A SA MAISTRESSE
Je veux aimer ardentement, Aussi veux-je qu'egallement , On m'aime d'une amour ardente.
Toute amitié froidement lente Qui peut dissimuler son bien Ou taire son mal ne vaut rien ; Car faire en amours bonne mine De n'aimer point c'est le vray sine.
Ces amans si froids en esté, Admirateurs de chasteté.
Et qui morfondus petrarcjuisent. Sont tousjours sots; car ils ne prisent Amour qui de sa Rature est ^
Ardent et prompt et à qui plaist De faire qu'une amitié dure.
Quand elle tient de sa nature.
de la deuxième édition des Meslanges. Paris, G. Corrozet, 155$, in-8^
Jean Brinon, dont le poète a fait l'épitaphe, était d'une famille de robe. Il dissipa la fortune que les siens avaient amassée et mourut jeune, sans postérité.