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IM COMTESSE
Allez donc vous fier à la mythologie ! Cependant vous pouvez, sans croire à la magie, Espérer; elle est femme et vous devez un jour Voir sur son cœur ému triompher votre amour.
DON JUAN
Vous me rendez la vie en me rendant courage.
LA COMTESSE
Elle doit y gagner, car vraiment son visage Est laid, et son esprit n'est pas des plus sensés.
don juan, se levant.
Je m'en vais.
LA COMTESSE
Doucement.
DON JUAN
Madame, c'est assez.
Ou bien je me mettrai contre vous en colère ; Je veux bien vous parler, si cela peut vous plaire ; Mais je veux seulement parler de la beauté De celle que j'adore.
LA COMTESSE
Allons, la pauvreté
Vous fait déraisonner.
DON JUAN
Pauvre ou non ! que m'importe î Je suis riche d'un bien que dans mon cœur j'emporte.
(Us causent bas pendant que Germain revient sur le devant de la scène*)
germain, à dona Constance.
Si vous le voulez bien, nous causerons aussi,
Nous en avons le temps puisqu'on nous laisse ici. Si je dois en juger par vos mines piquantes, De cette senora vous êtes les suivantes.
DON A INÈS
N'es-tu pas de ton maître aussi le serviteur?
GERMAIN
Tant pis, mais parlons bas : Servante de mon cœur, Comment vous nomme -t-on ?
DONA INÈS
Je suis dona Tigresse,
GERMAIN
Tudieu ! bète sauvage, et de la pire espèce ! Quand on la contrarie, on dit qu'elle poursuit Sans relâche, h son tour, le chasseur, jour et nuit.
(A dona Constance.)
Votre nom s'il vous plaîl ?
DONA CONSTANCE
Je suis dona Vipère.
Saint Georges! le beau nom!
DONA CONSTANCE
Je le tiens de ma mère.
GERMAIN
Si vous ne raillez pas, et si votre maison Est bien appareillée, on peut avec raison Dire, sans se tromper, que de votre maîtresse Le vrai nom de famille est madame Diablesse.
LE S F L Tï U R S D K I) O X JUAN.
DON A CONSTANCE
Vous avez deviné I
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GERMAIN
De quoi vous nourrit-on, De pain de froment pur ou mélangé de son ? Mais tigres et serpents mangent la chair humaine, Me voilà bien ! Qui, diable, en ce danger m'amène?
DON A INÈS
C'est vrai! pourquoi venir vous mettre entre nous deux?
germain, faisant des mines.
Je voulais éprouver vos deux cœurs généreux. Serrez-moi dans vos bras, donnez-moi, mes chéries, Un rien, un habit neuf, de l'or, des pierreries.
DONA INÈS
Aux cornes d'un taureau puissiez-vous vous heurter !
dona constance, repoussant Germain qui veut lui prendre la lai/le.
Tenez-vous donc tranquille ; il faut vous écarter Et garder le milieu ; c'est là qu'est la sagesse.
germain, les montrant toutes deux.
Le vice est aux deux bouts, madame la tigresse.
dona constance.
On a plus de vertu qu'il ne vous en faudrait. Osez vous approcher, mécréant !
DONA INÈS
Qui croirait
Trouver tant de laideur et tant d'effronterie !
10 Vf, DE VIMiA.
GERMAIN
Non, jamais ; sur l'honneur, je n'aurai de ma vie Le bonheur de me voir aussi bien accosté.
dona inès, à Germain qui s'approche d'elle. Je crains que vous n'ayez la peste en vérité.
don A constance, à Germain qui s'approche d'elle. Allez-vous m'écraser, lourdaud ?
Entre deux feux Je suis pris ; d'échapper je serai bien heureux.