflement léger des incisions ».

15. — Le D' Fremlin utilise dans l'A. V. E. le produit des singes n° 2 et 3 à l’inoculation de 2 veaux.

20. — Résultat positif de l’inoculation de ces deux animaux, mais supérieur chez l'animal inoculé avec la pulpe du singe n° 3. Récolte de cette lymphe dont une partie est conservée et l’autre

envoyée au Directeur technique médical de l’Institut Jenner en vue d’autres expériences.

26. — Inoculation d’un veau dans les locaux de l'A. V. E. avec l’émulsion de la pulpe de 2° génération du singe n° 3. 31 — Le long de toutes les incisions, éruption pustuleuse

impossible à différencier d’une éruption engendrée par la lymphe ordinaire du Government Establishment.

Les résultats de même ordre obtenus précédemment dispensaient de renouveler les inoculations aux enfants. Mais M. Copeman s inocula lui-même et obtint un résultat parfait.

Les expériences de M. Copeman prouvent, à son avis, que, si l'inoculation au veau de la lymphe variolique humaine, est le plus souvent négative, il n’en est pas de même de la pulpe variolique primaire du singe. Celle-ci détermine, en 2° et 3° générations, une éruplion vaccinale dont la lymphe, reportée sur l'enfant, détermine des boutons vaccinaux. Ces résultats le confirment dans l'opinion que le cow-pox, à l'époque de Jenner, dérivait vraisemblablement d'une forme atténuée de la variole humaine.

Pendant qu’en Angleterre, M. Copeman poursuivait ses recherches sur la variolisation des singes et des bovidés, en France, MM. Roger et P.-E. Weil (52) tentaient eux aussi la variolisation du singe et, première expérience de celte sorte, la variolisation du lapin.

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Leurs expériences portèrent sur 9 animaux, macaques ou makis. Quatre de ces singes furent inoeulés avec du pus de variole : deux, par scarifications, qui eurent, aux points d'inoculation, de belles pustules, deux, par injection sous-cutanée, qui ne présentèrent aucune manifestation morbide.

Dans une deuxième série d'expériences, l'inoculation fut pratiquée avec du sang de variole hémorrhagique. Chez un singe auquel on fit 10 scarifications, on vit se développer # petites pustules qui évoluèrent en 12 jours. Quatre autres animaux furent injectés sous la peau l’un d'eux succomba à une infection streplococcique, les autres ne présentèrent aucun phénomèue morbide.

Ainsi, l'inoculation au singe de pus ou de sang de varioleux peut, ou provoquer le développement de pustules caractéristiques, si l’on emploie la méthode des scarifications, ou ne produire aucun trouble apparent, quand l'inoculation est faite sous la peau.

Ces divers animaux furent vaccinés trois semaines après. Celle épreuve démontra que le pus variohque, injecté sous la peau où introduit par scarfication, diminue la réceptivité du singe, sans la supprimer complètement ; tandis que le sang de varioleux, injecté sous la peau, peut, si la dose est suffisante, conférer l’immunité.

MM. Roger et P.-E. Weil se servirent également des singes pour contrôler l’action de la variole sur le lapin.

La variolisation du lapin peut être obtenue avec du pus variolique injecté sous la peau ou dans les veines, ou encore déposé dans les narines. Les résultats sont susceptibles de varier quelque peu avec la virulence de

ur

la semence variolique et avec la résistance du lapin. Cependant, dans la majorité des cas, l’inoculation souscutanée ou intra-veineuse de pus variolique privé de germes adventices, détermine une véritable septicémie rapidement mortelle.

Dans certains cas, l’inoculation sous-cutanée de pus où de sang variolique, provoque une éruption papuleuse comparable à celle que l’on observe dans la variole du nouveau-né. Mais dans tous les cas, 1l existe, preuve de la réussite, une mononucléose sanguine et une réaction de la moëlle osseuse, comparables à celles qu’on observe chez l'homme, au cours de la variole.

Par ailleurs, le sang ou le pus, prélevé le 4° jour el inoculé au singe, confère à cet animal une immunisation vis-à-vis de la vaccine, tantôt presque absolue, tantôt assez minime, malgré l'apparition caractéristique de la mononucléose sanguine variolique. Dans quelques cas, l’inoculation d’une grande quantité de sang peut entraîner la mort du singe avec réaction myéloïde et normoblastique du sang. Inoculé à d’autres, le sang de l'animal mort peut provoquer une immunité absolue. La variole est donc inoculable aux lapins et le sang de ces animaux se comporte comme le sang des varioleux : 1l peut être assez virulent pour entraîner la

mort ; ordinairement il confère une immunité partielle ou absolue.

Au congrès de Carlsbad (18) en 1902, aucun fait nou-

veau ne fut apporté, concernant la variolo-vaccine.

Une tentative nouvelle de M. Freyer (30) ne fut qu'un demi-succès. Le procédé était neuf. Un peu de pulpe

variolique glycérinée, prélevée le 11 avril 1902, fut laissée à la glacière pendant deux mois. On en introduisit alors une partie dans un œuf de poule; le lendemain on recommença l'opération avec un autre œuf et ainsi, chaque matin, pendant 8 jours. Les œufs inoculés étaient mis à l'étuve à 37. Dix jours après le début de l'opération, on préleva une partie du contenu de chaque œuf et on l’inocula séparément sur la peau de plusieurs veaux. Quelques nodules apparurent 4 ou 7 jours après sur certains des champs inoculés. Ces éléments évoluèrent et donnèrent le 9° Jour, de belles pustules de 8 à 10 millim. de long et de 5 1/2 à 8 millim. de large, entourées d’uné collerette et reposant sur une base indurée. La récolte en fut faite le 10° Jour. Vingt-six jours après, cette pulpe fut inoculée à un deuxième veau. Elle détermina, sur quelques-unes des stries d’inoculation, une traînée pustuleuse peu caractéristique ; les autres incisions se couvrirent de croûtes el se cicalrisèrent. On choisit les éléments les mieux développés pour en recueillir la lymphe, que, 9 jours après, on reporla sur un troisième veau. Sur ce dernier animal, la semence, manifestement dégénérée, fournit seulement quelques croûtelles qu'on tenta vainement d’inoculer à un enfant.

Cette expérience fut faite dans l'Institut vaccinal de Stettin.

L'année suivante, en 1903, M. Chaumier, (8) directeur de l’Institut vaccinal de Tours, communiqua à l’Académie de médecine, le résultat d’une inoculation variolique qu'il avait réalisée en 1901.

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Le

Frappé de ce fait que toute la difficulté réside dans l'obtention de la première pustule variolo-vaccinale, M. Chaumier attribue la plus grande partie des échecs à l'insuffisance de la voie de pénétration et au peu de virulence du produit d’inoculation.

Il faut de préférence choisir un cas bénin de variole, car si, comme tout le fait supposer, il en est de même de la variole et de la vaccine, «c’est le sujet qui a le « moins de fièvre qui fournit le produit le plus virulent ».

On doit éviter de prélever la pulpe trop tardivement et ne pas se contenter de recueillir la lymphe contenue dans la pustule. De plus, pour vaincre la résistance d’un organisme animal envers une maladie qui lui est peu habituelle, il est nécessaire d'employer une grande quanüité de virus.

C'est pour appliquer ces données que M. Chaumier tente à son tour une expérience. Une petite épidémie de variole qui vient d'éclater à Tours, lui permet de prélever lui-même, sur trois malades légèrement atteints, de la pulpe variolique jeune qu'il additionne de glycérine pour la conserver. Quatre mois après, 1l fait une première inoculalion, mais « sachant d’une part la difficulté qu'il y à à réussir l’inoculation directe sur la vache, et d'autre part que Jenner prétendait que le cheval avait servi d'intermédiaire entre la variole humaine et le cow-pox » il inocule, faute d'un cheval, un âne. Afin de largement ouvrir la voie au virus, 1l fait au flanc droit, deux longues plaques de scarifications. Entre elles, il dispose un grand nombre de coupures et de piqüres, afin de pouvoir suivre le développement des pustules

isolées, s'il en nait sur ces points.

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La plaque supérieure et les coupures sont largement ensemencées ; la plaque inférieure, au contraire, reçoit seulement la glycérine, qui a servi à conserver la pulpe.

Le 3° jour, on constate un léger œdème de la plaque supérieure qui augmente le 5° Jour, persiste encore au 1° en même temps que se forment quelques croûtes couleur sucre d'orge. Le 9° jour, elles augmentent, ce qui prouve qu'il s’est produit, sinon des pustules, au moins des lésions ressemblant au vaccin. Aussi tentet-on une récolte,

« Avec la curette on gralte la plaque supérieure. Sur la partie postérieure à l'endroit où sont les croûtes résultant du suintement, l'épiderme se laisse enlever sur la moitié de la surface environ, car il y à des points où l’inoculation n'a rien produit. Les surfaces où la variole a pris et les parties saines forment des contours géographiques. Il y a donc des lésions confluentes sur beaucoup de points. Sur la partie antérieure de la même plaque il y a beaucoup moins de lésions d’inoculation. Sur la moitié postérieure de la plaque inférieure, il n'y a que 3 ou 4 boutons isolés, sortes de papules très petites que seule la curette décèle. »

La lymphe ainsi récoltée est additionnée de glycérine et conservée dans un flacon. Le 5 mai 1902, près de 10 mois après, on inocule à une génisse cette pulpe d’âne variolisé. Sur des nombreuses plaques, scarifiées, on fait un large ensemencement. Cinq jours après, on procède à la récolte. Sur chaque plaque, il y a de belles pustules vaccinales en nombre variable de 2 à 50. Il y a même, en divers endroits, sur des places non inoculées, de nombreuses pustules spontanées, isolées ou groupées dont

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