‹ Étude sur la variole-vaccinChapitre 22 sur 36 · Inoculation au veau n° 95 : Néant · texte numérisé non relu

Inoculation au veau n° 95 : Néant

c) Lymphe épaisse provenant du même cas.

16-4-1907. — Inoculation au veau n° 37 : 10 pustules isolées bien développées.

La culture purement animale n’est pas encore terminée, elle a déjà été poursuivie jusqu’à la 3° génération.

Le dernier cas offre cette particularité, que le village de Perlach n’est distant que de quelques kilomètres de Munich. Le virus put donc être déposé à la glacière de l'Institut après 45 minutes de voyage et inoculé dès le lendemain. C'est à ces conditions particulièrement favorables qu'est peut-être dû, d'après M. Stumpf, le succès de cette dernière tentative.

M. Groth termine en formulant le vœu que les Instituts vaccinaux VOISINS des frontières soient chargés de la pro-

duction et de la distribution de la variolo-vaccine nécessaire aux Instituts de l'intérieur.

C’est ensuite Freyer qui relate un nouveau succès. Le virus variolique dont il s’est servi provenait d'un enfant russo-polonais, âgé de 3 ans 1/2, qui n'avait pas encore été vacciné. Tout le corps, et en parüiculier la face, était couvert de pustules confluentes. Bien que la récolte ne fut faite que le sixième Jour, on put obtenir, le jour même et le lendemain, une belle lymphe transparente, qu'on étala et frotta sur le dos rasé de deux lapins. Cinq à six jours après, les points inoculés étaient couverts d’une carapace brun clair et, après l’abrasion, offraient l'apparence d’une bonne lapino-vaccine.

SIx Jours après, cette vaccine fut inoculée à un autre lapin. Le 9° jour, on pouvait compter aux places inoculées, 13 pustules vaccinaies, dont quelques-unes étaient déjà en voie de dessication : 3 seulement, d’un diamètre de 3 à 4 millimètres, ne s'étaient pas vidées. Leur contenu fut récolté à la curette, broyé et inoculé dès le lendemain à un nouveau lapin : il en résulta une belle éruption vaccinale. Ainsi, trois passages sur le lapin avaient suffi à créer une souche variolo-vaccinale qui, après trois passages sur le veau, produisit un produit dont l’inoculation, tant aux enfants qu'aux veaux, donna des résultats parfaits.

Pendant le mois de mars, M. Voigt, dans l’Institut vaccinal de Hambourg, réussit, lui aussi, à inoculer à un veau de la pulpe variolique provenant d'Oppeln. Sur six champs qui furent ensemencés, trois se couvrirent de belles pustules, qui furent l’origine d’une souche

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variolo-vaccinale. Par contre, des croûtes varioliques également reçues d’Oppeln, se montrèrent inefficaces. Ce produit n'était cependant pas inactif, puisque son inoculation à un singe et à un mouton engendra une éruption pustuleuse. Cette nouvelle souche n’a d’ailleurs pas les qualités de certaines lymphes variolo-vaccinales, ce qui conduit M. Voigt à admettre qu'il existe des variolo-vaccines de valeurs différentes.

Au récit de ces succès s’opposa celui des échecs ou le demi-échecs de MM. Riesel (de Halle) et Chalhbäus (de Dresde). On chercha à les expliquer en discutant sur la valeur respective des semences varioliques employées. Mais il fallut bien avouer que la plupart des conditions de réussite étaient inconnues. C’est dans le but de les définir, dans la mesure du possible, que M. Mœvius (d'Oppeln) tenta de nouvelles expériences. Mais il convient, avant de les rapporter, de relater certaines constatations sur lesquelles M. Meder {de Cologne) désir aturer l'attention de ses collègues. Il avait été frappé à diverses reprises, de l'apparition de pustules encroûtées chez des veaux non inoculés, séjournant à l’étable des vaccinifères. Il importe de ne pas les confondre avec des pustules vaccinales ; puisque le plus souvent, elles ne sont pas transmissibles où du moins sont impuissantes à fournir une bonne souche. Cependant, tout récemment, dans une lentalive d’inoculation variolique, il a obtenu, au milieu de scarifications vierges de toute éruption, une pustule que l'on ne peut attribuer qu'à la transmission vaccinale.

Les faits rapportés par M. Mœvius sont du même ordre.

Au lieu des expériences irréprochables qu'il espérait

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communiquer au Congrès, il ne peut apporter que des expériences qui, sujelles à caution, ne lui inspiren qu'une confiance limitée. La faute en est aux circonstances indépendantes de sa volonté, telles que l’insuffsance des étables et la privation d'un assistant, dans lesquelles 1l dut expérimenter.

Les expériences de M. Mœvius sont au nombre de 67. Le virus employé fut récolté au cours d’une épidémie de variole dans la Haute-Silésie, sur 22 malades, dont 21 atteints de variole et À de varioloïde.

Les animaux employés furent les veaux et les lapins. Les inoculations des lapins, bien que faits dans quelques cas, au lit même du malade, ne donnèrent aucun résultat. Les veaux furent aussi inoculés dans de bonnes conditions : trois fois de la lymphe hyaline fut ensemencée en grande quantité, peu après son prélèvement, sur le malade. Cependant, seuls, huit veaux inoculés avec des croûtes varioliques, présentèrent quelques pustules qui, dans cinq cas, purent être cultivées en série et fourmirent, à la troisième génération, une lymphe iroculable à l'enfant.

Mais lous ces animaux durent être installés dans l'étable même qui avait abrité antérieurement les sujets vaccinifères. Il est vrai qu'elle avait été soigneusement désinfectée et que deux veaux inoculés à blanc y furent placés sans résultat.

Par contre, il y a lieu de rapporter l'épisode suivant, dont fut témoin M. Mœvius.

« Le veau numéro 61 fut rasé le 16 mars, comme d'habitude par

un barbier demeurant hors de l'établissement. Il se servit, pour cette opération, de ses rasoirs et de son savon qui ne prennent

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jamais contact avec le vaccin, ni avec des objets employés aux manipulations de ce dernier. L'animal fut placé dans l’étable en attendant la réception imminente du virus variolique qui devait lui être inoculé. Le 3 mars au soir, par conséquent 7 jours après, on se disposait à procéder à cette opération quand, en l’examinant sur la table à bascule, on lui trouva à la base du serotum et au pourtour des mamelons, sept pustules en pleine maturité, d’un développement remarquablement réussi, mesurant jusqu’à 8 millim. de diamètre et laissant apparaître au centre seulement une dessication commençante. Après 96 jours, l’émulsion de leur contenu fut inoculé avec plein succès au veau numéro 86. Le 20 septembre, par conséquent au bout de 5 mois 1/2, un petit reste de cette émulsion reporté sur le veau 91 donne encore une belle récolte de 4 grammes de pulpe ».

M. Mœvius ne sait s’il faut incriminer le rasage sur la table d’inoculation ou le séjour à l’étable, mais c'est vers cette dernière alternative qu'il incline. Quoi qu'il en soit, M. Mœvius estime, et c’est ainsi qu'il termine sa communication, « qu'il convient de faire des réserves à l'égard des résultats des tentatives de transmission de la variole dans les Instituts vaccinogènes, et que de pareilles recherches, pour être à l'abri de toute objecüon, doivent sentourer de précautions plus rigoureuses que celles qui ont été mises en pratique jusqu’à présent. »

Depuis le Congrès de Hambourg, pendant les années 1908 et 1909, deux nouvelles expériences de transmission variolique réalisées par MM. Méder {de Cologne) et Freyer, furent encore couronnées de succès.

En 1898, M. Meder (de Cologne) avait, pour son premier

essai, réussi à inoculer la variole au veau. Cette expé-

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rience fut, à l’époque, rapportée au Congrès de Dusseldorf. Aux Congrès vaccinaux qui suivirent, il ne put que relater les échecs qui toujours répondaient à ses inoculations, même lorsqu'il prenait le lapin comme animalde passage. C’est alors qu'une petite épidémie ayant conduit, en septembre 1908, quelques varioleux à l’hôpital de Duisburg, il tenta de nouveau la chance en inoculant, le lendemain de la récolte, la semence variolique prélevée le 30 août 1908 sur deux de ces malades. L'un deux présentait des pustules en voie de suppuration, chez l'autre l’éruption venait d’éclore. Les champs d’inoculation restèrent vierges.

Une seconde expérience ful tentée quelques jours plus tard.

Le 11 septembre 1908, on reçut de nouveau un peu de lymphe hyalinée récoltée le matin même sur un nourrisson qui n'avait pas encore ét vacciné. On l’émulsionna dans de la glycérine et immédiatement on l’inocula à un veau par une scarification quadrillée dont les mailles ne dépassaient pas ! cm. L'expérience fut faite dans l’Institut vaccinal ; mais, dit M. Meder, «il va de soi qu'on avait pris toutes les précautions pour prévenir une transmission vaccinale accidentelle (stérilisation des torchons, draps, instruments, etc.), le veau ne fut d’ailleurs pas logé dans létable de vaccination ; mais dans une étable d'observation où nese trouvaient que des veaux non vaccinés ».

Le 15 septembre dans la matinée on remarqua une petite vésicule blanchâtre, de la taille d’une petite lentille, située à la hauteur de l'articulation de la cuisse droite, sur les traces de l’une des scarifications d’inoculation. Le soir, elle avait déjà changé d'aspect : c'était une pustule plate et nacrée.

Le 16 septembre, 5° jour de l’inoculation, on procéda à la récolte de la lymphe qu’elle contenait. Après mélange à la glycérine, le produit fut placé à la glacière.

Le 25 septembre, le veau se montra complètement réfractaire à l'inoculation d’une lymphe qui provenait d’une souche vaccinale vigoureuse.

La semence variolo-vaccinale récoltée le 16 septembre 1908, fut inoculée, le 29 septembre, à un second veau. Le résultat fut excellent ; mais présentait cette particularité que les pustules de cette souche mürissaient beaucoup plus lentement que les éruptions vaccinales ordinaires. Îl en fût de même, le 1* décembre 1908, de la 3 générahon de cette lymphe.

Ce retard dans l’évolution milite en faveur de l’origine varlolo-vaccinale de cette nouvelle souche. Il y a là quelque chose de spécial, que l’on peut rapprocher de l'évolution également retardée, quoique à un moindre degré, des pustules de rétro-vaccine.

La lymphe de 3° génération permit à plusieurs médecins et à M. Meder lui-même, de vacciner, avec plein succès et sans accidents un grand nombre d'enfants.

M. Meder ajoute qu’en février 1909, l’inoculation à un veau d’une semence recueillie sur un varioleux de Berg- Gladbach, dans des conditions favorables, ne donna aucun résultat.

Ces alternatives de succès et d'échecs prouvent que la transmission de la variole aux bovidés ne réussit pas toujours, même en se plaçant dans des conditions idenliques ; mais les résultats positifs devraient convaincre ceux que M. Meder appelle « nos voisins de l'Ouest » en leur reprochant d’être encore sous l'influence des résullats de la Commission Lyonnaise et de l'opinion autorilaire de Chauveau.

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Le beau succès qu'il a relaté au Congrès de Hambourg, encouragea M. Freyer à continuer l'étude de la variole du lapin.

En attendant qu'une nouvelle occasion de récolter de la semence variolique, M. Freyer utilisa ce qu'il lui restait de virus. Cette lymphe desséchée était conservée depuis 81 jours entre deux plaques de verre. Délayée dans une solution saline, elle fut inoculée à un lapin sur le dos duquel elle produisit les mêmes effets que le virus frais. La récolte, ensemencée sur le dos d’un 2° lapin, forma une carapace dure et crevassée que l’on arracha pour la mêler à de la glycérine.

Les produits récoltés sur ces deux lapins furent transmis comparativement sur un même veau. L’un des deux champs d’inoculation, celui qui correspondait au 4* lapin, resta stérile ; l’autre, au contraire, preuve des progrès de la transformation variolique, se couvrit d’une belle éruption pustuleuse.

Le 1% avril 1909, M. Freyer eut l’occasion de récolter, au 6° jour d’une variole, un peu de lymphe hyaline.

Dès le lendemain, il l'inocula à deux lapins soit pure, soit additionnée d’une solution saline glycérinée.

Six et huit jours après on récolta « la matière qui s'était produite » pour l’inoculer deux jours après, à un autre lapin. Six jours après, nouvelle récolte et nouvelle inoculation qui détermina une abondante éruption de pustules. L'inoculation au veau de cette dernière lymphe produisit une éruption, en tous points semblable à une éruption vaccinale, qui se montra fort efficace sur les enfants. Ce dernier résultat fut confirmé par les différents Directeurs

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d’Instituts vaccinaux allemands auxquels M. Freyer envoya des échantillons de cette lymphe.

Pour compléter cette série d'expériences M. Freyer fit quelques recherches sur les qualités de la lapino-variole. Il constata ainsi que ces souches ne subissent par le temps, que peu de modifications de leur virulence. Cette constatation permet, pour la production d'une souche variolo-vaccinale, de suppléer au manque de produits varioliques, par du virus récolté depuis plus ou moins longtemps sur le lapin.

L'inoculation du virus variolique au lapin doit se faire en grattant le dos rasé, mais non pas dénudé au papier de verre. La semence peut, indifféremment être employée pure ou additionnée d’eau salée et de glycérine. En général, rien n'apparaît sur le dos du 17 lapin pendant les 2? premiers Jours, si ce n’est une légère rougeur de la peau. Puis le 3° et le 4° jour, le champ d'inoculation se couvre d’une croûte brune qui se crevasse et laisse sourdre un peu de pus. Le 5° Jour, elle commence à se dessécher : c'est le moment de la récolte.

Le lapin de 2° passage présente des réactions un peu

différentes à partir du 3° jour. À ce moment apparaissent quelques nodules ; mais le point important reste la croûte que, là encore, 1l convient de récolter vers le 5° jour.

Ces dernières expériences ont été, en grande partie, faites hors de l’Institut vaccinal. Le premier lapin, eelui qui fut inoculé de variole, fut placé dans les caves de l’Institut de Stettin où il était enfermé dans une cage qui n'avait pas encore servi. Par mesure de précaution ce local resta fermé à clef pendant toute la durée de l'ex-

périence. C’est hors de l’Institut vaccinogène que furent variolisés les autres lapins. Les veaux furent, par contre, inoculés dans l’Institut vaccinal. Mais les résultats furent tels qu'ils ne laissent, de l'avis de M. Freyer, place à aucune discussion. Ce n’est pas en effet quelques éléments isolés qui apparurent mais une série de pustules, qui fournirent une grande quantité de lymphe.

Nous croyons savoir qu’en Allemagne, les résultats heureux se mulüuplient et que pendant l’année 1910, trois nouvelles souches variolo-vaccinales auraient encore été créées.

Telles sont, exposées avec impartialilé, les principales expériences qui furent réalisées dans le but de transformer la variole en vaccine. Leur étude conduit assez naturellement à l'opinion, généralement admise à l'Etranger, que la question de la variolo-vaccine est tranchée par l’affirmative. Nous espérons que les expériences que nous rapportons modifieront quelque peu cette opinion.

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