Il y habitait une tour dans les jardins du château
DE Ronsard. )i
Cosme, où monsieur le duc d'Anjou, qui l'aymoit et admiroit, le fut voir plusieurs fois après avoir fait son entrée à Tours. Il sçavoit (comme il n'ignoroit rien) beaucoup de beaux secrets pour le jardinage, fust pour semer, planter, ou pour enter, et greffer en toutes sortes , et souvent il presentoit des fruicts au Roy Charles, qui prenoit à gré tout ce qui venoit de luy. Quand il se mettoit à l'estude il s'en retiroit aisément, et lors qu'il en sortoit il estoit assez mélancolique, et bien ayse de rencontrer compagnie récréative; mais lors qu'il composoit, il ne vouloit estre importuné de personne, se faisant excuser librement, mesmes à ses plus grands amis.
)) La peinture et sculpture, comme aussi la musique, luy estoient à singulier plaisir; il aymoit à chanter et à ouyr chanter ses vers : <c la musique, disoit-il, est la sœur puisnée de la poésie, et les poètes et musiciens sont les enfans sacrez des Muses; sans la musique la poésie est presque sans grâce , comme la musique sans la mélodie des vers, est inanimée et sans vie. )>
)■) Il incitoit fort ceux qui l'alloient voir, et principalement les jeunes hommes qu'il jugeoit promettre quelque fruict en la poésie, à bien escrire, et plustost à moins et mieux faire ; car les vers se doivent peser et non compter, ils ressemblent au diamant parangon, qui estant de belle eau, et rendant un bel esclat, seul vaut mieux qu'une centaine de moyens, n (')
<( Comme il avoit ajusté ses vers de telle sorte