‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 105 sur 120 · LA COMTESSE, DON JUAN · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, DON JUAN

DON JUAN

Quoi ! vous voulez déjà, noble dame, entreprendre Mon éducation.

LA COMTESSE

Oui, vous allez m'entendre.

DON JUAN

Déjà de la morale et dans un si beau jour ! Oh ! j'aurais préféré les disputes d'amour.

LA COMTESSE

Au contraire, il vaut mieux, lorsque la cire est molle, De mes leçons, de suite, y graver la parole.

DON JUAN

Je veux être, à vos pieds, esclave obéissant, Soumis, respectueux, tendre et reconnaissant ;

LOl'E DE VEGA.

Plutôt que vous causer des ennuis ou des peines, Je laisserais couler tout le sang de mes veine3.

Holà ! quelqu'un.

Le coffre I en bois noir

LA COMTESSE

DURANGO

Madame.

LA COMTESSE

Allez vite chercher

DURANGO

.le brûle le plancher.

DON JUAN

Un coffrel ç>

LA COMTESSE

Cela vous étonne.

Encor quelque présent ?

DON JUAN

Et pourquoi faire k

Serait-il nécessaire ?

DON JUAN

Pour vous aimer mieux ? non.

LA COMTESSE

Dites la vérité, do\ juan, embarrassé.

Que puis-je désirer?

LA COMTESSE

Parlez en liberté,

L K S FLE URS D E DON JUAN

Cher comte, mon seigneur, notre bourse est commune ; Puisez à pleines mains, usez de ma fortune.

DON JUAN

Je vais donc mettre encor, puisque vous le voulez, Vos bontés à l'épreuve, et vous...

LA COMTESSE

Allons, parlez.

DON JUAN

Mon importunité. — Tous ces biens mis en gage Et vendus par mon frère....

la comtesse, vivement.

Assez, pas davantage ! Ils seront rachetés. Tout ce qui me revient Des banques de Valence à vous seul appartient.

don juan, timidement.

Ces dettes que mon frère....

LA COMTESSE

Acquittez-les de suite !

don juan.

Ah ! c'est plus mille fois que don Juan ne mérite, Permettez qu'à vos pieds.... {U se jette à ses genoux.)

LA COMTESSE

Cher comte, levez- vous ; Quoi, pour si peu de chose, encore à mes genoux ! Vous ne m'aviez donc pas jusqu'à présent connue.

DON JUAN

Marchez et sous vos pieds je mets ma tête nue.

LO l'K D E V EGA.

LA COMTESSE

Mon cœur en ses désirs ne se trompa jamais ; Ne vous connaissant pas, déjà je vous aimais. Mais, pour que ce bonheur soit constant et durable, Je veux y mettre un sceau qui soit ineffaçable.

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