‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 52 sur 103 · LOFE PB V · texte numérisé non relu

LOFE PB V

DON JUAH*

Une fortune entière 1 Car mon habit est bien l'étiquette grossière De la triste fortune où le sort m'a réduit : L'or et les diamants que la terre produit Pour en orner des rois la splendide couronne, Sont moins que trois réaux quand c'est moi qui les donne 1

CELINDA.

Notre reconnaissance...

DON JUAN

Oh 1 vous allez railler !

CELINDA,

Non, non ! car nous savons que pour vous bien payer Il nous faudrait avoir tous les cœurs de la terre.

{Elle lui présente une bourse,) Prenez-donc, s'il vous plaît, cette bourse légère.

DON JUAN

Ah ! je rougis de honte.

Écoutez, cher enfant; Quand un homme a donné ce qu'il avait d'argent Dans les mains d'une femme, il peut bien, il doit même Accepter son présent.... fût-il un diadème! La bourse ne contient que cent petits écus. C'est là^ce qui surtout est fâcheux.... Au surplus Nous pourrons nous revoir, et, ce jour-là, j'espère, Pouvoir vous en donner une autre moins légère.

DON JUAN, à Germain, Faut-il prendre?

GERMAIN, à don Juan.

Oui, parbleu ! (à part) Dénoûment souhaité 1

LES FLBURS DE DON JUÀN. 865

DON JUAN, à Celinda en prenant la bourse.

Je prends avec billet payable à volonté, Et je vous en rendrai le double, je vous jure ^^ Car je veux entamer certaine procédure Pour me faire donner au moins ma pension.

CBLINDA*

Payez-moi de retour par votre affection, C'est là tout mon désir.

DON JUAN, Rapprochant de Celinda, qui est toujours voilée,

Soulevez-donc ce voile.

Laissez-moi de ce ciel voir au moins une étoile.

ROSELA) se mettant entre Celinda et don Jh/ih,

Allez-vous m'oublier et me mettre à l'écart^ Dans vos remerciments je voudrais une part.

DON JUAN, montrant Celinda, Ses présents...

ROSELA.

Des présents t mais qu'à cela ne tienne 1 Voici des bagues d'or.... Voulez-vous une chaîne? La voici....

DON JUAN, se tournant vers Germain*

Faut-il prendre?

GERMAIN, bas à don Juan,

Oui, vive Dieu, prends tout; Ruine, si tu peux, ces femmes jusqu'au bout.

DQN JUAN.

J'ai pour tant de bienfaits des grâces à vous rendre.

LOfU DIS VRGA.

Vous ^tes irop moiiesh! et devez miouv atlendre ;

Toute reriiiiie de goût et de bon sentimiiiil

Doil vous venger du sort, don Juan, en vous aimant.

Personne ici que nous ; la salle est solitaire, Montrez-moi vos beaux yeux, dévoilez ce mystère.

Don Juan, je ne le puis, pourtant voici ma main... Je suis â votre frère....

OEnMAiN, d'un ton presié, moniraHl la porte itc la pièce ou est Ali

En suivant ce chemin, Si TOUS voulez le voir, vous allez le surprendra. U joue, et son amour saura bientôt vous rendre Ca que votre bon ccnur, ici, nous a prêté.

BON JUAN, je loumani vers Cellnda, et moHtranl ta porte. Vous dont le cœur est libre au moins de ce côté, Pourquoi ne pas montrer votre charmant visage?

CELiNDA, piqvée.

11 est tard, je ne puis... (monircmi noiela.)

Pressez-la davantage, Et, pour voir ses beaux yeux, faites mieux votre cour.

non JUAN ff Cellnda.

Quoi t jalouse déjà?

CELINDA.

Non ! — l'est-on sans amour ?

Un tel refus me prouve une humeur bien altiore.

{Ellet torlent.)

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