VII. Enfin parut la septième des éditions
originales : les Œuvres revues, corrigées et
augmentées par l'auteur. Paris, G. Buon, 1 584, un vol. in-fol., portraits sur bois (achevé d'imprimer le 4 janvier), 6 ff. prél., 919 p. et 6 ff.. de table.
'c Cette édition, dit M. Gandar, est précieuse entre toutes, puisqu'elle devait être l'expression dernière de la pensée de l'auteur. »
Elle est belle et bien imprimée ; mais toutefois, malgré son titre, elle est beaucoup moins complète que les précédentes, ayant subi les retouches malheureuses et les mutilations du poète, affaibli par l'âge et les pratiques d'une dévotion outrée.
Aussitôt après sa mort, comme nous l'avons dit, Jean Galland s'occupa de publier la première édition posthume , qui est en même temps la huitième en date.
VIII. Les Œuvres de Pierre de Ronsard, Gentilhomme Vandosmois, prince des poètes françois; Paris, Gab. Buon, 1587, 10 part, in-12. L'imprimeur était Léon Cavellat. L'édition est jolie, correcte, ornée du portrait de Ronsard en robe de brocart, de ceux de Henr}^ II, Charles IX, François duc d'Anjou, et Muret ; de gracieux fleurons en illustrent les pages.
IX. Une autre était éditée à Lyon (i 592) par Soubron, en 10 parties in- 12, portraits copiés sur ceux des éd. de Paris. Celle-ci est, je crois, la plus complète de celles imprimées au xvi^ siècle. L'éditeur annonce dans le premier volume cinquante sonnets et plusieurs élégies amoureuses (il y en a sept) plus qu'en la dernière édition. Le volume des Odes en contient soixante-huit de plus que celui de Paris. Tandis que J. Galland se contentait de faire imprimer les Œuvres de Ronsard, à peu près telles que celui-ci les avait préparées avant de mourir, l'éditeur lyonnais recherchait dans les éditions originales et insérait dans chaque volume les vers qui formèrent plus tard le recueil des pièces retranchées. Cette édition ne contient cependant pas à beaucoup près tout ce qui se trouve dans celle de 1617 (Paris). Mais d'un autre côté deux odes à Marie Stuart et à Diane de Poitiers ne se trouvent plus que là et ont été omises, depuis 1567, par tous les éditeurs de Paris, y compris celui de 161 7.
X. Une troisième édition, imprimée par Léger Delas, paraissait en M97, chez la veuve de Gabriel Buon. Elle est presque aussi jolie que celle de 1 587 et contient quelques pièces de plus, notamment l'Oraison funèbre de R. par Du Perron. — Le profil de Ronsard en manteau et en cuirasse à la romaine, réduit d'après le bois qui orne la première édition des Amours, y paraît pour la première fois avec les cinq portraits cidessus mentionnés.
■J2 Notice
XI. Une quatrième, en 1604, chez Nicolas Buon, imprimée par P. Vitray, père du fameux imprimeur de la Bible dite de Vitray (ou Vitré).
Ces éditions sont jolies et ornées de portraits sur bois. Les trois premières ne contiennent de commentaires que pour les Amours. Dans celle de 1604 et dans les suivantes, les Odes et une partie des Hymnes sont commentées.
XII. L'édition de 1609 (Paris, Nicolas Buon ou Barthélémy Macé, i vol. in-fol.) offre pour la première fois :
1° Le beau titre gravé par Léonard Gaultier. Ce titre représente un monument orné de quatre colonnes doriques. Assis sur le faîte, Homère et Virgile couronnent le buste de Ronsard. Contre les piédestaux des colonnes s'appuient un guerrier (Francus peut-être) et une Muse ou Naïade nue , laissant échapper l'eau d'une urne. Au centre sont gravés ces mots : Les Œuvres de Pierre de Ronsard , Gentilhomme Vandomois , Prince des Poètes Fr-ançois , reveues et augmentées. Sur le stylobate, le nom et l'adresse du libraire.
2° Et le Recueil des Sonnets, Odes, Hymnes, Élégies, fragments et autres pièces retranchées aux éditions précédentes avec quelques autres non imprimées ci-devant.
Selon Guillaume Colletet (Vie de Saint-Gelais) cette compilation est l'œuvre de Claude Garnier, l'un des commentateurs de Ronsard.
Un exemplaire de cette édition, bien conservé, relié en vélin blanc, aux armes de L. Habert de
Montmort, un des premiers membres de l'Académie française, avait été offert par M . Sainte-Beuve à M. Victor Hugo. Ses marges sont enrichies de vers autographes des auteurs de notre époque. Il s'est vendu 146 fr. en 1852, à la vente du Poète. Il a été acquis depuis, pour 400 fr., par M. Ch. Giraud, ancien ministre de l'instruction publique, à la vente de qui il a été adjugé pour 900 fr. à M. Maxime du Camp, écrivain, artiste et voyageur. Il est remarquable qu'aucune des poésies écrites sur ce beau volume ne concerne Ronsard. Ce sont des vers à la louange de M. et M^e Hugo, des tirades extraites du drame de Christine par Alexandre Dumas, et quelques mots de Tacite écrits par Jules Janin.
Un autre exemplaire de cette édition, en grand papier, relié en veau brun, doré sur tranche et portant sur les plats les armes de J.-A. de Thou, est entré dans la belle bibliothèque de mon ami le baron J. Pichon, président de la Société des Bibliophiles françois.
XIII. La même année 1609, Nicolas Buon donnait une sixième édition (dix tomes in- 12, portraits) avec la réduction du titre gravé par L. Gaultier, datée cependant de 16 10, et le recueil des pièces retranchées.
XIV. Soubron en donnait une septième à Lyon. Je doute de l'existence de cette édition, que je n'ai pas vue.