SCENE XV
Les mêmes, OCTAVIO.
OCTAVIO
Seigneur, de ce côté la comtesse descend Avec toute sa suite, avec dona Constance, En qui met votre cœur toute son espérance; Approchez, vous avez droit à quelques faveurs ; Sans doute, ces beautés vont aux Prédicateurs*; Les voilà toutes trois qui sortent de voiture.
DON ALONZO, amèrement.
Oh ! le plaisant valet !
OCTAVIO
Dans cette conjoncture, Quand il s'agit d'hymen, on est plus indulgent; C'est le cas aujourd'hui de se montrer galant; Approchez, la comtesse est bonne intermédiaire.
DON ALONZO
Votre langue, Octavio, fera bien de se taire. A Nom d'une église.
Cette femme m'a fait l'afiront le plus sanglant, Le plus lâche ennemi n'en ferait pas autant. Aujourd'hui je la perds, et perds tout avec elle ; Elle a répondu, non; tu vois que ton beau zèle Et tous tes vains projets s'en vont tomber dans Teau.
OCTAVIO
6eigneur, est-ce certain?
DON ALONZO
Certain! certain! bourreau; Oui, comme il est certain que je n'ai pas de chance.
OCTAVIO
Je ne sais que répondre en cette circonstance.
DON ALONZO
Oh ! moi, je le sais bien. Je vous quitterai tous, Elle, mes valets, toi, sans faire de jaloux; A mes propres malheurs je veux qu'on m'abandonne, Je ne puis plus avoir autour de moi personne. Tu donneras leur compte à tous mes serviteurs ; Qu'ils aillent avec toi chercher fortune ailleurs. Ma foi je n'ai plus rien au monde que mon âme !
OCTAVIO
Mais cependant, seigneur...
DON ALONZO, sans Al' répondre et en se retirant
Celui qui cherche femme, Et n'y met pas d'abord grande réflexion, Celui-là n'est qu'un fou.
(// sort,)
OCTAVIO, à don Francesco,
Quelle agitation !
Qu'a-t-il, don Francesco?
DON FRANCESGO.
C'est qu'il perd l'espérance De revenir à flot par la dot de Constance.
OGTAVIO.
Constance le refuse!
DON FRANCESGO.
Elle-même l'a dit.
ocTAvio seul.
[Il sort.)
Alors nous voilà bien ! L'avais-je pas prédit?
Dans la femme ou les dés, quand notre espoir se pose,
C'est mettre son destin, ma foi, dans peu de chose.
(// sort.)