‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 77 sur 125 · Seigneur de Lucé, du chef de sa femme Anne de Pisseleu · texte numérisé non relu

Seigneur de Lucé, du chef de sa femme Anne de Pisseleu

recevoir contentement, ayant vous et monsieur votre frère perdu le Roy votre maistre, lequel deceda dimanche après midy entre troys et quatre, auquel Dieu a faict ceste grâce de luy donner l'esprit sy asseuré que se estre souvenu de ses affaires jusques à demye heure avant sa mort. Aussy qu'il a pryé et commandé à ceulz qui luy ont esté affectionnés, serviteurs durant sa vie, qu'ils le luy fussent après sa mort, et qu'ils eussent à reconnoistre la Royne sa mère, comme luy mesmes, attendant le retour du Roy de Pollongne son frère, lequel est averty il y a trois sepmaines de se tenir prest au premier mandament qu'il auroit, pour le peu d'espérance qu'on avoit que le deffunt Roy peust plus vivre. Il a aussy permis que monsieur feist ferre le serment aulx capitaines des gardes tant françoys que autres, à la Royne sa mère.

Vos amys sont d'opinion que vous en venyez pour luy baiser les mains. Il y a quatre jours qu'il ne se despechoit pas un passeport et avoit-on mandé à Metz de ne laisser passer personne aussy que l'on a averty par tous les gouvernements et à ceulx qui commandent aulx armées de prendre garde à eulx. Chemereux partit assoyr à dix heures pour aller en Poullongne, l'on en a despeché d'autres par divers endroits, qui est, Monsieur, tout ce que je vous puis mander.

Faisant fin, je pryerai Dieu, Monsieur, qu'il vous donne santé heureuse et longue vie.

A Paris, ce dernier de may.

Messieurs le premier et de Beaumont vous baysent bien humblement les mains.

Vostre à jamais très obéissant pour vous faire service,

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