‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 113 sur 120 · LES F L M U R S J) K 1) 0 N J U V N · texte numérisé non relu

LES F L M U R S J) K 1) 0 N J U V N

Si vous deviez me voir, vous pourriez me donner La mort...

Votre langage a droit de m'étonner; A vous? Moi., m'avez-vous causé quelque dommage?

DON ALONZO

Les larmes et la honte inondent mon visage.

DON JUAN

Si vous êtes, monsieur, ce que vous m'avez dit,

Entre gens comme nous la parole suffit;

Croyez-moi, quand je dis que, fussiez-vous mon frère,

L'être le plus ingrat que Dieu sur cette tçrre

Ait jamais pu créer, hé bien, votre malheur

Me toucherait encore et me fendrait le cœur.

Hélas! j'ai bien souffert aussi de l'indigence

Dans sa propre maison, et jamais je n'y pense

Que pour avoir pitié de tous les malheureux;

Et, quand un gentilhomme arrive tout honteux

Me demander l'aumône, il me prend une envie

De m'entr'ouvrir le sein pour lui donner ma vie.

DON ALONZO

Hélas ! comment entendre un langage si doux? Tais toi, tais-toi, mon frère, et vois à tes genoux Don Alonzo l'ingrat, don Alonzo Finfâme, Qui reconnaît son crime et qui de toi réclame, Au lieu de la pitié, son juste châtiment.

Ah ! seigneur de mon âme, est-ce bien vous vraiment? Vous à mes pieds, mon frère, ah ! je veux être aux vôtres. Entrez ! je suis heureux, et vous êtes des nôtres; Ma maison est à vous, vers moi Dieu vous conduit. Hélas! vous dans la rue, en haillons, et la nuit?

GERMAIN

Il ne peut plus parler.

OCTAVIO

A peine s'il respire.

DON JUAN

(Test donc vous, Octavio! — Pour Dieu! n'allez rien dire De ce qui s'est passé. — Mon frère, entrons tous deux.

DON alonzo.

Lisez mon repentir, ô sèigneur, dans mes yeux.

(Ils entrent.)

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