‹ Étude sur la vie de P. de RonsardChapitre 97 sur 125 · QUI FUT VERS LE SOLSTICE HYVERNAL · texte numérisé non relu

QUI FUT VERS LE SOLSTICE HYVERNAL

La mort vouIoitRonsardpourmonstrer sa puissance, Apollon reservoit son poète du trespas; Elle qui finement espioit son absence, Ces longues nuits d'hyver l'a fait passer le pas.

AUTRE

Esprit qui d'Apollon allez suivant la trace, Sainctement travaillez d'un vertueux soucy, Oubliez désormais le chemin de Parnasse, Les Muses n'y sont plus, elles dorment icy.

AUTRE

Que sert, troupe saincte, d'espandre Ces cris en vain sur son trespas?

Ronsard ne nous sçauroit entendre; Car, pour luy, nous parlons trop bas.

AUTRE

Quand Phœbus vers le soir nous cache son flambeau, Soudain mille beaux feux sortent en apparence; Ainsi, mourant Ronsard, le soleil de la France, Mille braves esprits naissent de son tombeau.

Gilles Durant,

S' de la Bergerie.

282 Le Tombeau

Quoy donc? Ronsard en son art le premier, Ronsard est mort, et son travail honneste, Et d'un renom l'immortelle conqueste N'ont sceu ployer du Sort l'arrest meurtrier?

(^i eust pensé c]ue ce brave laurier Qui justement environnoit sa teste, N'eust peu domter l'orageuse tempeste Et les efforts du Destin coustumier?

Pour néant donc la personne s'employe A se guinder, par une longue voye, Sur l'Helicon pour se voir couronner;

Si le Destin plus cruel que le foudre, Qui ne sçait pas aux mortels pardonner, Met les lauriers et poètes en poudre.

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