INTRODUCTION
Lorsque Jenner établit sur une base scientifique les propriélés immunisantes de la vaceine vis-à-vis de la variole, 1l posa, de ce fait, le problème loujours controversé des rapports qui unissent ces deux maladies.
Parmi les auteurs qui se sont occupés de cette quesion, il en est qui ont basé leur conviction sur les analogies cliniques de la variole et de la vaccine. Elles sont si neltes qu'à ce point de vue l'assimilation des deux maladies est, en quelque sorte, naturelle. A peu de chose près même symptomaltologie, surtout si à la vaccine on compare la variole inoculée; mêmes lésions anatomiques; mêmes caractères évolutifs. Il n’est pas jusqu’au moteur pathogène qui ne soit peut-être le même pour ceux qui considèrent que le corps de Guarneri est ou contient la cause de la maladie.
Cependant les connaissances que l’on doit à Pasteur et à Chauveau sur l’alténuation et la transformation des virus enseignent qu'un virus atténué peut toujours reprendre sa virulence première spontanément ou artificiellement. Or, depuis Jenner, la vaccine a traversé des milliers de générations sans manifester un retour vers la variole. Il semble done que, si la vaccine dérive de la variole, ce ne peut être que par une transformation
Re us
radicale. Dans ces conditions la réalisation d’une souche variolo-vaccinale, par quelque procédé que ce soit, aurait une portée théorique que ni le céderait en rien à sen importance pratique. La variolo-vaccine, en constituant une maladie nouvelle, serait une première étape vers le transformisme d’une espèce.
Or, à l'Etranger, la croyance est absolue dans le pouvoir de la variole d’engendrer éventuellement la vaccine. « En Allemagne, l’unicité est enseignée dans les chaires universitaires, développée dans les traités classiques écrite dans la loi qui autorise les producteurs de pulpe vaccinale à renouveler leur semence avec la variolovaccine. Et cette variolo-vaccine est considérée par tous les Directeurs d’Instituts vaccinogènes comme supérieure à la vaccine animale.
« Lorsque se réunit le Congrès vaccinal de Hambourg, e11 1908, où les discussions sur la variolo-vaccine tiennent la place la plus importante, où M. Stumpf et d’autres savants racontent leurs succès, on ne met plus er doute la réalité du fait, on se propose simplement d'étudier le meilleur procédé pour réaliser la transtormation variolo-vaccinale. On émet l'idée d'attribuer aux instituts vaccinaux des frontières de l'Empire, où la variole ne s'éteint jamais, la mission de faire de la variolo-vaccine et de distribuer celle-ci aux Etablissements de l’intérieur »t.
C'était la consécration définitive d'expériences qui, dopuis plus demi-siècle, avaient échoué en France.
1 Ce texte, comme d’ailleurs celui qui, dans le cours de ce travail, se trouve pl'cé entre guillemets, sans désignation de nom d'auteur, est emprunté à nC3 travaux précédents dont l'indication bibliographique est donnée plus loin.