partie de notre étude qui doit rester inédite, nous avions
" ASE sous le souflle dottblement inspirateur de la Nature et
de Dieu, évoqué l’Ame de Grotius, devant les Nations
et les Peuples.
Chose prodigieuse! son Génie, nourri du pain de la philosophie des larmes, s’agite dans le camp retranché de la pensée, sous le ciel sombre de la mélancolie, creuse jusqu’à la source de la Vérité et synthétise tout ce que la Science de Dieu et la Jurisprudence naturelle ont imaginé de Beau et découvert de Grand. Et voici qu'ardemment la foi de Grotius brûle en J ÉSUS- CHRIST, personnification de l'Humanité, synthèse vivante des Nations et des Idées. Jour et nuit l’Évangile, ce livre éternel de la Civilisation, illumine son âme. Après avoir conc.nsé son intelligence de méditations solitaires, et respiré dans les pensées de Dieu, il proclame que la Philosophie du Christianisme, pure et pleine de vérité parce qu’elle est née sans tache, est la suprème Justice élargissant l’âme des Peuples, l’atmosphère du Droit où les générations respirent la force
qui fait la Dignité et la Liberté.
Sachant que la Tristesse est la sibylle des Nations, et
que la Vérité, armure défensive de l'Humanité, ne peut
s'incarner dans les esprits sans MONTE au sacrifice du Golgotha, Grotius interroge le Monde et demande pourquoi l'Humanité est frappée de sommeil moral ? pourquoi la vie des Nations est douloureuse ? pourquoi les mouvements politiques et religieux ébranlent la face du globe ? pourquoi les Peuples ont faim et soif de Justice? pourquoi la Nature est agitée et en crise
d’enfantement ?
Ah! c’est que les Nations Sont encore enchaînées aux liens de l’Égoisme, et ‘que la Charité brûlante qui est descendue de la montagne du Crucifié ne forme pas dans ses actions et réactions le conducteur électrique dé la Civilisation. Or, ce qui est doit périr, et ce qui n’est pas doit être. Effectivement, la Loi solennelle du Progrès, forte comme la mort, inflexible comme l'enfer, dont les principes sont de feu et les maximes de flammes, — L'AMOUR, — n'est-elle pas antérieure à notre Liberté, promulguée dès le commencement du Monde et gravée dans les entrailles de l'Humanité? — Pour le Rénovateur du Droit de la Nature, cette Loi de Vie est l'organe du monde physique, du monde intellectuel et du monde moral ; mais surtout le Spirituel des Sociétés
et le Régime des consciences des Citoyens.
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Sondée dans sa nature intrinsèque et philosophique, et dans son mouvement économique et social, la Loi d'Amour, c’est-à-dire la Charité, n’est autre chose que LA JUSTICE, ou la volonté ferme et perpétuelle de faire droit à chacun dans nos rapports nécessaires et forcés. La volonté, qui constitue la Justice, doit être insurmontable dans sa résistance, irrésistible dans son action. C’est en outre une volonté durable. Elle doit être forte et doit l’être sans cesse. Donc, règle et sanction des mœurs, vie et mouvement des Sociétés, la Justice est l’action permanente du Ciel dans l'Humanité. Effectivement, l'âme reçoit la Justice dans la transfusion mystique du Verbe de Dieu, principe et force de vie. Quand la Justice se fait entendre dans l’âme, c’est la voix impérieuse du Verbe qui nous appelle et nous somme de la défendre en vertu de notre liberté. Voilà pourquoi la Justice est immuable et absolue, indéfectible et sainte. Assise sur la volonté de l'Éternel, elle domine souverainement toutes les constitutions écono- -miques et politiques des peuples, leur législation et leur morale. Elle fait irruption sous toutes les latitudespour
faire respecter les Droits et les Devoirs de l'Humanité.
Rien ne se produit, dans la vie des Sociétés, qui n'ait
sa source dans les entrailles de l'Homme. Or, ainsi que nous venons de le dire, il existe dans l'Humanité un mouvement profond, plus fort à lui seul que tous les autres, qui les embrasse et les modifie : c’est celui de la Justice. Ce mouvement a pour moteur la Liberté. Mais d’où procèdent la Justice et la Liberté ? Laissons parler Grotius : « Source éternelle de toute existence, Dieu est aussi l’ordonnateur de toute Vie. Auteur des étres finis et conditionnels, l'répartit à chacun les moyens de vie’et de développement, selon sa nature. Cette action de Dieu dans l'Humanité : c’est la Justice. En créant des êtres libres, en les rendant capables de saisir tous Les principes dans tous les domaines de l'existence, de se connaître eux-mêmes dans leur Nature intime, et de se gouverner individuellement et socialement d’après les lois d'unité, d'harmonie, de co-existence et de conditionñnalité, — Dieu a voulu aussi que l’organisation de toute leur vie individuelle ou collective fut avant tout l'œuvre de leur Intelligence. Dieu a fixé l'idéal de l’organisation sociale sur la base de la Justice. Voila pourquoi les Nations ne périssent que par leur défaillance à la Justice, ne vivent que par l’accomplissement du Devoir et du Droit, ne progressent que par l’intel-
ligence et le respect de la Liberté. »
Mais pour comprendre la nature et la fonction de la Liberté, l’homme doit s’étudier dans son for intérieur, devant la nature, au sein de la société, et en face de la mort. Sans cela, comment connaître de la vie ses misères et ses lâchetés, ses grandeurs et ses sacrifices ? Jouir de sa liberté, voilà le Droit; respecter celle d'autrui, voilà le Devoir, inséparable du droit dont il est la limite. Sujet actif du droit, et sujet passif du devoir, ces deux faces de la Loi naturelle, l'Homme juste possède le respect de la personne et des biens en soi et dans autrui. LA DIGNITÉ DE L'HOMME, le respect de sa personnalité, voila sa Loi positive. Elle a pour sanction le Bonheur, s’il y obéit; la Souffrance, s’il la viole. Suprème niveau des actions sociales, la Justice anime et inspire l'Humanité. Par la seule vertu de son nom, elle apparaît dans le plan de Dieu, dans sa plénitude et sa pureté. Avec elle, le Droit se pratique et
s'empare de toutes les positions.
Le symbole juridique : DIEU ET MON DROIT, repercuté dans les institutions sociales par la conscience universelle, fait explosion dans l'espace et la durée, se pose officiellement dans tous les États et prend possession
de l'Univers. Et voici que les Hommes, par un sentiment
SAMU TE EE
mpérieux de l’âme, comprennent la religion de leur dignité en eux-mêmes ET DANS AUTRUI. Ils ne peuvent l’infirmer sans deshonneur, l’abdiquer sans suicide. C’est que la dignité humaine est le fondement, la règle et la mesure du Droit. Sans un sentiment profond de la Dignité personnelle, 4! n’y a point de Justice. Tout se réjouit dans l'Homme, dans la Société et dans la Nature quand la Justice est observée ; tout souffre et meurt quand on la viole. Temple vivant de Dieu, l'Homme ne peut transiger avec le Droit ; car le Droit
c’est la dignité personnelle, et la Justice le respect de
ce Droit.
Le respect des personnes est-il anéanti ? la Justice, violée, succombe-t-elle sous la trahison des devoirs ? alors les esprits n’ont plus de clarté, y À âmes n’ont plus de joie, leur dignité est flétrie. Par exemple, il n’est pas digne le Jurisconsulte qui, réfractaire aux inspirations de sa conscience, ne défend pas les DROITS DE L'HOMME avec la langue sacrée de la Justice; mais 1l est digne celui qui, saluant la Justice comme la raison première et dernière de la Création, demande les formules du droit aux manifestations positives de
l'Humanité. Ce n’est pas assez que la langue nomme le
EN) * Droit, il faut que le cœur le comprenne. Voilà pourquei, à l'effort de l'autorité juridique, il est nécessaire de
joindre l'influence pénétrante d’une morale supérieure,
c'est-à-dire L'ESPRIT DE L'ÉVANGILE.
Quand les Peuples ne seront ni glacés par le Scepticisme, ce champ maudit de l'insurrection du mal; ni enveloppés dans les brouillards du Doute, ce vomitoire infect des crimes de la pensée ; ni chargés des ténèbres de l’Orgueil, cet arsenal des traits empoisonnés de l’aparchie, le flot montant de la Civilisation de la Croix afluera autour de | Humanité dans un double mouvement d'expansion et de concentration. Alors la For et la Pensée affranchiront la Terre ; les Nations christianisées graviteront avec harmonie sur le flanc du Globe, pondérées
les unes par les autres ; et la vie des Peuples, réconciliés avec eux-mêmes, sera véritablement l’échange de l'Amour avec son esprit de sacrifices des intelligences éclairées par la Raison, des Volontés dans leurs pérégrinations laborieuses, et des Choses qui, dans la communion de l'Homme avec la Nature, ne doivent être que l’Accessoire de la Vie. Alors, l'Humanité tendra, par ia seule spontanéité de ses manifestations, vers la plus grande Lumière et le plus grand Bien, pour se reposer
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kid dans l’Afmosphère de Dieu, sous le rayonnement harmonique du Devoir et du Droit. La Justice élargira les âmes ; l’Ordre sera dans les intelligences ; l’Amouwr, cette
chaleur des Cieux, enflammera la Terre.
Le grand Dogme social qui règne, comme Dieu, dans l'Univers, c’est le dogme de la rédemption humaine : celui de l’amour de Dieu et des Hommes. C’est le repos des intelligences, la paix de l’âme et le mouvement de l'Humanité vers la vertu et le bien-être ; c’est l’affranchissement universel par la coopération de tous à l’action de Jésus-Christ. Il n’y a que LA SOLIDARITÉ ÉVANGÉLIQUE qui puisse renouveler la face de la Terre. Donc, que la notion imposante du Devoir et du Droit rayonne dans tous les esprits ; que la Science du Juste et de l’Injuste brille dans toutes les âmes ; que le DOGME CHRÉTIEN, par la force de ses enseignements et de sa pratique,ommande au cœur, en captivant les intelligences par la puissance qui vient de Dieu, et rayonnesurtout, par la Grâce prémouvante, sur l'esprit des législateurs, et perpétue dans leur âme un dévouement absolu aux grands intérêts religieux et sociaux.
N'oublions jamais que si Grotius enseigne la foi brûlante en Jésus-Christ, c’est que L’HOMME-DIEU,
ROBES à RP par la Philosophie de l'Évangile, a brisé l’anarchie des écoles et l’antagonisme des doctrines. — Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté : VOILA LA SYNTHÈSE VIVANTE