DITES
complet. La lymphe de ce veau servit à vacciner deux enfants : là encore, vaccine typique qui fut le point de départ d’une souche vaccinale parfaite.
En 1897 et 1898, MM. Riesel et Wasilewski (51) inoculèrent 3 veaux dans l’Institut vaccinal de Halle a/S. Il est vrai que dans l'espoir d'éviter toute possibilité de contamination accidentelle, ils chargèrent un spécialiste de désinfecter chaque fois l'étable aux vapeurs de formol et de renouveler cette opération 10 jours après.
En 1897, ils inoculèrent 2 veaux âgés de 3 semaines avec de la semence variolique humaine. Le premier ne réagit presque pas ; l’autre présenta, à côté d’une érupüon papuleuse discrète, une pustule dont la lymphe fut récoltée le 7° jour, en même temps que les éléments papuleux. Une inoculation vaccinale pratiquée le 11° jour, avec de la lymphe humaine, fut, sur le premier animal, couronnée de succès. Le second eut une éruption de 37 pustules isolées absolument typiques qui commençaient déjà à se dessécher le 5° jour. Si cette inoculation avorta partiellement, c'était évidemment parce que la variolisation précédente avail créé un certain degré d'immunité ; mais une pustule unique avait été 1mpuissante à créer l'immunisalion totale. Dix jours seulement après l’inoculation variolique, la rétro-vaccine qui s'était ainsi développée produisit sur le veau auquel on l’inoeula des chapelets de pustules.
La semence variolique, pustule et papules conservées séparément, fut glycérinée aussitôt après la récolte. La lymphe qui provenait de la pustule fut inoculée, 4 jours après, à un nouvel animal. Le 5° jour, celui-ci pré-
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senta une éruption pustuleuse qu'on récolta immédiatement ; or le lendemain, apparurent de nouveau quelques pustulettes qui se desséchèrent rapidement. Cette lymphe de 2° génération, inoculée à un autre veau, engendra de belles pustules qu'on récolta Île »° Jour.
Après un #° passage sur le veau, celte variolo-vaccine fut, l’année suivante, inoculée à l’homme. Sur l'animal, cette Iymphe s'était toujours comportée comme une pulpe vaccinale ordinaire ; le résultat fut le même sur l’homme.
Des échantillons envoyés aux Directeurs des Instituts vaccinaux allemands, leur permirent de confirmer ces résultats.
La 3° expérience fut faite le 16 juin 1898. Elle porta sur un veau qui fut variolisé avec une semence recueillie au mois d'avril, sur une variole discrète. Le 6° jour, les stries d’inoculation étaient cicatrisées. Cependant lorsque l'animal fut revacciné le 24 juin avec de la lymphe humaine, 1l n’en résulta que de rares pustules, petites et sèches, reposant sur des incisions enflammées. Les endroits inoculés en surface étaient couverts d’une croûle plate et sèche. Il était évident que la première inoculation avait influencé la réceptivité vaccinale de cet animal.
En résumé, sur 3 animaux inoculés, un seul a présenté une pustule unique, qui, inoculée à l'homme en 4° génération, devint l’origine d’une souche variolo-vaccinale couramment employée à Halle depuis cette époque. De ce résultat, M. Riesel se croit autorisé à conclure que « contrairement à ce que prétendent les expérimentateurs français, 1l paraît démontré que la variole inoculée aux
bovidés, se transforme en vaccine, Les souches variolovaccinales obtenues ainsi ne diffèrent en rien, dès leur origine, des souches vaccinales cullivées dans les Insütuts allemands depuis de longues années. »
Les autres essais de transformation variolo-vaccinale, qui furent faits pendant les années 1897 et 1898 dans les Instituts vaccinaux, en particulier à Berlin, à Oppeln et à Hambourg, ont tous échoués.
Au Congrès vaccinal (16) qui se tint à Dusseldorf en septembre 1898, M. E. Meder annonça qu'il venait de réussir une nouvelle expérience. Une petite épidémie de variole s'étant déclarée, au printemps, à Bruch, près de Recklinghausen, on lui avait envoyé, en juillet et août 1898, un peu de virus variolique. Après l'avoir glycériné, 1l s'empressa de l’inoculer à 2 veaux par des scarifications, des incisions en grille et des dénudations. Le premier animal fut variolisé dans l’Institut vaccinal même, le second dans une étable étrangère et sur une table spéciale afin d’éviter toute contamination accidentelle. La récolte fut faite le 4° jour et le produit, dilué dans de la glycérine, fut inoculé à un veau. Cette lyÿmphe de 2e génération servit à vacciner des enfants. Ceux-e eurent des pustules d’inoculation typiques que n'aecompagna jamais aucune éruption générale. Il est cependant à remarquer que la lymphe, inefficace au moment de la récolte, ne devint active que 6 semaines après.
M. Meder pense donc que, s’il convient de récolter et de
diluer la lymphe variolo-vaccinale de bonne heure, 1l ne
faut l’employer que quelque temps après.
DUVOIR. A
Cette communication fournit à M. Freyer l’occasion de rappeler qu'à diverses reprises, 1l avait constaté qu'un séjour de 8 jours à la glacière était susceptible d'activer
une lymphe jusque-là inefficace pour le veau.
En 1899, M. Stumpt recourut à un procédé nouveau : au lieu d'employer la semence variolique elle-même, 1l inocula le produit de sa culture. Cette expérience fut rapportée, en 1900, au Congrès vaccinal d’Aix-la- Chapelle (17). |
Vers la fin de l'année 1899, le Prof Nakanishi (46) demanda à M. Stumpf de mettre à sa disposition 2 veaux afin de leur inoculer la culture pure d’un bacille qu'il avait constamment trouvé dans la lymphe vaccinale. Le résultat fut négatif : n1 érupluon, n1 immunisalion.
M. Stumpf était incrédule ; cependant, l’occasion s'étant présentée de cultiver de la lymphe variolique qu'on lui avait envoyée d'Italie, 1l y trouva le bacille de Nakanishi. Après l'avoir repiqué sur bouillon, 1l décida de l’inoculer, à tout hasard, à un veau, à l’aide de scarifications cutanées. Les premiers Jours, le champ opératoire resta vierge ; mais le 5° jour, apparurent deux pustlules situées, l’une dans la région inguinale droite, l’autre sur le côté droit du serotum. Huit jours après, on récolla la lymphe qui fut glycérinée et placée dans la glacière. La petite érosion qui en résulta se couvrit d’une croûte qui, arrachée quelques jours après, laissa voir une profonde ulcération qu'on ne pouvait s'empêcher de comparer à une cicatrice de variole.
La contre-épreuve vaccinale, malgré la qualité et la diversité des lymphes employées, fut négative.
== il à
La lymphe variolo-vaccinale recueillie sur le premier veau fut reportée, par incisions et piqûres, sur un deuxième animal. Le 4° jour, les points inoculés prirent une teinte argentée absolument spéciale.
Sur l'emplacement des pustules récoltées au 8° et au 9% jour, siégeaient de petiles ulcérations qui se couvrirent de croûtes d’une largeur et d’une épaisseur anormales. En même temps, la température s’éleva. Les ganglions inguinaux s'engorgèrent, l’état général devint rapidement mauvais, l'appétit diminua et, les croûtes laissant sourdre un pus fétide, on décida d’abaitre et d’incinérer l'animal.
Malgré la virulence qu'il lui supposait, M. Stumpf inocula à 14 enfants cette lymphe variolo-vaccinale de deuxième génération. En agissant ainsi, 1l se proposait de vérifier si, entre la variole initiale et la vaccine vraie que, d'après les expériences de Fischer, on obtient dès la 4° génération, 1l n'existait pas une maladie intermédiaire.
Des médecins, à la demande du P"' Zeitz, de la Polychnique des Enfants de Munich, acceptèrent de visiter chaque jour, douze de ces enfants. M. Stumpf se réserva de surveiller lui-même les deux autres. Les observations concordèrent exactement. Jusqu'au 6° jour, pas de fièvre. Le 7° jour, la fièvre monta, sans jamais dépasser 39° 8. Au 10° jour, elle tomba. Elle avait donc évolué comme la fièvre vaccinale et s'était accompagnée d’un léger état saburral des voies digestives. Quant aux pustules d’inoculation, elles évoluèrent comme des pustules vaccinales. Dans quelques cas, 1l y eut en plus sur le corps une éruption générale papuleuse discrète. Un seul enfant eut
une éruption serrée; mais d'après la mère, il en avait été de même de ses autres enfants, lors de précédentes vaccinations.
De ces faits, M. Stumpf conelut qu’à la 2° génération, le virus variolique est déjà transformé en lymphe vaccinale homogène. Il en aurait été de même, à son avis, s'il avait employé la lymphe des grandes pustules de première génération.
Les pustules vaccinales des enfants servirent à rétrovacciner des veaux. Même, fortement délayée, cette lymphe montra une activité remarquable. Les pustules qu'elle donnait ne mäûrissaient qu'au 6° jour et étaient d’une taille, d'une couleur et d’une turgescence exceptionnelles.
La lymphe variolo-vaccinale de 2° génération engendra sur le veau de magnifiques pustules dont certaines alteignaient 1 centimètre de diamètre. Cette souche, après 9 passages, garda une aclivité remarquable dans le service courant de l’Institut vaccinal.
Par ailleurs, M. Stumpf envoya un échantillon de la lymphe de 2° génération aux Directeurs des Instituts vaccinaux de Hambourg, Stettin, Weimar, Carlsruhe, Halle et Dresde, en les priant de l'inoculer à des animaux. Partout elle fournit des pustules d’une taille et d’une beauté exceptionnelles. Il en fut de même, plus tard, dans les Instituts de Buda-Pesth, Leipzig et Bernburg. À Hambourg, M. Voigt s'inocula lui-même la lymphe de 3° génération et le D' Klingenberg, celle de 4e gérération. Ils eurent, l’un et l’autre, une réaction qui fut intense, mais non anormale. Après plusieurs passages, M. V'oigt mélangea la variolo-vaceine de Munich
à la vieille souche variolo-vaccinale de Hambourg. Le succès fut complet. On obtint ainsi une Iymphe qui présentait tous les caractères qu'avait eu autrefois la souche de Hambourg : müûrissement plus lent des pustules, virulence plus grande, durée de conservation plus longue, ete.
Cette première expérience ne resta pas isolée.
C'est ainsi que M. Nakanishi tenta, sur le veau, une nouvelle inoculation de son bacille vaccinal qu'il avait, entre temps, repiqué trois fois sur gélose. Ce fut un plein succès. Seule, la proximité trop grande des stries d'inoculation empêcha la formation de larges pustules. La lymphe que l'on recueillit servit à inoculer, en 2° génération, un autre animal. Il eut une éruption vaccinale irréprochable puisque la pulpe qu'on en retira, reportée sur trois enfants, donna des boutons vaccinaux typiques. Il était cependant hors de doute que les cinq repiquages, dont lrois sur gélose de la culture microbienne, avaient modifié d'une façon fâcheuse l’évolution des pustules. On décida donc d'abandonner cette souche vaccinale.
Quelques autres tentatives restèrent vaines. C’est ainsi qu'on ne produisit ni éruplion, ni immunisation par l'inoculation, soit du produit de la culture, suivant le procédé de Loœffler, du sang de l'animal qui avait fourni la souche variolo-vaccinale, soit d'une émulsion faite avec les ganglions inguinaux de l'animal inoculé en D° génération.
D'ailleurs on venait de s’apercevoir que les microorganismes de Nakanishi existaient normalement sur la peau de l’homme et sur celle des bovidés. On fut donc
conduit à admettre que la transmission variolique avait été accidentelle, ce qui, entre autres choses, prouvait la résistance considérable du virus variolique.
M. Stumpf avait donc obtenu, par l'intermédiaire d’une culture microbienne non spécifique, une souche, variolovaccinale douée de qualités et de caractères spéciaux qui la différenciaient nettement de la rétro-vaccine que l’on cultivait jusqu'alors à Munich.
M. Voigt cite, parmi les travaux qui, en 1900, furent publiés sur la variolo-vaccine, l'observation que M. Rumpel rapporla à la Société des médecins de Hambourg (53:.
En réalité, ce fut accessoirement et pour vérifier la spécificité possible d’un streptocoque qu'il avait isolé chez des varioleux que M. Rumpel inocula au veau (par incisions cutanées, injeclions sous-cutanées ou ingestion dans du lait) une culture pure de ce microbe. Aucune éruption ne se produisit ; mais l'animal inoculé par la peau, se montra ultérieurement réfractaire à la vaccination qui, chez les deux autres, donna au contraire un résultat satisfaisant.
En 1901, M. Monckton Copeman (23) reprit ses expériences de variohisalion des bovidés et des singes. Il tenta de nouveau, comme il l'avait fait autrefois, d’inoculer directement la semence variolique au veau. Les quatre essais qu'en 1901, il fit de nouveau à l'Institut Brown pour éviter la contamination vaccinale, restèrent sans résultat. C’est pourquoi, se basant sur des considérations théoriques, 1l lui parut, opinion qui avait été autrefois celle de Eilerts de Haan, et aussi celle de M. Voigt dont il ne connut d'ailleurs les travaux que lorsque les siens